Une pièce de théâtre comique est une pièce dont le but premier est de faire rire et dont la fin est heureuse : personne ne meurt, les amoureux se marient, le trompeur est confondu. Le rire y vient de quatre sources, le caractère d'un personnage, la situation, les mots ou le geste, et c'est la dominante de l'une d'elles qui définit le genre : farce, comédie de caractère, comédie de mœurs, vaudeville, boulevard, absurde. Cette page explique comment les reconnaître, avec pour chacun une pièce à lire. Pour un classement des plus drôles, voir les 25 pièces de théâtre les plus drôles.

Ce qui définit une pièce comique
Aristote opposait déjà la comédie, qui montre des hommes « pires que nous » dans des situations sans gravité, à la tragédie, qui montre des hommes meilleurs frappés par le destin. La définition a tenu vingt-cinq siècles parce qu'elle repose sur deux critères simples : le rire comme effet recherché, et le dénouement heureux. Une pièce qui fait rire pendant trois actes et finit par un suicide est un drame, pas une comédie ; c'est le cas de La Mouette de Tchekhov, que lui-même appelait comédie et que personne ne joue comme telle.
Le personnage comique est un personnage qui a un défaut visible et qui ne le voit pas : l'avarice d'Harpagon, la vanité de Monsieur Jourdain, l'hypocondrie d'Argan. Bergson, dans Le Rire (1900), en a tiré la formule la plus utile : est comique « du mécanique plaqué sur du vivant », c'est-à-dire un être humain qui se comporte comme une machine, qui répète, qui ne s'adapte pas. Tout ce qui suit en découle.
Les quatre ressorts du rire
Le comique de caractère. Le rire vient d'un trait de personnalité poussé à l'excès. Harpagon dans L'Avare, Alceste dans Le Misanthrope, Perrichon chez Labiche. C'est le ressort le plus durable : trois siècles plus tard, l'avare fait toujours rire.
Le comique de situation. Le rire vient de ce qui arrive : un mari caché sous la table pendant que sa femme est courtisée (Le Tartuffe), un homme qui doit rompre avec sa maîtresse le jour de ses fiançailles (Un fil à la patte). Quiproquos, coïncidences, arrivées au mauvais moment : c'est le carburant du vaudeville.
Le comique de mots. Jeux de mots, jargon, répétition, latin de cuisine du Médecin malgré lui, « Juste Leblanc » du Dîner de cons. Le plus fragile des quatre : il vieillit avec la langue.
Le comique de gestes. Coups de bâton, chutes, grimaces, poursuites. Géronte dans le sac des Fourberies de Scapin, le lit tournant de La Puce à l'oreille. C'est l'héritage de la farce et de la commedia dell'arte, et le ressort qui passe le mieux toutes les frontières.
À ces quatre ressorts s'ajoute le comique de répétition, qui les traverse tous : un mot, un geste ou une situation qui revient, et fait rire à partir de la troisième fois. Pour la façon de les utiliser à l'écriture, voir écrire un dialogue comique.
Les genres de la pièce comique
| Genre | Époque | Ressort dominant | Une pièce à lire |
|---|---|---|---|
| Farce | Moyen Âge, puis Molière | gestes, situation | La Jalousie du Barbouillé |
| Comédie de caractère | XVIIe siècle | caractère | L'Avare |
| Comédie de mœurs | XVIIe et XVIIIe siècles | caractère, mots | Les Précieuses ridicules |
| Comédie-ballet | XVIIe siècle | tout, plus musique et danse | Le Bourgeois gentilhomme |
| Comédie d'intrigue | XVIIe et XVIIIe siècles | situation | Les Fourberies de Scapin |
| Marivaudage | XVIIIe siècle | mots, sous-texte | Le Jeu de l'amour et du hasard |
| Vaudeville | XIXe siècle | situation | Un chapeau de paille d'Italie |
| Théâtre de boulevard | XXe siècle | situation, mots | Oscar |
| Absurde | fin XIXe et XXe siècles | logique poussée à bout | Ubu roi |
| Comédie contemporaine | depuis 1990 | caractère, sous-texte | Le Prénom |
La farce est le genre le plus ancien : des pièces courtes, populaires, jouées sur les places au Moyen Âge, dont La Farce de Maître Pathelin (vers 1460) est le sommet. Molière en a gardé la vigueur dans ses premières pièces, La Jalousie du Barbouillé ou Le Médecin volant, et n'y a jamais renoncé tout à fait.
La comédie de caractère met un défaut au centre et construit tout autour. C'est l'invention de Molière : L'Avare, Le Misanthrope, Le Malade imaginaire. La comédie de mœurs élargit le regard d'un individu à un milieu : les salons précieux, la dévotion de façade du Tartuffe, les bourgeois qui veulent être nobles. La comédie-ballet, inventée pour la cour de Louis XIV, mêle au texte des intermèdes chantés et dansés : Le Bourgeois gentilhomme est la plus célèbre. Toutes les pièces de Molière sont classées sur la page qui leur est consacrée.
La comédie d'intrigue privilégie l'action : valets rusés, déguisements, lettres interceptées. Les Fourberies de Scapin, puis Le Barbier de Séville et Le Mariage de Figaro de Beaumarchais. Le marivaudage est une comédie de sentiments où le rire vient de ce que les personnages disent sans le dire : Le Jeu de l'amour et du hasard et les autres pièces de Marivaux.
Le vaudeville du XIXe siècle est une mécanique : portes, placards, quiproquos, chaque personnage arrivant exactement quand il ne faut pas. Labiche l'a fixé, Feydeau l'a porté à sa perfection. Le détail dans le vaudeville expliqué et l'influence de Labiche. Le théâtre de boulevard en est l'héritier au XXe siècle, dans un salon bourgeois, avec plus de mots d'auteur et moins de courses : Oscar, Boeing Boeing, Le Canard à l'orange, et le café-théâtre des années 1970 avec Le Père Noël est une ordure.
L'absurde fait rire d'une logique poussée jusqu'à la folie sans que les personnages s'en aperçoivent : Ubu roi en 1896, puis Ionesco (La Cantatrice chauve, 1950) et Beckett. La comédie contemporaine, depuis les années 1990, revient au caractère et au sous-texte, souvent à cinq ou six personnages dans un huis clos : Le Prénom, « Art », Le Dîner de cons, Toc Toc.
Comédie et tragédie
La tragédie montre un héros qui lutte contre un destin plus grand que lui et perd ; la comédie montre un homme ordinaire qui lutte contre son propre défaut et que les autres finissent par déjouer. Les deux genres ont longtemps été séparés par la règle : pas de mélange des tons, pas de mort en scène dans une comédie. Le drame romantique, avec Hugo, a brisé la cloison, et le théâtre moderne l'ignore. Le détail sur la pièce de théâtre tragique.
Trouver une pièce comique à jouer
Par taille de troupe. À deux : dialogues comiques courts et pièces comiques à deux personnages. De six à douze : les Molière en trois actes, Les Plaideurs, Marivaux. Quinze et plus : Labiche et Feydeau.
Par public. Pour un collège ou un lycée, les pièces comiques pour élèves. Pour des enfants de 6 à 12 ans, les classiques sont trop longs ; des comédies écrites pour eux, de trente à cinquante minutes, sont sur Dramius, le site frère consacré au théâtre jeunesse.
Par budget. Tout ce qui est dans la bibliothèque est dans le domaine public et se joue sans droits. Cinq classiques existent en Édition professionnelle, texte découpé par scènes, coupes pour 45, 60 ou 90 minutes, tableau de distribution : Le Tartuffe, L'Avare, Le Bourgeois gentilhomme, Les Plaideurs, Le Jeu de l'amour et du hasard. Les comédies contemporaines se déclarent à la société d'auteurs avant la première.