Le Prénom, pièce de théâtre : résumé, personnages et analyse

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2012
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Résumé du Prénom de Delaporte et de La Patellière, ses cinq personnages, l'analyse de la mécanique comique, la création de 2010 et la fiche pour la monter.

Vincent confronte Elisabeth au sujet du prénom de leur enfant dans la pièce Le Prénom
Nous voyons deux personnages de la pièce de théâtre Le Prénom, Vincent et Elisabeth, assis côte à côte sur un canapé.

Le Prénom est une comédie de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, créée le 18 septembre 2010 au théâtre Édouard VII, à Paris, dans une mise en scène de Bernard Murat, et adaptée au cinéma par ses auteurs en 2012. Un dîner de famille, cinq personnages, un seul décor, et une annonce qui fait tout dérailler : Vincent, futur père, révèle que son fils s'appellera Adolphe. Cette page donne le résumé complet, les personnages, l'analyse de la mécanique comique, et la fiche pratique pour la monter.

Vincent confronte Elisabeth au sujet du prénom de leur enfant dans la pièce Le Prénom
Nous voyons deux personnages de la pièce de théâtre Le Prénom, Vincent et Elisabeth, assis côte à côte sur un canapé.

Fiche

Auteurs Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière
Création 18 septembre 2010, théâtre Édouard VII, Paris, mise en scène Bernard Murat
Distribution originale Patrick Bruel (Vincent), Valérie Benguigui (Élisabeth), Charles Berling (Pierre), Guillaume de Tonquédec (Claude), Judith El Zein (Anna)
Genre comédie de mœurs, huis clos
Rôles 5 : trois hommes, deux femmes
Durée environ 1 h 45, sans entracte
Décor un seul : le salon-salle à manger d'un appartement parisien
Droits œuvre protégée, à déclarer à la société d'auteurs avant toute représentation
Film Le Prénom, 2012, réalisé par les auteurs, même distribution

Résumé

Élisabeth, professeure, et son mari Pierre, professeur de littérature, reçoivent à dîner Vincent, le frère d'Élisabeth, agent immobilier qui a réussi, et Claude, l'ami d'enfance de la famille, tromboniste dans un orchestre. Anna, la compagne de Vincent, enceinte, arrive en retard. En l'attendant, on interroge Vincent sur le prénom de l'enfant. Il fait durer le suspense, puis lâche : Adolphe.

Pierre s'étrangle, Élisabeth proteste, Claude tempère. Vincent argumente, de bonne foi apparente : Adolphe est un roman de Benjamin Constant, le prénom existait avant le dictateur, on ne va pas laisser un homme confisquer un mot. La dispute monte, chacun sort ses références, Pierre sa culture, Vincent son bon sens. Quand Anna arrive, la vérité tombe : c'était une plaisanterie, l'enfant s'appellera Henri.

Mais la plaisanterie a ouvert une brèche, et le dîner ne s'en remet pas. Pour se venger d'une pique, Vincent lance à Claude une allusion qu'il croit anodine ; Claude, poussé dans ses retranchements, révèle avec qui il partage sa vie depuis des années, et ce n'est pas la personne que tous imaginaient. Puis c'est Élisabeth qui explose : dans une longue tirade, elle dit ce qu'elle tait depuis vingt ans sur sa vie, son mari, son frère, les dîners qu'elle prépare pour des gens qui ne l'écoutent pas. Le dîner finit dans un calme provisoire ; chacun a dit ce qu'il n'aurait jamais dû dire, et personne ne peut plus faire semblant.

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Les personnages

Vincent Larchet. Quarante ans, agent immobilier, beau parleur, provocateur par jeu. Il lance la bombe Adolphe pour rire, et c'est lui qui, sans le vouloir, déclenche tout le reste. Le rôle moteur de la pièce.

Élisabeth, dite Babou. Sa sœur. Enseignante, mère de deux enfants, maîtresse de maison. Elle encaisse pendant une heure et prend la parole à la fin : sa tirade est le sommet émotionnel de la pièce, et le rôle que les comédiennes se disputent.

Pierre Garaud. Le mari d'Élisabeth. Professeur de littérature, intellectuel de gauche sûr de ses valeurs, incapable de laisser passer une approximation. Le premier à s'indigner d'Adolphe, et celui dont les certitudes vont le plus souffrir.

Claude Gatignol. L'ami d'enfance, tromboniste, doux, toujours entre deux camps. Tout le monde croit connaître sa vie privée ; personne ne la connaît. Sa révélation est le deuxième coup de théâtre.

Anna Caravati. La compagne de Vincent, enceinte, qui arrive quand la dispute est déjà lancée. Le regard extérieur sur une famille qui règle ses comptes, et celle qui rétablit la vérité sur le prénom.

Analyse : comment la pièce fait rire

Une seule question, trois explosions. La construction tient sur la règle de trois. Première explosion : Adolphe, une fausse bombe, qui donne le ton et fait rire. Deuxième : le secret de Claude, une vraie bombe, qui fait rire jaune. Troisième : la tirade d'Élisabeth, qui ne fait plus rire du tout. Chaque révélation est plus grave que la précédente, et chacune est provoquée par la précédente.

Le prénom comme révélateur. Le sujet apparent, quel prénom donner à un enfant, est un prétexte. Le vrai sujet est ce qu'un prénom dit de celui qui le choisit : sa classe, son camp, sa façon d'écraser ou d'être écrasé. En défendant ou en attaquant Adolphe, chacun se décrit.

Cinq caractères, pas cinq opinions. La pièce marche parce que les personnages sont des types nets, reconnaissables en deux répliques, et que chacun a une faille que les autres finiront par toucher. C'est la comédie de caractère classique, transportée dans un appartement de 2010.

L'unité de lieu et de temps. Une pièce, une soirée, en temps réel. Personne ne sort, rien ne vient de l'extérieur sauf Anna. La tension ne retombe jamais parce qu'elle n'a nulle part où aller.

Le langage. Les répliques sont courtes, contemporaines, coupées ; les personnages se coupent la parole, reviennent sur un mot, relancent. La pièce demande un tempo de comédie et une diction irréprochable, sans quoi le public perd les enchaînements.

Pourquoi les troupes la choisissent

Le Prénom est devenue en dix ans la comédie contemporaine la plus montée par les compagnies amateurs francophones, et les raisons sont pratiques : cinq rôles équilibrés, un seul décor de salon, une durée de soirée, un titre que tout le monde connaît depuis le film, et des personnages de quarante ans, l'âge de la plupart des troupes. Sa difficulté est aussi pratique : le rythme. Une scène de dispute jouée lentement devient une scène de ménage. Les mêmes auteurs ont poursuivi dans le genre avec Un dîner d'adieu (2014).

Pour situer la pièce parmi les autres comédies récentes, voir les 25 pièces de théâtre les plus drôles, et pour deux autres huis clos à distribution réduite, Le Dîner de cons et Toc Toc.

Monter une comédie avec votre groupe

Le Prénom est une œuvre protégée. Pour la jouer devant un public, même en amateur et même sans billetterie, il faut demander l'autorisation et verser des droits d'auteur.

Le répertoire classique échappe à cette contrainte : les textes tombés dans le domaine public ne donnent lieu à aucun droit d'auteur, quel que soit le cadre de la représentation. C'est ce qui rend Molière ou Marivaux commodes pour une troupe amateur, une classe ou un atelier : le budget passe dans le plateau, pas dans les formalités.

Nos Éditions Professionnelles reprennent le texte intégral et y ajoutent ce qui manque toujours au moment de monter le spectacle : découpage acte par acte, propositions de coupes, répartition des rôles et notes de mise en scène.

Pour un groupe d'enfants ou d'adolescents, le répertoire adapté à leur âge se trouve sur Dramius, notre site consacré aux pièces à jouer avec les jeunes.

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Questions Fréquentes

Qui a écrit Le Prénom ?

Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière. La pièce a été créée le 18 septembre 2010 au théâtre Édouard VII à Paris, dans une mise en scène de Bernard Murat, et les deux auteurs l'ont eux-mêmes adaptée au cinéma en 2012.

Quel est le résumé du Prénom ?

Au cours d'un dîner de famille, Vincent annonce que son futur fils s'appellera Adolphe. La dispute qui suit fait remonter, l'un après l'autre, les secrets et les rancœurs de cinq personnes qui se connaissent depuis toujours : la vie privée de Claude, puis tout ce qu'Élisabeth taisait depuis vingt ans.

Combien de personnages dans Le Prénom ?

Cinq : Vincent, sa sœur Élisabeth, son beau-frère Pierre, l'ami d'enfance Claude et la compagne de Vincent, Anna. Trois hommes, deux femmes, un seul décor, environ une heure quarante-cinq.

Le Prénom a-t-il été adapté au cinéma ?

Oui, en 2012, par les auteurs eux-mêmes, avec la distribution de la création : Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Charles Berling, Guillaume de Tonquédec et Judith El Zein.

Peut-on jouer Le Prénom avec une troupe amateur ?

Oui, à condition de demander l'autorisation et de déclarer les représentations à la société d'auteurs, même sans billetterie. Le texte est édité et se trouve en librairie. La pièce demande cinq comédiens et un décor unique.

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