Bonté divine ! : la comédie de Lenoir et Colla sur la foi et le doute

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Bonté divine !, comédie de Frédéric Lenoir et Louis-Michel Colla : un prêtre, un rabbin, un imam et un moine bouddhiste enfermés dans une sacristie. Le synopsis, les quatre personnages, la création de 2009 avec Roland Giraud, pourquoi les troupes amateurs la choisissent, les droits, et ce qui marche ou non sur scène.

Bonté divine ! : quatre religieux enfermés dans une sacristie, en scène
L'image présente un rabbin, un imam et un prêtre engagés dans une discussion animée.

Bonté divine ! est une comédie de Frédéric Lenoir et Louis-Michel Colla : un prêtre catholique, un rabbin, un imam et un moine bouddhiste, sortis d'une rencontre interreligieuse, se retrouvent enfermés dans une sacristie sans téléphone ni fenêtre — et l'un d'eux, qui a perdu la foi, a tout organisé pour leur poser la seule question qui l'intéresse : pourquoi croyez-vous encore ? Créée le 21 janvier 2009 au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse dans une mise en scène de Christophe Lidon, avec Roland Giraud en prêtre, la pièce dure une heure dix, se joue à quatre dans un seul décor, et c'est pour cela que les troupes amateurs la demandent. Voici le synopsis, les personnages, ce qui fait rire et ce qui fait réfléchir, et ce qu'il faut savoir avant de la monter.

Bonté divine ! : quatre religieux enfermés dans une sacristie, en scène
L'image présente un rabbin, un imam et un prêtre engagés dans une discussion animée.

Le synopsis

Une rencontre interreligieuse vient de s'achever. Les quatre intervenants — le prêtre, le rabbin, l'imam, le moine — passent par la sacristie pour récupérer leurs affaires ; la porte se referme, et elle ne s'ouvre plus. Pas de téléphone, personne à appeler, un poulet qui cuit dans un four voisin et qui va rythmer la soirée : il faut d'abord se mettre d'accord sur ce que chacun a le droit de manger.

Le repas est le premier acte de la pièce, et le plus drôle : quatre régimes, quatre interdits, quatre façons de bénir. Puis la question arrive, posée par celui qui n'attendait que ça. Il a perdu la foi — un suicide dans sa famille, la mort d'une enfant qu'il n'a pas pu empêcher — et il veut savoir ce qui fait tenir les trois autres. Le reste de la pièce est un débat à quatre voix : pourquoi Dieu laisse-t-il faire le mal, pourquoi trois religions qui adorent le même Dieu se sont-elles fait la guerre, ce que le bouddhiste, qui n'a pas de Dieu, fait dans cette conversation. Chacun a son grand moment — un monologue où il dit ce qu'il croit vraiment, sans la formule apprise. La pièce ne donne pas de réponse à la question du départ : elle en donne quatre, et laisse le public choisir la sienne.

Les quatre personnages

Personnage Ce qu'il porte À la création (2009)
Le prêtre le doute ; c'est lui qui a le plus à perdre dans la conversation Roland Giraud
Le rabbin l'humour et la dispute comme forme de fidélité Jean-Loup Horwitz
L'imam la rigueur, et la colère d'être toujours suspect Saïd Amadis
Le moine bouddhiste le pas de côté : ni Dieu ni querelle, ce qui exaspère les trois autres Benoît Nguyen-tat

Quatre hommes d'âge mûr, aucun rôle de composition physique, aucune scène d'action : tout repose sur la parole et sur le tempo. C'est une pièce d'acteurs de texte — et c'est ce qui la rend jouable dans une salle des fêtes comme dans un théâtre parisien.

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Ce qui fait rire, ce qui fait réfléchir

Le comique vient de la mécanique du huis clos : quatre personnes qui ne peuvent pas partir et qui doivent régler une question pratique (manger) avant la question métaphysique. La scène du poulet, le vin que l'un ne boit pas, la prière que chacun fait de son côté puis tous ensemble — c'est du Molière : des caractères mis dans une boîte et secoués.

La réflexion vient ensuite, et elle est plus ambitieuse qu'on ne l'attend d'une comédie de boulevard : les auteurs — Frédéric Lenoir est philosophe et historien des religions, Louis-Michel Colla directeur de théâtre — font dire à chaque personnage une position théologique tenable, pas une caricature. C'est aussi la limite que la critique a relevée à la création : les monologues sont longs et denses, et un public venu rire peut décrocher au troisième. Sur scène, tout se joue là : tenir les monologues comme des confessions, pas comme des conférences.

Pourquoi les troupes amateurs la choisissent — et ce qu'il faut savoir avant

Ce qui la rend facile à monter. Quatre rôles, un décor (une sacristie : une table, quatre chaises, une porte, un placard), une heure dix sans entracte, pas de costumes à inventer — les habits religieux se trouvent ou se suggèrent. Un sujet dont le public parle en sortant, ce qui n'est pas si fréquent avec une comédie. Et quatre rôles masculins de cinquante à soixante-dix ans, ce que beaucoup de troupes ont en réserve et peinent à distribuer.

Ce qu'il faut savoir avant.

  • Les droits. Frédéric Lenoir et Louis-Michel Colla sont des auteurs vivants : toute représentation, même gratuite, même associative, se déclare et s'autorise auprès de la SACD avant la première. Compter le délai de réponse dans le calendrier. Les droits d'auteur au théâtre expliquent la procédure.
  • La tentation de la caricature. Le rabbin qui fait des bons mots, l'imam sévère, le moine qui sourit : la pièce fonctionne parce que chacun est aussi autre chose. Une distribution qui joue les clichés fait rire dix minutes et ennuie une heure.
  • Les monologues. C'est là que la pièce se gagne ou se perd. On les travaille en premier, chacun seul avec la méthode pour apprendre son texte — intentions avant les mots — et on les répète devant les trois autres, qui doivent écouter en scène : dans un huis clos, celui qui ne parle pas est regardé autant que celui qui parle.
  • Le public. La pièce ne blesse aucune des quatre traditions, mais elle les met en question toutes les quatre. Dans une commune, une paroisse, une école, prévenir : c'est une comédie sur la foi, pas contre.

La même mécanique sans droits d'auteur

Si les droits ou la distribution bloquent, le ressort de Bonté divine ! — des gens enfermés qui doivent d'abord manger, puis se dire la vérité — se retrouve ailleurs. Une situation délicate d'Alan Ayckbourn enferme quatre personnages dans un quiproquo au lieu d'une sacristie ; Le Prénom fait du dîner le huis clos et de la question du prénom la question de la foi. Dans le domaine public, le débat à quatre voix se joue chez Molière : Tartuffe — la foi et son imposture, une famille enfermée avec un dévot — se coupe en une heure et se joue sans autorisation ; le texte intégral est dans la bibliothèque. Et pour écrire son propre huis clos sur un sujet qui divise la troupe, écrire une pièce de théâtre donne la méthode ; les 25 comédies les plus drôles situent la pièce parmi les autres.

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Questions Fréquentes

Qui a écrit Bonté divine ! ?

Frédéric Lenoir, philosophe et historien des religions, et Louis-Michel Colla, directeur de théâtre. La pièce a été créée le 21 janvier 2009 au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse (Paris) dans une mise en scène de Christophe Lidon, avec Roland Giraud, Jean-Loup Horwitz, Saïd Amadis et Benoît Nguyen-tat.

De quoi parle Bonté divine ! ?

Un prêtre, un rabbin, un imam et un moine bouddhiste se retrouvent enfermés dans une sacristie après une rencontre interreligieuse. L'un d'eux a perdu la foi et a organisé l'enfermement pour demander aux autres pourquoi ils croient. Le débat, d'abord autour d'un poulet à partager, devient une confrontation sur Dieu, le mal et les religions.

Combien de personnages et quelle durée ?

Quatre personnages masculins, d'âge mûr, un seul décor ; une heure dix sans entracte.

Peut-on jouer Bonté divine ! avec une troupe amateur ?

Oui, c'est l'une des pièces contemporaines les plus demandées par les troupes : quatre rôles, un décor, un sujet fort. Il faut l'autorisation de la SACD avant toute représentation, même gratuite, et une distribution qui évite la caricature.

Où lire le texte de Bonté divine ! ?

Le texte est publié en librairie et disponible dans les bibliothèques municipales (catalogue « théâtre »). Il n'est pas dans le domaine public et ne peut pas être reproduit en ligne.

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