Élise et moi est une comédie en trois actes de Viviane Tardivel, auteure contemporaine dont les pièces circulent surtout dans les troupes amateurs. Le point de départ tient en une phrase : le président de la République a disparu, et son cabinet le remplace par un sosie — Gérard Manvut, agriculteur — qui débarque à l'Élysée avec sa femme, Élise. Tout le comique vient de la collision entre un couple de la campagne qui n'a pas la langue dans sa poche et les codes du pouvoir. Cette page donne le synopsis, les personnages, ce qui fait que la pièce marche si bien en amateur, et comment obtenir le texte et les droits.
| Auteure | Viviane Tardivel |
| Genre | Comédie contemporaine, quiproquo et satire politique |
| Structure | Trois actes |
| Personnages nommés | Cinq : Gérard, Élise, Bénédicte, Noël, Valérie (distribution complète sur la fiche de l'auteure) |
| Décor | Un lieu principal : un salon de l'Élysée |
| Texte et droits | Fiche de l'auteure sur Le Proscenium ; autorisation de l'auteure et droits SACD, même en amateur |

Le synopsis
Le point de départ. À l'Élysée, la panique : le président a disparu, et personne ne sait ni où ni pourquoi. Bénédicte, chef de cabinet, et Noël, son adjoint, ne peuvent ni l'annoncer ni attendre. Ils sortent la solution du désespoir : un sosie. Gérard Manvut, agriculteur, ressemble au président trait pour trait. On le fait venir. Il arrive avec Élise, sa femme, qui n'avait pas prévu d'être laissée à la ferme.
Le développement. Gérard apprend le métier de président en accéléré — la posture, le vocabulaire, les gens qu'il est censé connaître — et n'y arrive qu'à moitié. Élise, elle, ne cherche pas à apprendre : elle dit ce qu'elle pense, à qui elle veut, et c'est elle qui fait le plus de dégâts et le plus de bien. L'arrivée de Valérie, la femme du président, transforme le sosie en problème conjugal : deux épouses pour un seul homme, dont l'une sait et l'autre pas.
Le dénouement. Les quiproquos se resserrent — qui sait quoi, qui est marié à qui, ce que le vrai président devient — jusqu'au dénouement, que je ne raconte pas ici : contrairement aux classiques du domaine public, le texte est protégé et la chute appartient à l'auteure. Ce qu'on peut dire : la pièce tient sa promesse de comédie, et le couple de la campagne ne sort pas de l'Élysée tel qu'il y est entré.
Les personnages
| Personnage | Qui il est | Ce qu'il apporte au comique |
|---|---|---|
| Gérard Manvut | Agriculteur, sosie du président | Le décalage : un homme simple dans un costume trop grand, qui essaie sincèrement |
| Élise | Sa femme | Le franc-parler : elle ne joue pas le jeu, et c'est elle que le public suit |
| Bénédicte | Chef de cabinet | La femme forte et pragmatique, qui a eu l'idée et doit la tenir |
| Noël | Sous-chef de cabinet | Le second, plus inquiet, qui voit venir les catastrophes |
| Valérie | Femme du président | Le quiproquo conjugal : elle retrouve un mari qui n'est pas le sien |
Deux rôles féminins forts et deux rôles masculins de composition, plus une entrée qui relance le deuxième acte : c'est une distribution équilibrée, et c'est rare dans les comédies à quiproquo, où les femmes sont souvent réduites à l'épouse trompée.
Pourquoi les troupes amateurs la choisissent
Élise et moi tourne dans les troupes de village et les associations depuis des années, et pour des raisons précises :
- Le sujet est immédiatement lisible. Un agriculteur à l'Élysée : le public a compris avant la fin de la première scène, et rit de la situation avant même que les personnages parlent.
- Les personnages sont « bien trempés ». C'est la formule qui revient dans les programmes des troupes, et elle est juste : chaque rôle a une couleur nette, ce qui aide des comédiens amateurs à tenir un personnage sans le chercher.
- Un décor, trois actes, une soirée. Un salon suffit ; les entractes tombent naturellement entre les actes.
- La satire est douce. On rit du pouvoir, pas d'un camp : la pièce se joue devant n'importe quelle salle sans que personne ne se sente visé.
Ce que je regarde avant de la proposer à une troupe. Le rôle d'Élise : il faut une comédienne qui accepte d'être moins « jolie » que vraie, et qui a du rythme — c'est elle qui donne le tempo du deuxième acte. Et le rôle de Gérard, qui est le plus difficile qu'il n'y paraît : jouer un homme qui joue mal le président demande de savoir jouer juste. Un comédien qui en fait trop tue le personnage ; il faut qu'on sente que Gérard essaie.
Le texte et les droits
Élise et moi est une œuvre protégée. Le texte est disponible sur la fiche de l'auteure sur Le Proscenium, la plateforme où les auteurs de théâtre amateur francophones déposent leurs pièces ; il faut y demander l'autorisation de représentation à l'auteure et déclarer le spectacle à la SACD, qui perçoit les droits — même pour une représentation gratuite, même en association. C'est la démarche normale pour tout le répertoire contemporain, et elle est simple ; ce qu'il ne faut pas faire, c'est jouer sans l'avoir faite.
Pour situer la pièce parmi les comédies récentes à petite distribution que les troupes montent le plus, voir Le Prénom, Une situation délicate et Le Dîner de cons, et pour le panorama, les 25 pièces de théâtre les plus drôles.
La même mécanique sans droits d'auteur
Le sosie, le quiproquo d'identité et le couple mal assorti sont des ressorts vieux comme la comédie, et le répertoire classique en offre des versions libres de droits, lisibles en entier dans la bibliothèque :
- Le Dindon, Feydeau — deux couples, un hôtel, toutes les portes ; le modèle du quiproquo en trois actes.
- Un chapeau de paille d'Italie, Labiche — un homme ordinaire emporté dans une situation qui le dépasse, comme Gérard à l'Élysée.
- Le Bourgeois gentilhomme, Molière — l'ancêtre de tous les hommes simples qui apprennent en accéléré les manières d'un monde qui n'est pas le leur.
Nos Éditions Professionnelles reprennent le texte intégral d'une pièce classique et y ajoutent ce qui manque au moment de la monter : découpage, coupes proposées, répartition des rôles et notes de mise en scène — Le Bourgeois gentilhomme, Le Tartuffe, L'Avare, Le Jeu de l'amour et du hasard.