Mérope, reine de Messène, a vu son époux Cresphonte et ses deux fils aînés assassinés lors d'une révolte. Seul son plus jeune fils, Égisthe, a été sauvé par le fidèle Narbas et élevé dans l'exil en Élide. Depuis quinze ans, elle le croit mort ou perdu. Polyphonte, le chef des meurtriers, a usurpé le pouvoir et, pour légitimer son trône, cherche à épouser Mérope. Alors qu'un jeune inconnu est arrêté pour meurtre, Mérope est déchirée entre son devoir de vengeance et son amour maternel. Elle ignore que ce jeune homme, Égisthe, est son propre fils, et qu'elle est sur le point de commettre l'irréparable.
Mérope, en proie à une profonde douleur, attend des nouvelles de son fils Égisthe, confié au vieux Narbas. Sa confidente, Isménie, tente de la consoler en lui parlant de la paix retrouvée et de l'élection prochaine d'un roi. Mais Mérope n'a de pensées que pour son fils. Polyphonte, le tyran, vient lui proposer un mariage qui unirait leurs droits au trône. Mérope, pleine de mépris et de haine pour l'assassin présumé de sa famille, repousse ses avances avec véhémence. Resté seul avec son confident Érox, Polyphonte dévoile ses plans criminels : il a fait assassiner le reste de la famille royale, et il est prêt à tout pour éliminer Égisthe, dont il redoute le retour, et forcer Mérope à l'épouser.
"L'empire est à mon fils. Périsse la marâtre, Périsse le coeur dur, de soi-même idolâtre, Qui peut goûter en paix, dans le suprême rang, Le barbare plaisir d'hériter de son sang !"
"Le premier qui fut roi fut un soldat heureux ; Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux."
N'ayant aucune nouvelle de son fils, Mérope est au désespoir. On lui amène un jeune étranger, arrêté pour meurtre. Touchée par son air noble et sa sincérité, elle s'apprête à le questionner. Soudain, Isménie annonce que Polyphonte a été élu roi. Le désespoir de Mérope est à son comble quand Euryclès lui apprend la terrible nouvelle : Égisthe est mort, assassiné. L'armure que portait l'enfant a été retrouvée sur le jeune étranger, qui est donc le meurtrier. Érox, le confident de Polyphonte, vient proposer à Mérope la main de son maître, mais elle refuse avec horreur et réclame la garde du prisonnier pour le tuer de sa propre main, promettant sa main à Polyphonte en échange de cette vengeance.
"Non ; je veux que ma main porte le coup mortel. Si Polyphonte est roi, je veux que sa puissance Laisse à mon désespoir le soin de ma vengeance."
"À reine, pardonnez : le trouble, le respect, Glacent ma triste voix tremblante à votre aspect."
Narbas arrive à Messène, ignorant tout, et apprend avec horreur la mort d'Égisthe. Il se rend au tombeau de Cresphonte où Mérope s'apprête à immoler le prisonnier. Au moment où elle va le frapper, Narbas intervient et lui révèle que le jeune homme qu'elle s'apprête à tuer est son fils. Mérope, folle de joie, veut le revoir, mais Narbas l'implore de feindre et de dissimuler, car le tyran veille. Il lui apprend surtout que Polyphonte est le véritable assassin de son époux. Polyphonte arrive et, voyant l'émotion de Mérope, exige que le meurtrier lui soit remis. Mérope, déchirée, ne peut que céder.
"Qu'allez-vous faire, ô dieux !"
"Oui, ses mains sanguinaires Ont égorgé d'Égisthe et le père et les frères : Je l'ai vu sur mon roi, j'ai vu porter les coups ; Je l'ai vu tout couvert du sang de votre époux."
Polyphonte, soupçonneux, interroge Érox sur le prisonnier et le vieillard. Il est de plus en plus troublé par l'attitude de Mérope. Il la confronte au prisonnier. Devant l'insistance du tyran à vouloir le faire exécuter, Mérope, dans un élan irrépressible, révèle la vérité : "Barbare ! Il est mon fils." Polyphonte, voyant là un moyen de pression définitif, donne un ultimatum à Mérope : elle doit l'épouser sur-le-champ pour sauver son fils ; sinon, il le tuera. Mérope est anéantie.
"Barbare ! Il est mon fils."
"Si je suis votre fils, je sais mourir en roi."
Égisthe, retenu prisonnier, refuse de se soumettre à Polyphonte. Le tyran lui laisse un dernier choix : l'obéissance ou la mort. Égisthe choisit la mort. Mérope, venue le supplier de vivre, est touchée par son courage et décide de le suivre au temple. Là, au moment de l'hymen, Égisthe s'empare d'une hache sacrificielle et tue Polyphonte. S'ensuit un combat général où le peuple, enfin libéré, se rallie à Égisthe. Mérope peut alors présenter son fils au peuple comme le roi légitime, vengeur de son père et libérateur de Messène. Narbas confirme son identité.
"Meurs, tyran, disait-il ; dieux, prenez vos victimes."
"Celui que vous voyez, vainqueur de Polyphonte, C'est le fils de vos rois, c'est le sang de Cresphonte."
Veuve de Cresphonte, roi de Messène, et mère d'Égisthe. C'est une reine digne et courageuse, dont la vie a été brisée par l'assassinat de son mari et de ses deux fils aînés. Son amour maternel pour le seul enfant qui lui reste, Égisthe, est le moteur de toutes ses actions, la plongeant tour à tour dans un désespoir profond et une fureur vengeresse.
PrincipalFils de Mérope et de Cresphonte. Sauvé du massacre par Narbas, il a été élevé dans la pauvreté en Élide, ignorant ses origines. Il est courageux, fier, et animé d'un vif sentiment de justice. Sa bravoure et son intrépidité, même face à la mort, révèlent son sang royal.
PrincipalTyran de Messène, ambitieux et cruel. Il a orchestré le meurtre de Cresphonte et de ses deux fils pour s'emparer du trône. Rusé et manipulateur, il tente de légitimer son pouvoir en épousant Mérope, tout en cherchant à éliminer Égisthe, le dernier héritier.
PrincipalVieillard fidèle, ancien serviteur de Cresphonte. Il a sauvé le jeune Égisthe et l'a élevé dans la clandestinité. Il incarne la sagesse, la loyauté et la prudence. C'est lui qui révèle la vérité à Mérope au moment crucial.
PrincipalFavori de Mérope, confident dévoué. Il tente de la conseiller au mieux dans les moments difficiles, faisant preuve de réalisme politique sans jamais trahir sa reine.
MinorFavori de Polyphonte, son complice et homme de main. Il exécute les basses œuvres du tyran et tente de rallier les suffrages en sa faveur.
MinorConfidente de Mérope. Elle partage les peines de sa reine et tente de la réconforter, jouant un rôle de témoin privilégié des tourments maternels de Mérope.
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