Pour obtenir la main de sa bien-aimée Isabelle, Éraste doit être nommé légataire universel par son oncle, le vieux et avare GÉRONTE. Aidé de son valet, le fourbe CRISPIN, et de Lisette, la servante de GÉronte, il va mettre en œuvre une série de stratagèmes pour contrer les autres héritiers et s'assurer la succession. Mais lorsque GÉronte manque de mourir subitement sans avoir testé, Crispin a l'audace de se faire passer pour le moribond afin de dicter un testament favorable à son maître... et à lui-même.
Lisette et Crispin, valet d'Éraste, discutent de la santé déclinante de GÉronte et des espoirs de succession. Éraste arrive, inquiet pour son oncle mais aussi pour ses amours avec Isabelle, dont la mère, Madame Argante, conditionne le mariage à l'obtention de l'héritage. GÉronte entre et annonce son intention de se marier avec Isabelle, à la grande surprise d'Éraste qui feint d'approuver. La mère et la fille arrivent. Lors de l'entrevue, GÉronte, pris d'un malaise, doit quitter précipitamment la scène, laissant tout le monde interdit.
"De ma main il les trouve meilleurs... Aussi, sans me targuer d'une vaine science, J'entends ce métier-là mieux que fille de France."
"Je me vais l'épouser."
Éraste, désespéré, convainc Madame Argante de rompre le mariage de GÉronte avec sa fille. Madame Argante envoie un billet à GÉronte pour annuler l'union. GÉronte, soulagé, annonce alors son intention de faire d'Éraste son légataire universel, mais révèle qu'il veut laisser 20 000 écus à deux parents éloignés (un neveu normand et une nièce du Maine). Crispin et Lisette complotent pour empêcher ces legs. Crispin, qui n'est pas connu de GÉronte, propose de jouer le rôle des deux parents pour les discréditer. Survient Monsieur Clistorel, l'apothicaire, qui, apprenant le projet de mariage de GÉronte, lui fait une violente scène de reproches et l'abandonne.
"Je serai ce quelqu'un, je te le promets bien. De la succession les parents n'auront rien."
"Je viens, vraiment, d'apprendre une belle nouvelle, Qui me réjouit fort. ... On m'a dit par la ville, et c'est un fait certain, Que de vous marier vous formez le dessein."
Crispin, déguisé en gentilhomme normand, se présente chez GÉronte comme son neveu. Il se montre insolent, grossier et menaçant, réclamant sa part d'héritage. GÉronte, outré, jure de ne rien lui laisser. Peu après, Crispin réapparaît, cette fois déguisé en veuve, la nièce du Maine, avec un petit laquais. Avec un excès de politesse et de fausse vertu, elle accuse GÉronte de mener une vie scandaleuse avec Lisette et menace de le faire interdire. GÉronte, furieux, les chasse. Éraste feint de vouloir faire arrêter Crispin. Après leur départ, Lisette annonce que GÉronte, terrassé par ces émotions, est au plus mal.
"Mon oncle, soyez sûr que je ne partirai Qu'après vous avoir vu, bien cloué, bien muré, Dans quatre ais de sapin reposer à votre aise."
"Nous avons résolu, d'une commune voix, De vous faire interdire, en observant les lois."
Éraste, croyant son oncle mort, a pris son portefeuille contenant 40 000 écus en billets. Les deux notaires, Gaspard et Scrupule, arrivent, convoqués par GÉronte avant sa crise. Désespéré de perdre Isabelle sans testament, Éraste supplie Crispin d'agir. Crispin a alors l'idée de se faire passer pour GÉronte mourant. Vêtu des habits du vieillard, il reçoit les notaires dans une chambre sombre et leur dicte un testament qui institue Éraste légataire universel, mais qui lègue également 2000 écus à Lisette et 1500 livres de rente viagère à Crispin lui-même. À la fin de la scène, Lisette arrive, effrayée : GÉronte est revenu à lui et se lève.
"Il faut faire un faux seing ; et ma main alarmée Se refuse au projet dont mon âme est charmée."
"Item. Je donne et lègue à Crispin... Quinze cents francs de rentes viagères, Pour avoir souvenir de moi dans ses prières."
Éraste a confié les billets à Isabelle. GÉronte, rétabli, revoit Éraste et réaffirme son intention de faire un testament. L'un des notaires, Scrupule, arrive et présente à GÉronte le testament qui a été "fait" pendant sa léthargie. GÉronte, stupéfait, ne se souvient de rien. Crispin et Lisette lui suggèrent que c'est un effet de sa maladie. À la lecture du testament, GÉronte, bien que révolté par les legs à Crispin et Lisette, reconnaît sa volonté de nommer Éraste son héritier. Lorsqu'il découvre la disparition de ses billets, Isabelle les lui rapporte. En échange de leur restitution, et sur les instances de tous, GÉronte finit par ratifier le testament et consent au mariage d'Éraste et d'Isabelle. Crispin, s'adressant au public, renonce à son legs si la pièce n'est pas applaudie.
"C'est votre lÉthargie."
"Je renonce à mon legs, si vous n'applaudissez."
Un vieillard riche, avare, goutteux et hypocondriaque, oncle d'Éraste. Il est constamment tiraillé entre la peur de la mort et l'envie de contrôler son héritage.
PrincipalNeveu de GÉronte et amant d'Isabelle. Il est présenté comme un jeune homme amoureux et respectueux, mais il est complice des manœuvres de son valet Crispin pour obtenir l'héritage.
PrincipalValet d'Éraste, fourbe, intrigant et sans scrupules. Il est le véritable moteur de l'intrigue, imaginant et exécutant les stratagèmes les plus audacieux pour servir son maître... et sa propre poche.
PrincipalServante et gouvernante de GÉronte, elle est impertinente, intéressée et de mœurs légères. Complice et promise de Crispin, elle le seconde dans toutes ses fourberies.
PrincipalFille de Madame Argante, jeune fille sage et vertueuse, aimée d'Éraste.
PrincipalMère d'Isabelle, elle est pragmatique et intéressée par l'argent, conditionnant le mariage de sa fille à l'obtention de l'héritage.
PrincipalApothicaire de GÉronte, il est petit de taille mais grand en colère. Il se montre extrêmement susceptible et jaloux de son autorité médicale.
MinorL'un des deux notaires convoqués par GÉronte. Il est professionnel, méthodique et un peu naïf face à la supercherie de Crispin.
MinorL'autre notaire, il assiste son confrère Scrupule.
MinorDomestique de GÉronte.
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