Léandre est un homme profondément distrait, au grand dam de son entourage. Alors qu'il est secrètement amoureux de Clarice, un engagement passé (un dédit) le force à épouser Isabelle, la fille de Mme Grognac, une femme autoritaire. Isabelle, quant à elle, aime le Chevalier, le frère de Clarice. La pièce suit les tentatives des jeunes amants pour surmonter l'obstacle que représentent la mère d'Isabelle et la distraction chronique de Léandre, qui sème la confusion dans toutes ses affaires de cœur, avec l'aide de leurs valets, Carlin et Lisette.
Valère essaie de comprendre pourquoi Mme Grognac refuse tous les partis pour sa fille Isabelle. Celle-ci lui expose son portrait idéal d'un gendre, qui correspond en tout point à Léandre, qu'elle a choisi pour sa fille grâce à un dédit conclu avec son oncle. Valère, oncle de Clarice et du Chevalier, apprend que Léandre a des sentiments pour sa nièce. Mme Grognac interroge sa fille, qui, naïvement, avoue son penchant pour un "petit homme à peindre", qui s'avère être le Chevalier. La mère la rabroue vertement. Le Chevalier, de son côté, raconte avec légèreté les dernières distractions de Léandre (sa botte perdue, son détour par la Picardie) et fait part de son amour pour Isabelle à Valère, qui le réprimande pour son mode de vie dissolu. Carlin arrive et apprend à Lisette que l'oncle de Léandre n'est pas mort, ruinant leurs espoirs d'héritage.
"Quoi ! Toujours opposée à toute une famille ?"
"Le bon est qu'en courant il a perdu sa botte, / Et que, marchant toujours, enfin il s'est trouvé / Une botte de moins quand il est arrivé."
Carlin raconte à Lisette les nombreuses distractions de son maître. Léandre, de retour, rencontre Clarice et, dans sa rêverie, l'appelle "Isabelle", ce qui provoque sa colère. Il s'en excuse maladroitement. Le Chevalier arrive et, avec sa légèreté habituelle, parle d'héritage et chante. Léandre, distrait, prend Clarice pour le Chevalier et lui promet un régiment. La confusion persiste lorsqu'il prend la main du Chevalier pour celle de Clarice. Resté seul avec Carlin, Léandre lui confie son désespoir.
"Non, je n'aime que vous, adorable Isabelle."
"Qu'entends-je ? Justes dieux ! Ton maître est infidèle ; / Son erreur me fait voir qu'il adore Isabelle."
Isabelle avoue à Lisette son amour pour le Chevalier. Le Chevalier arrive et fait une cour empressée à Isabelle. Pour échapper à l'arrivée de Mme Grognac, Lisette lui suggère de se faire passer pour le maître de langue italienne. Le stratagème fonctionne un temps, jusqu'à ce que Valère arrive et le trahisse en l'appelant "mon neveu". Mme Grognac est furieuse. Plus tard, Léandre, s'adressant à Carlin sans les voir, critique vertement Isabelle et Lisette, qui l'entendent. Pour fuir Mme Grognac, Isabelle et Lisette se cachent dans le cabinet de Léandre. Survient alors Clarice, que Léandre installe dans le même cabinet pour qu'elle y écrive une lettre. Les deux jeunes femmes s'y retrouvent et, furieuses, s'en vont.
"Il me semble pourtant que j'aurai peine à plaire, / Et je n'ai pas les yeux si vifs qu'à l'ordinaire."
"C'est une babillarde, en intrigues habile, / Et qui pourrait montrer, en un besoin, en ville."
Valère tente de rassurer Clarice, toujours troublée par la méprise du cabinet. Le Chevalier se plaint de la maladresse de son oncle. Lisette les informe que Mme Grognac, furieuse, veut accélérer le mariage d'Isabelle avec Léandre. Elle rétablit la vérité sur la présence des deux femmes dans le cabinet, ce qui apaise Clarice. Le Chevalier, lui, est jaloux. Léandre arrive et se dispute avec le Chevalier, qui l'a traité de fou. Sur le conseil de Carlin, Léandre décide d'écrire une lettre d'excuses à Clarice. Mais, distrait, il écrit sous la dictée de Carlin qui parle de lettres de change, et au moment de cacheter, il adresse la lettre à Isabelle au lieu de Clarice.
"C'est un style éloquent qu'un billet au porteur, / Qui vaut mieux qu'un discours rempli de fariboles."
"Tu peux avoir raison ; c'est contre ta coutume."
Isabelle reçoit la lettre de Léandre destinée à Clarice et s'en offense, croyant à une insulte. Le Chevalier tente de convaincre Mme Grognac, mais elle refuse toujours. Clarice, à son tour, lit la lettre et se croit trahie. Arrive Carlin déguisé en courrier, annonçant la mort de l'oncle de Léandre, qui l'a déshérité. Mme Grognac, n'ayant plus d'intérêt, refuse immédiatement le mariage. Valère révèle alors que le testament est une invention de Carlin pour obtenir son consentement. Malgré la colère de Mme Grognac, tout le monde presse les deux mariages. Valère offre sa nièce à Léandre et promet de payer le dédit. Léandre, toujours distrait, parle aussitôt d'aller voir son oncle, oubliant qu'il vient de se marier.
"Non ; depuis qu'il est mort le défunt n'écrit plus."
"Tu m'en fais souvenir, je l'avais oublié."
Personnage principal, jeune homme riche et honnête, profondément distrait. Cette distraction, qui le fait agir à contretemps et confondre les personnes et les situations, est le ressort comique principal de la pièce. Il est sincèrement amoureux de Clarice.
PrincipalAmante de Léandre. Elle est jalouse et inquiète des distractions de son amant, qu'elle prend souvent pour des preuves d'infidélité. Elle est la sœur du Chevalier et la nièce de Valère.
PrincipalMère autoritaire, acariâtre et tyrannique d'Isabelle. Elle a une haute opinion d'elle-même et veut imposer sa volonté à sa fille, qu'elle rabaisse constamment.
PrincipalFille de Mme Grognac, naïve et simple. Elle aspire à l'amour et se rebelle discrètement contre l'autorité de sa mère en aimant le Chevalier.
PrincipalFrère de Clarice, amant d'Isabelle. Jeune homme insouciant, dépensier, amateur de vin et de danse, il est l'antithèse de Léandre par son exubérance et sa légèreté.
PrincipalOncle de Clarice et du Chevalier. Homme raisonnable et posé, il tente de servir les intérêts de ses neveux et de modérer les ardeurs du Chevalier.
MinorServante d'Isabelle, fine mouche et impertinente. Elle est l'alliée des jeunes amants et n'hésite pas à défier Mme Grognac. Elle a le béguin pour Carlin.
MinorValet de Léandre, témoin impuissant et souvent victime des distractions de son maître. Il est rusé, inventif (c'est lui qui monte le stratagème du faux testament) et amoureux de Lisette.
MinorValet de Léandre, personnage muet.
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