Le philosophe Démocrite, qui a fait le choix de vivre retiré du monde dans une grotte pour rire de la folie des hommes, est contraint par le roi Agélas de quitter sa retraite et de le suivre à sa cour à Athènes. Démocrite y découvre que sa jeune et innocente compagne, Criséis, dont il est secrètement amoureux, attire les regards du roi. Parallèlement, son valet Strabon retrouve son épouse Cléanthis, qu'il avait fuie vingt ans plus tôt, tandis que le paysan Thaler cherche à percer le mystère de la naissance de celle qu'il croit être sa fille, Criséis.
Dans un désert près d'Athènes, Strabon, le valet de Démocrite, se plaint de la vie frugale imposée par la philosophie. Thaler, un paysan, apporte leur maigre pitance et confie à Strabon ses soupçons : Démocrite serait amoureux de sa fille, Criséis. Démocrite entre en scène en proclamant le ridicule de l'humanité. Il s'enquiert de Criséis. Surviennent le roi Agélas et le prince Agénor, égarés à la chasse. Agélas est immédiatement séduit par Criséis. Ayant reconnu Démocrite, il l'invite à sa cour, ainsi que Strabon et Criséis, et malgré les réticences du philosophe, il ordonne leur départ.
"Que maudit soit le jour où j'eus la fantaisie D'être valet de pied de la philosophie !"
"L'homme est, de sa nature, un animal qui rit ; Cela se voit assez: mais pour moi, sans scrupule, Je veux le définir animal ridicule."
Au palais d'Agélas à Athènes, la princesse Ismène confie son chagrin et ses doutes à sa suivante Cléanthis : elle craint que le roi ne soit plus amoureux d'elle. Cléanthis lui révèle son propre passé : elle est mariée et a fui son époux il y a vingt ans. Strabon, désormais vêtu en courtisan, savoure les plaisirs de la cour et tente d'apprendre les bonnes manières à Thaler. Démocrite, entouré d'officiers, rit de leur hypocrisie. Strabon lui apprend que Criséis semble s'acclimater à la cour et que le roi la regarde avec intérêt. Strabon rencontre Cléanthis ; tous deux, sans se reconnaître, entament un jeu de séduction.
"De ces lâches flatteurs qui hautement vous louent, Et dans l'occasion tout bas se désavouent ;"
Agélas avoue à Agénor son amour pour Criséis. Thaler se plaint au roi qu'on lui a volé un riche bracelet en l'habillant. Resté seul avec Criséis, Agélas tente de sonder ses sentiments. Démocrite, qui survient, exprime son désir de quitter la cour. Agélas lui révèle alors qu'il aime Criséis et le charge de parler en sa faveur auprès d'elle. Démocrite, bien que troublé, s'exécute et demande à Criséis quel est son sentiment. Criséis avoue son amour naissant pour le roi. Démocrite, au comble du dépit, livre un dernier monologue amer sur la folie des hommes, s'incluant dans le nombre.
"Je l'aime, si c'est là ce qu'on appelle amour."
Démocrite, désespéré par l'amour de Criséis pour le roi, tente de convaincre Thaler de quitter la cour avec sa fille pour sauver son honneur. Resté seul, il s'adresse un réquisitoire amer contre sa propre faiblesse. Cléanthis vient le trouver de la part d'Ismène pour lui reprocher de servir les amours du roi. Démocrite se défend. Cléanthis rencontre ensuite Strabon, et leur dialogue amoureux reprend. En se confiant l'un à l'autre sur leur passé et leurs conjoints respectifs, ils finissent par se reconnaître : Cléanthis est la femme que Strabon a fui il y a vingt ans. L'amour qu'ils ressentaient se mue immédiatement en haine.
"Je veux sans nuls témoins rire à présent de moi ; Il ne faut point ailleurs aller chercher de quoi."
Strabon décide de rester à la cour malgré la présence de Cléanthis. Thaler se plaint à lui de la perte de son bracelet. Cléanthis les rejoint. Thaler, en la voyant, la reconnaît comme la femme qui lui a confié un enfant quinze ans auparavant. Il l'accuse devant le roi. Cléanthis avoue alors que cet enfant était la fille de la reine, née du premier lit de celle-ci, et qu'elle a été échangée à la naissance pour assurer les droits d'Ismène au trône. Criséis est donc la princesse légitime. Agélas peut alors l'épouser sans mésalliance, et Ismène se tourne vers Agénor. Démocrite avoue publiquement son amour pour Criséis avant de repartir dans son désert, toujours philosophe. Strabon et Cléanthis se pardonnent mutuellement.
"Je n'ai point été tel que j'ai voulu paraître ; Vraiment faible au dedans, philosophe au dehors, L'esprit était la dupe et l'esclave du corps."
Philosophe grec, retiré du monde dans une grotte. Il se veut le censeur impitoyable de la folie humaine, mais il est secrètement amoureux de Criséis. Ridicule et peu sensé dans sa passion, il incarne le faux philosophe.
PrincipalRoi d'Athènes. Il découvre Démocrite et Criséis à la chasse et tombe immédiatement amoureux de la jeune fille. Il les invite à sa cour et finit par la demander en mariage.
PrincipalPrince d'Athènes. Compagnon du roi, il est secrètement amoureux de la princesse Ismène. Il encourage la passion d'Agélas pour Criséis car elle sert ses propres intérêts.
PrincipalPrincesse promise à Agélas. Elle est jalouse et inquiète de l'intérêt que le roi porte à Criséis.
PrincipalSuivant de Démocrite. Valet philosophe, il est beaucoup plus attaché aux plaisirs de la vie (bonne chère, vin, femmes) qu'à la philosophie de son maître. Il est l'époux de Cléanthis.
PrincipalSuivante d'Ismène. Elle est en réalité l'épouse de Strabon, qu'elle a fui il y a vingt ans. Elle joue un rôle clé dans le dénouement en révélant la véritable naissance de Criséis.
PrincipalPaysan, père nourricier de Criséis. Rustre et naïf, il est facilement ébloui par la cour. Il possède le bracelet qui permettra de reconnaître Criséis.
PrincipalJeune fille innocente, crue fille de Thaler. Élevée près de Démocrite, elle est en réalité la fille de la reine et la princesse légitime d'Athènes. Elle devient l'objet de l'amour du roi et de Démocrite.
PrincipalOfficier du roi, chargé de superviser la maison de Démocrite. Il est hypocrite et flatteur.
MinorOfficier du roi, chargé de la table de Démocrite. Il est aussi hypocrite et flatteur que l'intendant.
MinorPersonnages muets qui accompagnent le roi.
MinorPersonnages muets qui suivent Démocrite.
Minor