En Espagne, Sertorius, chef du parti de Marius proscrit par Sylla, doit faire face à des menaces extérieures (Pompée) et intérieures (la jalousie de son lieutenant Perpenna). Deux femmes puissantes, la reine Viriate de Lusitanie et Aristie, l'épouse répudiée de Pompée, cherchent à l'épouser pour des raisons politiques, plaçant Sertorius au cœur d'un dilemme entre la raison d'État, l'amitié et l'amour. Cette situation complexe mènera à la tragédie.
Perpenna confie à Aufide son désarroi : sa jalousie envers Sertorius, qui lui a volé son commandement et l'amour de la reine Viriate, le pousse à envisager la trahison, mais il hésite. Sertorius annonce à Perpenna la venue de Pompée pour une conférence. Il lui révèle aussi qu'il aime Viriate mais qu'il est prêt à la lui céder par reconnaissance, tandis qu'Aristie lui offre sa main et le soutien de Rome pour l'épouser. Sertorius, craignant de perdre l'alliance de Viriate, demande l'avis de Perpenna, qui cache son amour pour la reine. Aristie, de son côté, confie à Sertorius qu'elle pourrait reprendre Pompée s'il revenait à elle.
"L'horreur que malgré moi me fait la trahison / Contre tout mon espoir révolte ma raison"
"Que c'est un sort cruel d'aimer par politique ! / Et que ses intérêts sont d'étranges malheurs, / S'ils font donner la main quand le coeur est ailleurs !"
Viriate avoue à Thamire son amour pour Sertorius, un amour politique fondé sur l'admiration de sa vertu guerrière. Lorsque Sertorius vient la voir, il tente de lui proposer Perpenna comme époux. Viriate, blessée, lui déclare qu'elle ne veut que lui, un Romain qui commande, et non un simple lieutenant. Elle voit clair dans son jeu et le presse de s'expliquer. Perpenna, encouragé par Aufide, voit dans la jalousie de Viriate envers Aristie une occasion de la servir pour gagner ses faveurs, mais Aufide tente de l'avertir qu'il est manipulé.
"J'aime en Sertorius ce grand art de la guerre / Qui soutient un banni contre toute la terre"
"Je veux bien un Romain, mais je veux qu'il commande"
Sertorius et Pompée se rencontrent. Leur dialogue est un duel politique courtois mais tendu. Sertorius accuse Pompée de servir un tyran, Pompée se justifie en attendant la mort de Sylla pour restaurer la liberté. Sertorius propose une alliance, mais Pompée refuse de servir sous ses ordres. Sertorius lui annonce alors qu'il va épouser Aristie. Lorsqu'Aristie rejoint Pompée, leur entrevue est passionnée. Aristie vacille entre sa haine et son amour, mais l'incapacité de Pompée à répudier Émilie la pousse à confirmer son mariage avec Sertorius, malgré les menaces de Pompée.
"La victoire attachée à vos premiers exploits, / Un triomphe avant l'âge où le souffrent nos lois"
"Adieu donc pour deux jours."
Sertorius, par l'intermédiaire de Thamire, avoue enfin son amour à Viriate. Il lui explique que ses efforts pour la donner à Perpenna étaient un sacrifice à la raison d'État. Viriate, touchée mais exigeante, lui offre sa main s'il renonce à Rome. Sertorius, pris entre son amour et son devoir de Romain, hésite, craignant la réaction de Perpenna et des partisans d'Aristie. Viriate, lassée de ses atermoiements, lui donne jusqu'au lendemain pour se décider. Perpenna, de retour, comprend que Sertorius aime Viriate et se sent trahi. Sertorius tente de l'apaiser, mais Perpenna, sous l'influence d'Aufide, décide de passer à l'acte lors du festin.
"Ah ! Pour être romain, je n'en suis pas moins homme : / J'aime, et peut-être plus qu'on n'a jamais aimé"
"Je me rends donc, madame ; ordonnez de ma vie"
Aristie, informée que Viriate veut épouser Sertorius, lui propose un accord. Viriate expose son ambition de faire de Sertorius un grand roi d'Espagne. Arcas arrive avec une lettre annonçant la mort de Sylla et d'Émilie, libérant Pompée qui peut désormais revenir à Aristie. Mais Thamire annonce l'assassinat de Sertorius par Perpenna. Perpenna, croyant pouvoir prendre sa place, propose sa main à Viriate, qui l'accable de mépris. Pompée arrive, maître de la situation. Perpenna tente de se justifier en lui livrant des lettres compromettantes, mais Pompée les brûle et le fait exécuter. Il offre la paix à Viriate et reprend Aristie.
"Il ne vit plus ? ô ciel !"
"Seigneur, voilà l'effet de ma reconnaissance."
"Montrer d'un tel secret ce que je veux savoir."
Général romain du parti de Marius, proscrit par Sylla. Il commande en Espagne où il est respecté et aimé. C'est un homme d'État, un chef de guerre expérimenté, tiraillé entre son devoir politique (retourner à Rome, ménager ses alliés) et son amour tardif pour la reine Viriate.
PrincipalLieutenant romain de Sertorius. Jaloux de la gloire de son chef et épris de Viriate, il est prêt à la trahison. Personnage complexe, il est rongé par l'ambition et les remords, mais finit par commettre l'irréparable.
PrincipalGénéral romain du parti de Sylla. Jeune et déjà célèbre, il est respectueux de son ennemi Sertorius. Il aime encore sa femme répudiée, Aristie, mais reste prisonnier des contraintes politiques imposées par Sylla.
PrincipalÉpouse répudiée de Pompée. Femme fière et blessée, elle cherche à la fois vengeance contre Sylla et à retrouver son honneur en épousant un homme aussi grand que Pompée, en l'occurrence Sertorius. Son amour pour Pompée reste vivace.
PrincipalReine de Lusitanie. Jeune, fière et ambitieuse, elle a appelé Sertorius à son secours. Elle l'aime d'un amour politique et veut faire de lui un grand roi pour l'attacher à l'Espagne et accroître sa propre gloire.
PrincipalTribun romain, confident et complice de Perpenna. Il pousse constamment ce dernier à la trahison, jouant le rôle de la tentation et de la raison d'État amorale.
MinorDame d'honneur et confidente de la reine Viriate. Elle est le témoin des tourments amoureux de sa maîtresse et sert d'intermédiaire avec Sertorius.
MinorAffranchi d'Aristius, le frère d'Aristie. Il apporte la nouvelle cruciale de la mort de Sylla et d'Émilie, ce qui change la donne politique.
MinorTribun du parti de Pompée. Il reçoit les ordres de son général et annonce l'exécution de Perpenna.
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