À la cour d'Espagne à la fin du XVIIe siècle, Don Salluste, un grand d'Espagne disgracié par la reine, machine une vengeance implacable. Pour perdre la reine, il présente à la cour son propre valet, Ruy Blas, en le faisant passer pour son cousin, Don César. Ruy Blas, qui aime secrètement la reine, devient son amant et un ministre tout-puissant, avant que son passé ne le rattrape dans une tragédie où se mêlent ambition, amour et désespoir.
Don Salluste de Bazan, furieux d'être exilé par la reine pour avoir refusé d'épouser une suivante, prépare sa vengeance. Dans le palais royal à Madrid, il convoque son cousin débauché, Don César, pour lui proposer de participer à un complot contre une femme. Don César, indigné, refuse avec mépris. Don Salluste le fait alors arrêter et embarquer pour l'Afrique. Resté seul avec son laquais, Ruy Blas, il lui fait endosser la livrée puis le présente à la cour comme son cousin, Don César de Bazan, comte de Garofa. Ruy Blas, éperdu d'amour pour la reine, se retrouve propulsé au rang de grand d'Espagne au moment où celle-ci paraît.
"Celui qui, bassement et tortueusement, Se venge, ayant le droit de porter une lame, Noble, par une intrigue, homme, sur une femme, [...] N’est pour moi qu’un maraud sinistre et ténébreux Que je voudrais, pour prix de sa lâcheté vile, Voir pendre à quatre clous au gibet de la ville !"
La reine, Doña Maria de Neubourg, s'ennuie à la cour, étouffée par l'étiquette et délaissée par son mari. Elle est tourmentée par le souvenir de Don Salluste et rêve d'un mystérieux inconnu qui dépose des fleurs et une lettre pour elle. Cet inconnu, blessé en escaladant les murs, n'est autre que Ruy Blas. Il apparaît soudain, vêtu en grand seigneur, apportant une lettre du roi qui n'est qu'un message de chasse. La reine reconnaît la dentelle et l'écriture : c'est lui. Son évanouissement et la blessure à sa main confirment ses soupçons. Ruy Blas est nommé écuyer de la reine. Don Guritan, le majordome jaloux, le provoque en duel, mais la reine éloigne ce dernier en l'envoyant porter une cassette à son père à Neubourg.
"Madame, sous vos pieds, dans l’ombre, un homme est là Qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile ; Qui souffre, ver de terre amoureux d’une étoile ; Qui pour vous donnera son âme, s’il le faut ; Et qui se meurt en bas quand vous brillez en haut."
Six mois plus tard. Ruy Blas, devenu ministre tout-puissant et duc d'Olmedo, tient tête aux conseillers corrompus. Dans une tirade célèbre, il fustige leur cupidité et dresse un tableau accablant de la décadence de l'Espagne. La reine, qui assistait cachée, sort de sa cachette pour le féliciter et lui avoue son amour. Ruy Blas, au comble du bonheur, est anéanti par l'arrivée soudaine de Don Salluste, vêtu de la livrée de son page. Don Salluste lui rappelle sa condition de laquais et le menace de révéler la supercherie. Il exige une obéissance aveugle pour la suite de son plan. Ruy Blas, brisé, comprend qu'il est perdu.
"Bon appétit ! messieurs ! — Ô ministres intègres ! Conseillers vertueux ! Voilà votre façon De servir, serviteurs qui pillez la maison !"
Le matin suivant, dans la maison de Don Salluste. Ruy Blas, désespéré, charge son page de prévenir la reine, via Don Guritan, de ne pas sortir du palais. Après son départ, Don César, qui a réussi à s'échapper de l'embarquement, fait irruption par la cheminée. Croyant la maison vide, il profite de l'argent et du repas. S'ensuit une série de quiproquos où il reçoit un laquais apportant une bourse, une duègne pour un rendez-vous galant et enfin Don Guritan venu pour le duel. Don César, pensant être l'objet de toutes ces attentions, tue Don Guritan en duel. Don Salluste, surgissant, le fait arrêter par des alguazils en le faisant passer pour le bandit Matalobos, sauvant ainsi ses plans.
"Rien n'est plus gracieux et plus divertissant Que des écus à soi qu'on met en équilibre."
La nuit. Dans la même chambre. Ruy Blas a décidé de se donner la mort. La reine, trompée par un faux billet de Ruy Blas écrit par Don Salluste, arrive au rendez-vous. Don Salluste apparaît et révèle la supercherie à la reine, exigeant son abdication. Ruy Blas, sortant de sa torpeur, avoue sa véritable identité. Face aux outrages de Don Salluste envers la reine, Ruy Blas se dresse, le tue avec l'épée du marquis. Revenu auprès de la reine qui lui pardonne, il avale le poison qu'il avait préparé et meurt dans ses bras, après qu'elle l'a appelé par son véritable nom.
"Je m'appelle Ruy Blas, et je suis un laquais !"
Laquais de Don Salluste. Homme du peuple, intelligent, rêveur et passionné, il est épris de la reine. Devenu faux grand d'Espagne par la machination de son maître, il connaît une ascension fulgurante avant d'être rattrapé par la vérité et son amour impossible.
PrincipalMarquis de Finlas, grand d'Espagne. Homme froid, calculateur et implacable. Disgracié par la reine, il voue sa vie à une vengeance méthodique et cruelle en utilisant Ruy Blas comme un pion.
PrincipalReine d'Espagne. Jeune femme malheureuse, étouffée par l'étiquette et délaissée par son mari. Elle aspire à l'amour et à la liberté, ce qui la rend vulnérable au mystère et à la passion de Ruy Blas.
PrincipalCousin de Don Salluste. Noble désargenté, vivant en bohémien sous le nom de Zafari. Joyeux, insouciant et intègre, il est l'antithèse de son cousin. Son arrivée impromptue crée une série de quiproquos qui menacent et finalement sauvent les plans de Don Salluste.
MinorComte d'Onate, majordome de la reine. Vieillard amoureux transi de la reine, jaloux et ridicule. Il est tué par Don César, croyant se battre contre Ruy Blas.
MinorJeune femme de la reine, sa confidente. Espiègle et dévouée, elle est la seule à qui la reine peut confier ses tourments.
MinorCamerera mayor (première dame d'honneur) de la reine. Vieille femme rigide et austère, gardienne pointilleuse de l'étiquette qui emprisonne la reine.
Minor