Dorval, homme sombre et mélancolique, vit retiré chez son ami Clairville. Il y côtoie Constance, la sœur de ce dernier, et Rosalie, la fiancée de Clairville. Alors qu'il s'apprête à fuir, tiraillé par un amour coupable pour Rosalie, il est retenu par les confidences de Constance, qui lui avoue son amour, et par les plaintes de Clairville, qui sent sa fiancée lui échapper. Tiraillé entre sa passion, l'amitié et la vertu, Dorval tente de se sacrifier. L'arrivée du père de Rosalie, Lysimond, qui se révèle être aussi celui de Dorval, dénoue la situation en révélant que Dorval et Rosalie sont frère et sœur, permettant ainsi leur union avec Constance et Clairville.
À l'aube, Dorval, en proie à une grande agitation, ordonne à son valet Charles de préparer son départ. Il est retenu par Constance, qui lui avoue son amour pour lui, et par Clairville, qui se dit désespéré par la froideur nouvelle de sa fiancée Rosalie. Clairville supplie Dorval d'intercéder pour lui auprès de Rosalie. Dorval, qui aime secrètement Rosalie, accepte à contrecœur.
"Dorval, je connus tout l'empire que la vertu avait sur vous ; et il me parut que je l'en aimais encore davantage."
"J'avais un ami, et cet ami m'abandonne ; j'étais aimé de Rosalie, et Rosalie ne m'aime plus."
Rosalie, en larmes, avoue à Justine qu'elle n'aime plus Clairville. Dorval, venu lui parler au nom de son ami, apprend de sa bouche qu'elle en aime un autre. Il comprend avec effroi qu'il s'agit de lui. Après cet aveu, Dorval reçoit une lettre désespérée de Rosalie. Il tente de fuir à nouveau, mais il est interrompu par un appel à l'aide : Clairville se bat en duel pour défendre l'honneur de Dorval, injustement accusé. Constance trouve la lettre inachevée de Dorval, y lit qu'il l'aime et croit son bonheur assuré.
"Dorval, vous le savez."
"J'inspire une passion secrète à la sœur de mon ami... J'en prends une insensée pour sa maîtresse ; elle, pour moi... Que fais-je encore dans une maison que je remplis de désordre ?"
Clairville raconte à Dorval la querelle qui a mené au duel : on l'accusait d'aimer Constance et Rosalie. Constance montre à son frère la lettre de Dorval, croyant y trouver la preuve de son amour pour elle. Clairville se réjouit, mais Dorval reste sombre. Rosalie, en apprenant la nouvelle, s'évanouit. Survient Andréd, le domestique de Lysimond, qui raconte les terribles épreuves de leur voyage : ils ont été faits prisonniers, Lysimond a failli mourir en prison, et ils ont tout perdu. Dorval, troublé par ce récit, décide en secret de sacrifier sa fortune pour permettre le mariage de Rosalie et Clairville.
"On ouvre les portes d'un cachot obscur... Il était nu. Il était étendu sur la terre humide..."
"Clairville épousera donc Rosalie."
Rosalie, furieuse, confie à Justine son mépris pour Dorval, qu'elle accuse de duplicité. Constance tente de la réconforter, ignorant tout du drame. Seule avec Dorval, Constance l'encourage à l'épouser avec des discours élevés sur la vertu et le bonheur. Dorval, bouleversé par la grandeur d'âme de Constance, lui révèle le mystère de sa naissance : il est un enfant naturel, a perdu sa mère et ignore tout de son père. Constance lui affirme que cela ne change rien à ses sentiments. Dorval conseille à Clairville de persévérer auprès de Rosalie, et lui annonce que la fortune de cette dernière était assurée, pour le rassurer.
"J'en appelle à votre cœur ; interrogez-le ; et il vous dira que l'homme de bien est dans la société, et qu'il n'y a que le méchant qui soit seul."
"La naissance nous est donnée ; mais nos vertus sont à nous."
Clairville supplie à nouveau Rosalie. Elle persiste dans son refus. Dorval intervient et, par un discours puissant sur le remords et la vertu, convainc Rosalie de renoncer à leur amour coupable et de revenir à Clairville. Alors qu'elle s'y résout, Constance annonce l'arrivée du père de Rosalie. Lysimond paraît, soutenu par Clairville. À la stupéfaction générale, il reconnaît en Dorval son fils, révélant que Rosalie est sa sœur. Les obstacles sont levés. Lysimond unit Rosalie à Clairville et Constance à Dorval, bénissant ses enfants avant de leur confier sa fortune et ses dernières volontés.
"Songez qu'aux pieds de ces autels où vous auriez reçu mes serments, où j'aurais exigé les vôtres, l'idée de Clairville trahi et désespéré vous aurait suivie."
"Mon fils, voilà ta soeur... Ma fille, voilà ton frère."
Fils naturel de Lysimond, ami de Clairville. Homme vertueux mais sombre et mélancolique, tourmenté par une passion coupable pour Rosalie, la fiancée de son ami.
PrincipalFille de Lysimond, pupille de Constance et fiancée de Clairville. Jeune femme sensible et innocente, qui tombe amoureuse de Dorval sans savoir qu'il est son frère.
PrincipalSœur de Clairville, jeune veuve. Femme d'esprit, vertueuse et éloquente, elle aime Dorval et s'efforce de le convaincre d'accepter le bonheur et les devoirs de la vie en société.
PrincipalAmi de Dorval et frère de Constance, amant éperdu de Rosalie. Jeune homme passionné et loyal, il est désespéré par la froideur de sa fiancée.
PrincipalPère de Dorval et de Rosalie. Vieillard respectable ayant beaucoup voyagé et souffert, il revient en France pour unir ses enfants et finir ses jours auprès d'eux.
MinorSuivante de Rosalie, à qui elle confie ses tourments.
MinorDomestique fidèle et dévoué de Lysimond, qui a partagé ses infortunes et dont le récit pathétique émeut toute la maisonnée.
MinorValet de Dorval.
Minor