Thérèse, mariée à son cousin maladif Camille, mène une existence morne sous l’autorité de sa tante, Madame Raquin. L’arrivée de Laurent, ami d’enfance de Camille, éveille en elle une passion dévorante. Ensemble, ils ourdissent un meurtre pour vivre leur amour. Mais le crime, commis lors d’une promenade en canot, laisse des traces : le remords, la haine et la présence obsédante du mort rongent peu à peu les deux amants jusqu’à la catastrophe finale.
Dans la chambre-salon-boutique du passage du Pont-Neuf, Camille pose pour son portrait peint par Laurent, ami d’enfance retrouvé. Thérèse, son épouse, observe en silence. Après le départ de Laurent, elle avoue sa passion brûlante pour lui. Lors d’une conversation sur les crimes impunis, Michaud, ancien commissaire, évoque des meurtriers vivant en paix. Laurent et Thérèse échangent un regard complice. Camille propose une promenade à Saint-Ouen, et Laurent suggère d’y ajouter une sortie en canot.
"Ce sera une joie sans fin, une longue promenade au soleil."
"Il y a plus d'un meurtrier qui se promène tranquillement au soleil, allez !"
Un an après la mort noyée de Camille, lors d’une promenade en canot, la chambre est en deuil. Madame Raquin sanglote en voyant le fauteuil vide de son fils. Michaud, inquiet de la santé de Thérèse, propose à Madame Raquin de marier sa nièce à Laurent pour la sauver de sa mélancolie. Thérèse, après une feinte résistance, accepte, tout comme Laurent. Les fiançailles sont décidées.
"Il faut marier Thérèse."
"Jamais, jamais ! Pourquoi doutez-vous de moi ?"
La nuit des noces de Thérèse et Laurent, dans la chambre parée de blanc et de roses. Seuls, ils ne parviennent pas à s’embrasser. Le spectre de Camille les hante. Laurent aperçoit le portrait du mort. En le décrochant, Madame Raquin, attirée par les cris, entre et comprend tout. Terrassée par une attaque de paralysie, elle reste muette et immobile, mais ses yeux accusent les meurtriers.
"Là, là... Camille..."
"Assassin, assassin!..."
Quelques semaines plus tard. La chambre a repris son aspect lugubre. Madame Raquin est paralysée, muette, mais ses yeux sont lucides. Michaud, Suzanne et Grivet viennent en visite. Sous leurs yeux, Madame Raquin parvient à remuer les doigts et à écrire sur la table : « Thérèse et Laurent ont... » mais s’arrête. Restés seuls, les deux époux s’accusent mutuellement du meurtre, se haïssent. Laurent sort un poison, Thérèse un couteau. Madame Raquin se lève alors, les maudit, mais refuse de les livrer à la justice pour les voir souffrir. Thérèse boit le poison, Laurent l’imite. Tous deux tombent morts.
"Assassin de l'enfant, ose donc frapper la mère !"
"Non, je ne vous livrerai pas à la justice. Vous êtes à moi, à moi seule, et je vous garde !"
Jeune femme au caractère passionné et sauvage, réprimée par son mariage avec son cousin maladif Camille. Elle devient la complice et la maîtresse de Laurent, puis son épouse, avant d'être consumée par le remords et la haine.
PrincipalAmi d'enfance de Camille, peintre amateur. Initialement insouciant, il devient l'amant de Thérèse puis son mari. Le meurtre de Camille le ronge et le conduit à la folie et au suicide.
PrincipalMère de Camille, tante de Thérèse. Femme autoritaire mais aimante. Après la mort de son fils et le remariage de Thérèse, elle découvre la vérité et reste paralysée, avant de ressusciter pour maudire les assassins.
PrincipalFils unique de Madame Raquin, époux de Thérèse. Personnage chétif, maladif et égoïste. Il est assassiné par Laurent lors d'une promenade en canot.
PrincipalAncien commissaire de police, ami de la famille. Il incarne l'autorité et la morale bourgeoise, mais reste aveugle à la vérité.
MinorNièce de Michaud, jeune fille innocente et romantique. Elle représente la pureté et la légèreté, en contraste avec la noirceur de Thérèse et Laurent.
MinorEmployé d'administration, sous-chef de Camille et Laurent. Personnage ridicule, obsessionnel et naïf, dont les interventions soulignent l'ironie tragique.
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