Le Comte d'Olban, jeune veuf, vit à la campagne avec sa mère, la Marquise, et sa parente, la Baronne de L'Orme. Il est secrètement amoureux de Nanine, une jeune fille pauvre élevée au château. La Baronne, qui espère l'épouser, découvre sa passion et, par jalousie, tente d'humilier Nanine en la mariant à Blaise, le jardinier. Pour fuir cette situation et les sentiments qu'elle éprouve pour le Comte, Nanine accepte de se retirer dans un couvent. Une lettre mal interprétée et l'arrivée de son père, un soldat pauvre mais honorable, déclenchent une crise qui permettra à l'amour et à la vertu de triompher des préjugés.
La Baronne de L'Orme reproche au Comte d'Olban son indifférence et lui rappelle sa promesse de mariage. Le Comte, sans avouer son amour pour Nanine, lui oppose son désir d'une femme douce et indulgente. Blaise, le jardinier, demande au Comte la permission d'épouser Nanine, ce qui provoque la colère de ce dernier. La Baronne, désormais certaine des sentiments du Comte, propose à Nanine d'épouser Blaise. Devant le refus de la jeune fille, elle menace de l'enfermer dans un couvent. Nanine accepte cette idée avec soulagement, y voyant une échappatoire à ses propres sentiments. Le Comte, resté seul avec Nanine, lui avoue son estime et son souhait de la voir traitée comme un membre de la famille. Touchée mais effrayée, Nanine lui demande la permission de se retirer.
"L'homme de bien, modeste avec courage, Et la beauté spirituelle, sage, Sans bien, sans nom, sans tous ces titres vains, Sont à mes yeux les premiers des humains."
"Je pense trop pour un état si bas ; Au dernier rang les destins m'ont comprise."
Tôt le matin, le Comte, fébrile, ordonne à son domestique Marin de partir pour Paris afin de rapporter des cadeaux dignes de celle qu'il aime. Il apprend avec stupeur que la Baronne emmène Nanine au couvent. Il les fait arrêter et, seul avec Nanine, lui avoue son amour et lui propose le mariage. Nanine, bien que l'aimant, refuse par crainte de l'avilir. Restée seule, elle écrit une lettre à son père, Philippe Hombert, qu'elle croit arrivé au village voisin, et charge Blaise de la lui remettre avec une somme d'argent. La Baronne surprend Blaise, s'empare de la lettre et la lit. Elle y découvre une déclaration d'amour passionnée adressée à un autre homme et croit Nanine infidèle. Elle tend la lettre au Comte, qui, fou de douleur et se sentant trahi, chasse Nanine. La Marquise arrive au château.
"Mais cet époux... c'est moi."
"Vous connaissez sans doute à Rémival Monsieur Philippe Hombert, votre rival ?"
Nanine, chassée et revêtue de ses pauvres habits, quitte le château. Le Comte, tourmenté, envoie Germon la conduire au couvent avec une somme d'argent, lui ordonnant de taire son nom. La Marquise annonce son intention de marier Nanine au sénéchal. Survient un vieux paysan qui se jette aux pieds du Comte : c'est Philippe Hombert, le père de Nanine. Il rapporte la bourse et les bijoux, craignant que sa fille ne les ait mal acquis. Le Comte comprend alors sa terrible erreur : la lettre était destinée au père, non à un amant. Rempli de remords, il renonce solennellement à épouser la Baronne et lui rend ses biens. Il fait revenir Nanine. En présence de sa mère et du père de Nanine, il demande la jeune fille en mariage, célébrant ainsi le triomphe de la vertu et de l'amour sur les préjugés.
"C'est pour des coeurs par eux-mêmes ennoblis, Et distingués par ce grand caractère, Qu'il faut passer sur la règle ordinaire : Et leur naissance, avec tant de vertus, Dans ma maison n'est qu'un titre de plus."
"Je viens vous rendre... Ces cent louis d'or, des diamants, sont un trop grand trésor Pour les tenir par un droit légitime ; Elle ne peut les avoir eus sans crime."
Jeune seigneur retiré à la campagne, veuf, philosophe et généreux. Il est épris de Nanine et prêt à braver les conventions sociales pour l'épouser, valorisant le mérite et la vertu par-dessus la naissance.
PrincipalParente du Comte, femme impérieuse, aigre et jalouse. Elle espère épouser le Comte et ne supporte pas l'ascendant que Nanine prend sur lui. Son orgueil est constamment blessé.
PrincipalJeune fille pauvre, élevée au château par charité. Belle, intelligente et vertueuse, elle a conscience de sa condition modeste et craint de nuire à son bienfaiteur par l'amour qu'elle lui porte.
PrincipalMère du Comte, femme âgée, vive, un peu babillarde mais au cœur bon et à l'esprit juste. Elle aime sincèrement Nanine et défend sa cause.
MinorPaysan du voisinage, ancien soldat, père de Nanine. Homme honorable et vertueux, il a dû cacher sa paternité par pauvreté. Son arrivée permet de rétablir la vérité.
MinorJardinier du château. Naïf et simple d'esprit, il est amoureux de Nanine et devient l'instrument involontaire de la Baronne.
MinorDomestique du Comte. Fidèle et sensible, il est attaché à Nanine et déplore son renvoi.
MinorAutre domestique du Comte. Il est envoyé en course à Paris.
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