Après la prise de Pékin par Gengis Kan, chef des Tartares, la famille impériale est massacrée. Un mandarin lettré, Zamti, et sa femme Idamé, ont sauvé le dernier fils de l'empereur en le cachant. Pour protéger l'orphelin royal, Zamti est prêt à sacrifier son propre fils. Idamé, déchirée entre son devoir d'épouse et son amour maternel, s'y oppose farouchement. Gengis Kan, qui avait jadis aimé Idamé en vain, voit en elle l'occasion d'assouvir à la fois sa vengeance et son amour renaissant. La pièce explore le conflit entre la force brutale du conquérant et la vertu morale des vaincus, jusqu'à un dénouement où l'admiration pour le courage et la fidélité l'emporte sur la tyrannie.
Dans Pékin en ruines, Idamé confie à sa suivante Asséli sa terreur et son secret : le vainqueur, Gengis Kan, n'est autre que Témugin, un Scythe qu'elle avait jadis éconduit. Zamti revient du palais impérial, témoin du massacre de l'empereur, de sa femme et de leurs fils. Avant de mourir, l'empereur lui a confié son dernier enfant. Octar, lieutenant de Gengis, ordonne de livrer cet enfant. Déchiré, Zamti décide de sauver le fils de son roi en sacrifiant son propre fils à sa place.
"J'ai fait taire le sang, fais taire l'amitié."
ÉTAN annonce que le fils de Zamti a été livré aux Tartares. Idamé, ayant découvert le sacrifice, entre dans une rage désespérée. Elle révèle qu'elle a sauvé son fils des mains des ravisseurs. Zamti lui explique que cet acte, bien que compréhensible, met en péril le prince et tout le peuple. Gengis Kan arrive, proclamant sa volonté de clémence et de paix, mais il est troublé en apprenant qu'il s'agit d'Idamé, la femme qui l'a jadis repoussé.
"Vous ïŋ―tes citoyenne avant que d'ïŋ―tre mïŋ―re."
"Je foule aux pieds ce trïŋ―ne, et je rïŋ―gne en des lieux Oïŋ― mon front avili n'osa lever les yeux."
Gengis, bouleversé de revoir Idamé, lui offre sa protection. Idamé implore la grâce de l'enfant. Gengis, en proie à un conflit intérieur, oscille entre la vengeance et un amour qu'il croyait éteint. Zamti est amené devant lui et avoue son stratagème avec fierté. Gengis, furieux de ce défi, le fait emmener. Resté seul avec Octar, il avoue sa faiblesse pour Idamé et son admiration malgré lui pour la vertu des vaincus.
"Quel dieu parlait en elle, et prenait sa dïŋ―fense ? Est-il dans les vertus, est-il dans la beautïŋ― Un pouvoir au-dessus de mon autoritïŋ― ?"
"Un barbare en ces lieux est venu demander Ce dïŋ―pïŋ―t prïŋ―cieux que j'aurais dïŋ― garder, Ce fils de tant de rois, notre unique espïŋ―rance."
Gengis, admiratif mais en proie à la jalousie, propose à Idamé de répudier Zamti pour l'épouser, lui offrant le trône. Idamé avoue qu'elle aurait pu l'aimer autrefois, mais que son devoir d'épouse et de mère est désormais sacré. Elle refuse avec dignité. Zamti, encouragé par le courage de sa femme, la pousse à fuir avec le prince pour rejoindre l'armée coréenne, prêt à mourir pour elle. Idamé conçoit un plan héroïque pour sauver l'orphelin.
"J'ai dit que ces voeux, que vous me prïŋ―sentiez, N'auraient point rïŋ―voltïŋ― mon ïŋ―me assujettie, Si les sages mortels ïŋ― qui j'ai dïŋ― la vie N'avaient fait ïŋ― mon coeur un contraire devoir."
"Rïŋ―gne, que ton roi vive, et que ton ïŋ―poux meure."
Idamé est reprise alors qu'elle tentait de fuir avec l'enfant. Gengis, fou de rage et d'amour, lui donne un ultimatum : la mort de son mari, du prince et de son fils, ou le divorce et le trône. Idamé refuse. Obtenant un dernier entretien avec Zamti, elle lui propose de mourir ensemble par le poignard pour échapper au déshonneur. Gengis, entrant et les désarmant, est subjugué par tant de grandeur d'âme. Il reconnaît sa défaite morale, confie le prince à leur garde, et fait de Zamti le législateur suprême, jurant de gouverner par la sagesse.
"Tous deux je vous admire, et vous m'avez vaincu. Je rougis, sur le trïŋ―ne oïŋ― m'a mis la victoire, D'ïŋ―tre au-dessous de vous au milieu de ma gloire."
"Je fus un conquïŋ―rant, vous m'avez fait un roi."
Roi des Tartares, conquérant de la Chine. Fier, brutal, mais capable d'admiration et d'un amour profond. Son personnage évolue de la soif de vengeance à la reconnaissance de la supériorité morale de ses vaincus.
PrincipalFemme de Zamti. Personnage central du conflit tragique, déchirée entre son amour de mère, son devoir d'épouse et son devoir civique. Sa beauté et sa vertu inspirent à Gengis un amour qui le transforme.
PrincipalMandarin lettré, époux d'Idamé. Incarnation du devoir et de la vertu civique, poussé jusqu'au sacrifice suprême : livrer son propre fils pour sauver le prince héritier. Sa fidélité inébranlable force le respect du vainqueur.
PrincipalLieutenant de Gengis Kan. Soldat brutal et fidèle, il incarne la loi du plus fort et la simplicité barbare. Il ne comprend pas les états d'âme de son maître et le pousse constamment à la vengeance et à la fermeté.
SecondaryGuerrier tartare, au service de Gengis. Il transmet les ordres et rapporte les événements, jouant un rôle de messager et de témoin.
MinorSuivante et confidente d'Idamé. Elle partage ses craintes et tente de la réconforter, jouant le rôle de l'interlocutrice privilégiée qui permet à l'héroïne d'exprimer ses tourments.
MinorServiteur et homme de confiance de Zamti. Il est le bras armé du devoir de son maître, chargé de la mission dangereuse de cacher le prince. Loyal et obéissant, il partage le sort de Zamti.
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