À Cognac, le vieil Euphémon s'apprête à déshériter son fils aîné, un libertin qui a dilapidé sa fortune et brisé le cœur de sa promise, Lise, pour tout donner à son cadet, le président Fierenfat. Ce dernier, un être avare et imbu de lui-même, doit épouser Lise le jour même. Mais le fils prodigue, repenti et réduit à la misère, revient incognito dans sa ville natale. Engagé comme valet par son propre frère, il va tout tenter pour reconquérir Lise et obtenir le pardon de son père, semant le trouble dans les préparatifs du mariage, au grand dam de la baronne de Croupillac, une ancienne prétendante de Fierenfat bien décidée à faire éclater un scandale.
Euphémon père et Rondon, un bourgeois bourru, s'apprêtent à signer chez le notaire la donation de tous les biens d'Euphémon à son fils cadet, Fierenfat, qui doit épouser Lise, la fille de Rondon. Rondon se moque du fils aîné, un libertin disparu, mais Euphémon est accablé par la perte de celui-ci. Lise avoue à son père qu'elle n'aime pas Fierenfat, bien qu'elle soit prête à lui obéir par devoir. Fierenfat arrive, faisant étalage de sa fortune et de son rang, et se montre désagréable avec Marthe, la suivante de Lise. Survient Rondon qui annonce qu'un vieux voyageur a appris à Euphémon que son fils aîné est mourant dans un hôpital de Bordeaux.
"Il est avare, et tout avare est sage : Oh ! C'est un vice excellent en ménage, Un trés bon vice."
"N'ordonnez rien ; l'amour fuit l'esclavage, De mon époux le reste est le partage ; Mais pour mon coeur, il le doit mériter."
Lise confie à Marthe ses angoisses sur le mariage. La Baronne de Croupillac rend visite à Lise et lui annonce qu'elle compte protester contre le mariage, car Fierenfat lui avait auparavant promis le mariage avant de la quitter pour la dot plus importante de Lise. Rondon, furieux, chasse la Baronne. Lise exige de Fierenfat qu'il laisse une part de l'héritage à son frère, mais il refuse, s'appuyant sur le droit. Euphémon père entre, bouleversé : le voyageur a vu son fils aîné mourant. Il demande de reporter le mariage, ce que Lise approuve, au grand dam de Rondon et Fierenfat.
"Un tel hymen, une union si chère, Si l'on en voit, c'est le Ciel sur la Terre ; Mais tristement vendre par un contrat Sa liberté, son nom, et son état... Un tel hymen est l'enfer de ce monde."
"Dans ces moments un père est toujours père."
Euphémon fils, couvert de haillons et accompagné de son valet Jasmin, arrive près de Cognac. Il raconte à Jasmin comment il a été trahi par ses faux amis et abandonné de tous. Jasmin lui apprend qu'ils sont près de chez Rondon. À la vue de la maison, Euphémon fils fond en larmes et avoue à Jasmin qu'il est le fils aîné d'Euphémon et l'ancien amant de Lise. Survient la Baronne de Croupillac, qui le reconnaît et lui demande d'aider à rompre le mariage de Fierenfat. Euphémon père apparaît, voit son fils de loin sans le reconnaître, et engage Jasmin et son « camarade » (son fils) comme domestiques pour son fils cadet. Fierenfat les engage à son tour, sans savoir qui est vraiment le nouveau valet.
"Que la misère entraîne d'infamie ! Faut-il encor qu'un valet m'humilie ? Quelle accablante et terrible leçon !"
"Le Ciel, ce Ciel qui doit nous désunir, Me laisse un coeur, et c'est pour me punir."
Lise et Marthe se promènent. Jasmin attire Marthe, permettant à Euphémon fils d'aborder Lise. Il tombe à ses genoux, se repent de ses fautes et lui déclare son amour inchangé. Touchée par son remords et sa résolution de s'engager comme soldat, Lise lui pardonne et lui avoue qu'elle l'aime toujours. Fierenfat surprend la scène et, ne reconnaissant pas son frère, entre dans une violente colère, menaçant de faire arrêter ce valet insolent. Lise supplie Euphémon fils de se cacher. Rondon, alerté, jure de punir sa fille.
"J'ai reconnu ma détestable erreur, Le vice était étranger dans mon coeur, Ce coeur n'a plus les taches criminelles Dont il couvrit ses clartés naturelles, Mon feu pour vous, ce feu saint et sacré, Y reste seul ; il a tout épuré."
"Mais voyez-moi, c'est tout ce que je veux. LISE : Si je vous vois constant et raisonnable, C'en est assez, je vous vois trop aimable."
Lise et Marthe cachent Euphémon fils. Jasmin fait un rapport comique du tumulte dans la maison. Rondon interroge Lise, qui demande à parler en privé à Euphémon père. Elle lui fait un portrait allégorique du fils prodigue repenti, sans révéler son identité, pour sonder ses sentiments. Alors qu'elle s'apprête à tout avouer, Fierenfat et Rondon entrent avec des exempts, poursuivant Euphémon fils, qui se défend l'épée à la main. En voyant son père, il s'agenouille. Euphémon père, reconnaissant enfin son fils et touché par son repentir, lui pardonne. Lise demande la main d'Euphémon fils, qui renonce à ses biens en faveur de son frère. Euphémon père refuse ce sacrifice et promet de le doter. La Baronne de Croupillac, ravie du dénouement, se tourne vers Fierenfat. La pièce se conclut sur une leçon d'espoir en la jeunesse.
"Non, ce n'est pas votre bien qu'il demande, D'un coeur plus pur il vous porte l'offrande, Il ne veut rien, et s'il est vertueux, Tout ce que j'ai suffira pour nous deux."
"Gardez mes biens, je vous les abandonne ; Vous les aimez... moi, j'aime sa personne ; Chacun de nous aura son vrai bonheur, Vous dans mes biens, moi, Monsieur, dans son coeur."
"Non, il ne faut, et mon coeur le confesse, Désespérer jamais de la jeunesse."
Père de famille âgé, riche bourgeois de Cognac. C'est un homme bon, sensible et profondément attaché à ses enfants, malgré les douleurs que lui a causées son fils aîné. Sa bonté naturelle le rend vulnérable aux manipulations de son cadet, Fierenfat, mais son cœur de père finit par triompher lorsqu'il pardonne à son fils prodigue.
PrincipalFils aîné d'Euphémon. Jeune homme ardent, il a mené une vie de débauche à Paris, dilapidant sa fortune et abandonnant sa fiancée Lise. Réduit à la misère et au repentir, il revient à Cognac. Sous des dehors de libertin repenti, il est sincèrement amoureux de Lise et rongé par le remords. Sa transformation constitue le cœur de l'intrigue.
PrincipalFils cadet d'Euphémon, président de Cognac. Personnage antipathique, il incarne le vice de l'avarice et l'orgueil de sa magistrature. Il est calculateur, froid et imbu de lui-même. Il convoite la dot de Lise et l'héritage de son frère, qu'il est prêt à dépouiller sans remords.
PrincipalBourgeois de Cognac, père de Lise. Homme brusque, colérique et franc, il manie l'ironie et la moquerie. Bien qu'il semble despotique avec sa fille, il est finalement un père aimant, prêt à accepter son bonheur. Son franc-parler et son bon sens paysan apportent une grande part du comique de la pièce.
PrincipalFille de Rondon, jeune fille vertueuse, sensible et intelligente. Promise à Euphémon fils, elle a été profondément blessée par son abandon. Contrainte d'épouser Fierenfat, elle résiste avec dignité et fermeté, défendant ses sentiments. Sa constance dans l'amour et sa clairvoyance morale sont les moteurs de la réconciliation finale.
PrincipalFemme âgée, un peu folle et ridicule, ancienne prétendante de Fierenfat. Elle est vaniteuse, plaideuse et ne supporte pas d'avoir été éconduite. Son intervention, à la fois comique et intéressée, contribue à semer le trouble et à retarder le mariage.
MinorSuivante de Lise, elle est la confidente de sa maîtresse. Espiègle, dévouée et pleine de bon sens, elle n'hésite pas à railler Fierenfat et à organiser les entrevues secrètes entre Lise et Euphémon fils.
MinorValet d'Euphémon fils. Ancien domestique chez Rondon, il est resté fidèle à son maître dans l'adversité. Son langage familier et sa philosophie simple et gaie contrastent avec le désespoir de son maître. Il est le confident et le complice d'Euphémon fils.
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