La pièce retrace les dernières années de la vie de Napoléon François, duc de Reichstadt (surnommé « l'Aiglon »), fils de Napoléon Ier. Prisonnier doré à la cour d'Autriche, il est écartelé entre son héritage paternel, sa dignité d'archiduc autrichien et ses rêves de gloire. Il tente de s'évader pour reconquérir le trône de France, mais ses ailes sont brisées par la maladie, les manœuvres de Metternich et le poids de son propre destin.
À Baden, en 1830. Dans le salon de sa mère Marie-Louise, le jeune duc de Reichstadt, Franz, mène une vie oisive et surveillée. Il reçoit la visite d'une cousine bonapartiste, la comtesse Camerata, déguisée en couturière, qui tente de l'enrôler dans un complot visant à le faire empereur. Mais Franz, se sentant trop jeune et pas assez préparé, refuse. Son précepteur tente de lui cacher l'histoire de son père, mais Franz la connaît par cœur. La nuit venue, la danseuse Fanny Elssler, sa maîtresse, lui enseigne en secret les grandes batailles napoléoniennes.
"Courage, enfant déchu d'une race divine, Tu portes sur ton front ta superbe origine..."
Un an plus tard, à Schoenbrünn. Le duc a grandi. Son ami Prokesch est de retour. Franz a découvert que quelqu'un a repeint en français ses soldats de bois : c'est Flambeau, un ancien grognard de la Garde, caché sous les traits d'un valet. Flambeau et Marmont (le traître) tentent de le convaincre de fuir. Franz est partagé, mais promet à l'archiduchesse (sa tante) de tenter d'abord une démarche auprès de son grand-père, l'empereur François.
"Vois-tu, Prokesch, je ne suis pas un vrai colonel autrichien ; je fais semblant !"
L'empereur François reçoit ses sujets. Franz, déguisé en pâtre tyrolien, lui fait une demande en grâce : le laisser partir pour la France. L'empereur, attendri, accepte. Mais Metternich intervient et pose ses conditions, exigeant le reniement de tout l'héritage napoléonien (drapeau, libertés). Franz refuse avec fierté. Une violente dispute éclate. Metternich, pour briser son orgueil, le force à se regarder dans un miroir, lui montrant qu'il n'a rien de son père mais tout des Habsbourg. Fou de rage, le duc brise la glace.
"Je suis le petit-fils de Votre Majesté."
Lors d'un bal masqué dans les ruines de Schoenbrünn, un complot est ourdi pour faire évader Franz. Sa cousine, la comtesse Camerata, vêtue du même uniforme que lui, doit prendre sa place. Le plan réussit presque, mais une insulte au sujet de Napoléon provoque un duel entre l'attaché français et Tiburce. Un laquais (le Piémontais) révèle à Tiburce le rendez-vous secret du duc avec Thérèse. Franz, avant de fuir, apprend que le rendez-vous est un piège et que la Comtesse, à sa place, est en danger.
"Pas ça ! Je ne veux pas ! Je vous défends !"
Sur la plaine de Wagram, Franz est sur le point de fuir. La Comtesse le rejoint, blessée après avoir tué Tiburce. Ils sont cernés par la police. Flambeau, pour ne pas être livré à la France, se poignarde. Le duc, resté seul avec le mourant, est pris de fièvre. Pour adoucir ses derniers instants, Franz lui fait revivre la bataille de Wagram. Flambeau meurt en croyant revivre la victoire. Halluciné, le duc entend les plaintes des morts de la Grande Armée, puis leurs acclamations. Le régiment autrichien de Franz arrive ; il reprend ses esprits et, brisé, commande l'exercice.
"Prends-moi ! prends-moi, Wagram ! et, rançon de jadis, Fils qui s'offre en échange, hélas, de tant de fils..."
Dans sa chambre à Schoenbrünn. Franz est mourant. L'archiduchesse lui fait administrer l'extrême-onction en cachette, mais la famille impériale, rassemblée, est découverte. Franz pardonne à tous. Il se fait lire le récit de son propre baptême, le « sacre » du Roi de Rome, tandis qu'il berce son berceau de vermeil. Il meurt en murmurant les noms de « Maman » et « Napoléon ».
"J'étais plus grand dans ce berceau que dans ce lit !"
Fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise. Jeune homme de vingt ans, pâle, romantique, écartelé entre son héritage français et sa position de prince autrichien. Il est l'Aiglon.
PrincipalAncien sergent-grenadier de la Garde impériale, devenu valet. Fidèle, courageux, gouailleur et plein de bon sens, il se sacrifie pour la cause du prince.
PrincipalChancelier d'Autriche. Fin, cynique, manipulateur. Il voit dans le duc un pion politique qu'il doit contrôler pour maintenir l'équilibre européen.
PrincipalGrand-père du duc. Vieil homme bon, simple, mais faible et soumis aux décisions de Metternich. Il aime sincèrement son petit-fils.
PrincipalDuc de Raguse, ancien maréchal d'Empire qui a trahi Napoléon en 1814. Rongé par le remords, il cherche à se racheter en servant le fils.
MinorEn réalité, un agent bonapartiste. Il apporte au duc des vêtements et des nouvelles du complot.
MinorSecrétaire et ami de Metternich. Vieil homme cynique, frivole et corrompu, mais lucide. Il est secrètement amoureux de Fanny Elssler.
MinorJeune officier, représentant de la France de Louis-Philippe à Vienne. Il défend l'honneur de Napoléon contre les insultes.
MinorAmi dévoué et confident du duc. Il l'encourage dans ses espoirs.
MinorFrère de Thérèse, royaliste arrogant et violent. Il insulte la mémoire de Napoléon et veut tuer le duc.
MinorPrécepteur du duc. Il surveille Franz et lui enseigne une version édulcorée de l'histoire.
MinorProfesseur d'histoire du duc, chargé de lui cacher la vérité sur son père.
MinorChambellan et amant en titre de Marie-Louise. Royaliste, il jalouse la gloire de Napoléon.
MinorOfficier au service du duc.
MinorMédecin des eaux à Baden. Il apporte des collections de papillons.
MinorDirecteur de la police autrichienne, chargé de la surveillance du duc.
MinorOfficier hongrois au service de la cour.
MinorAmbassadeur d'Angleterre.
MinorPianiste virtuose, invité de la cour.
MinorMembre de la haute noblesse.
MinorChanteur invité de la cour.
MinorIl crie 'Vive Napoléon !' par admiration pour le duc.
MinorOfficier de la maison militaire du duc.
MinorManchot, ancien soldat qui a été soigné par le docteur Yvan après Wagram. Il aide les conspirateurs.
MinorFils de Fouché. Bonapartiste, conspirateur.
MinorAgent du roi Joseph, conspirateur.
MinorAgent de la comtesse Camerata, conspirateur.
MinorAgent chargé des guides et relais pour l'évasion.
MinorCelui qui a confectionné l'uniforme pour la comtesse Camerata.
MinorLe Piémontais, agent de police.
MinorAu service de la police de Sedlinsky.
MinorSuppliant reçu par l'empereur.
MinorChanteur, suppliant reçu par l'empereur.
MinorSuppliant reçu par l'empereur.
MinorIl administre l'extrême-onction au duc.
MinorMère du duc de Reichstadt. Égocentrique, frivole et indigne de son rang. Elle a pour amant le comte de Bombelles et semble avoir oublié Napoléon.
PrincipalCousine de Napoléon, fille d'Élisa Bonaparte. Courageuse, exaltée, elle est l'âme du complot bonapartiste.
PrincipalSœur de Tiburce. Jeune fille douce et sensible, d'origine française. Lectrice de Marie-Louise, elle est secrètement amoureuse du duc.
PrincipalTante de Franz. Douce, aimante et protectrice, elle est sa seule alliée sincère dans la famille impériale.
PrincipalDanseuse célèbre, maîtresse du duc. Elle l'aide à apprendre l'histoire napoléonienne et participe au complot.
PrincipalScarampi, dame d'honneur de Marie-Louise.
MinorConspiratrice, meneuse des dominos mauves.
MinorInvitées au bal et à la fête.
MinorÉpouse de l'ambassadeur d'Angleterre.
MinorCompagnes de la duchesse.
MinorSuppliante reçue par l'empereur.
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