À Antioche, Placide, fils du gouverneur Valens, aime Théodore, une princesse chrétienne. Il rejette avec mépris Flavie, la fille de sa marâtre Marcelle, qui l'a pourtant comblé d'honneurs. Pour se venger de cet affront, Marcelle découvre que Théodore est chrétienne et exige sa mort. Valens, craignant Marcelle mais voulant ménager son fils, imagine un châtiment pire que la mort pour une vierge : la prostitution. Placide propose à Théodore de l'épouser et de fuir en Égypte, mais elle refuse, car elle est déjà l'épouse du Christ. Didyme, un chrétien épris d'elle, parvient à la sauver en échangeant leurs vêtements dans le lieu de débauche, se sacrifiant à sa place. Placide, d'abord jaloux, reconnaît son héroïsme. Mais Marcelle, folle de rage après la mort de sa fille Flavie de désespoir, décide d'exécuter elle-même sa vengeance en tuant Théodore et Didyme sous les yeux de Placide, avant de se donner la mort. Placide, accablé de douleur, se suicide à son tour.
Placide confie à Cléobule son amour pour Théodore et son mépris pour Flavie, la fille de sa marâtre Marcelle. Il rejette les honneurs obtenus grâce à elle, les considérant comme une infamie. Marcelle, furieuse du refus de Placide d'épouser sa fille, le confronte et le menace ouvertement. Après une altercation violente, elle jure la perte de Théodore. Elle révèle à son époux Valens que Théodore est chrétienne pour le forcer à agir, l'accusant de complicité avec son fils. Valens, bien que réticent, promet de la punir, mais à sa manière.
"Je hais qui m'idolâtre, et j'aime qui me fuit, Et je poursuis en vain, ainsi qu'on me poursuit."
"Qu'aujourd'hui mon courroux, armé contre son crime, Au pied de leurs autels en fera ma victime."
Marcelle confronte Théodore. Cette dernière avoue fièrement sa foi chrétienne, refusant tout accommodement. Valens, présent, l'arrête mais, usant de ruse, préfère un châtiment ignominieux à la mort pour la forcer à abjurer. Il ordonne secrètement à Paulin de préparer le terrain pour que Placide puisse intervenir et la convaincre d'accepter son aide, espérant ainsi un mariage salutaire.
"Oui, je la suis, Madame, et le tiens à plus d'heur Qu'une autre ne tiendrait toute votre grandeur."
"Non, je la veux punir, mais par l'ignominie ; Et pour forcer Placide à vous porter ses voeux, Rendre cette chrétienne indigne de ses feux."
En prison, Paulin signifie à Théodore sa condamnation à la prostitution publique. Théodore, horrifiée, reste inflexible et place son honneur entre les mains de Dieu. Placide la rejoint et lui propose de l'épouser et de fuir en Égypte, mais elle refuse, se disant déjà l'épouse du Christ. Elle lui demande plutôt de la tuer pour préserver son honneur. Marcelle interrompt leur entretien, feignant d'avoir été convaincue par les supplications de Placide. Elle lui promet d'intercéder auprès de Valens, mais à la condition qu'il aille faire une visite apaisante à Flavie. En réalité, c'est une ruse pour l'éloigner.
"Chrétienne, et sous les lois d'un plus puissant époux... C'est le Dieu des chrétiens, c'est le maître des rois, C'est lui qui tient ma foi, c'est lui dont j'ai fait choix."
"Oui, puisque Théodore enfin me rend capable De vous rendre une fois un office agréable... Je vais pour l'un et l'autre employer ma puissance."
Placide, inquiet de ne pas voir revenir Marcelle, comprend qu'il a été trompé. Il apprend par Paulin le sort horrible réservé à Théodore. Paulin raconte alors comment Didyme, par un subterfuge, a sauvé Théodore en prenant sa place et en lui donnant ses vêtements pour qu'elle fuie. Placide, fou de jalousie, croit d'abord à une trahison. Mais Didyme, ramené par Cléobule, lui explique son acte pur, dicté par la foi et non par l'amour. Placide, reconnaissant et admiratif, renonce à sa jalousie et promet de le sauver.
"Une plus sainte ardeur règne au coeur de Didyme : Il vient de votre honneur se faire la victime."
"Tu vivras. Toutefois défendrai-je ta tête. Alors que Théodore est ta juste conquête... N'importe : si ta flamme en est mieux écoutée, Je dirai seulement que tu l'as méritée."
Alors que Cléobule tente de convaincre Didyme de fuir avec Placide et Théodore, ce dernier refuse, préférant le martyre. Théodore, revenue pour se dénoncer et réclamer sa place, se heurte à la même détermination. Marcelle, dont la fille Flavie est morte de chagrin, les surprend. Folle de rage et de douleur, elle les poignarde elle-même sous les yeux de Placide, arrivé trop tard, avant de retourner l'arme contre elle. Placide, accablé par ce spectacle, se suicide avec le même poignard. Valens, témoin impuissant de ce carnage, ordonne que l'on emmène son fils mourant.
"Rends, Didyme, rends-moi le seul bien où j'aspire : C'est le droit de mourir, c'est l'honneur du martyre."
"Je meurs, mais j'ai de quoi rendre grâces aux dieux, Puisque je meurs vengée, et vengée à tes yeux."
"Et je me suis puni de peur de te punir. Je te punis pourtant : c'est ton sang que je verse."
Princesse d'Antioche, chrétienne. Elle est l'objet de l'amour de Placide et de Didyme. D'une vertu et d'une foi inébranlables, elle préfère la mort ou le martyre à la compromission. Son refus de l'amour de Placide n'est pas de l'orgueil, mais la conséquence de son mariage spirituel avec Dieu.
PrincipalFils de Valens, amoureux de Théodore. Jeune homme fougueux et orgueilleux, il méprise les avances de Flavie et les bienfaits de sa marâtre. Son amour pour Théodore est sincère et absolu, mais il est prêt à tout pour la sauver, y compris à renier ses propres principes.
PrincipalFemme de Valens, mère de Flavie. Femme orgueilleuse, autoritaire et vindicative, elle ne supporte pas que Placide repousse sa fille. Sa haine pour Placide et Théodore est le moteur de l'intrigue. Prête à tout pour se venger, elle utilise sa position et la religion comme armes.
PrincipalAmoureux de Théodore, chrétien. Il est l'incarnation du parfait amour chrétien, désintéressé et sacrificiel. Il sauve Théodore sans rien attendre en retour, au péril de sa vie, guidé par sa foi et non par l'espoir d'une récompense amoureuse.
PrincipalGouverneur d'Antioche, père de Placide. Homme de pouvoir, il est tiraillé entre son amour pour son fils, la crainte de sa femme Marcelle et son devoir politique envers l'empereur. Sa faiblesse et ses calculs politiques l'empêchent d'agir directement et mènent au désastre.
PrincipalAmi de Placide et parent de Théodore. Confident loyal, il tente de conseiller Placide et d'agir comme médiateur. Il est le témoin privilégié des événements et agit souvent comme un messager.
MinorConfident de Valens. Il exécute les ordres de son maître tout en lui prodiguant des conseils de prudence. Il est souvent le porteur de mauvaises nouvelles et observe les intrigues avec lucidité.
MinorCapitaine d'une cohorte romaine. Il est le bras armé du pouvoir, exécutant les ordres de Marcelle et de Valens sans états d'âme, participant à la garde de Théodore.
MinorConfidente de Marcelle. Elle est complice des intrigues de sa maîtresse et l'informe des agissements de Placide et Théodore. À la fin, c'est elle qui rapporte l'horrible dénouement.
MinorFille de Marcelle. Personnage muet et absent de la scène, sa maladie et sa mort du désespoir d'être rejetée par Placide sont le prétexte à la vengeance de sa mère.
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