À Mélitène, capitale de l'Arménie, Polyeucte, un noble arménien gendre du gouverneur romain Félix, s'apprête à embrasser secrètement la foi chrétienne, malgré les persécutions de l'empereur Décie. Son ami Néarque le presse de se faire baptiser sans tarder. Mais Pauline, son épouse, est tourmentée par un songe funeste où elle a vu son ancien amant, Sévère, revenant d'entre les morts pour se venger, et Polyeucte tué par son propre père. Ce songe semble se réaliser lorsque Sévère, que l'on croyait mort au combat, réapparaît à la cour de Félix, couvert de gloire et de faveurs. La situation se tend : Polyeucte, fraîchement baptisé, provoque les autorités en brisant les idoles païennes dans le temple. Arrêté, il refuse d'abjurer sa foi, résistant aux larmes de Pauline et aux menaces de Félix. Son martyre entraîne une cascade de conversions, bouleversant le destin de tous les personnages.
Polyeucte veut retarder son baptême pour calmer les craintes de sa femme Pauline, troublée par un songe. Néarque le met en garde contre ce délai qui pourrait affaiblir sa foi. Félix apprend avec effroi le retour inespéré de Sévère, l'ancien amant de Pauline et nouveau favori de l'empereur, qu'il craint comme un rival jaloux. Il ordonne à sa fille de revoir Sévère pour apaiser son éventuel ressentiment, malgré les craintes de Pauline qui redoute de succomber à son ancien amour.
"Quoi ? Vous vous arrêtez aux songes d'une femme ! De si faibles sujets troublent cette grande âme !"
Sévère, venu officiellement pour un sacrifice, apprend par Fabian que Pauline est mariée. Désespéré, il accepte de la voir. Lors de leur entrevue, tous deux font preuve d'une grande vertu : Pauline lui avoue son amour passé mais affirme son devoir présent envers Polyeucte, tandis que Sévère, en vaincu généreux, promet de s'éloigner. Polyeucte, ignorant la force de ce lien, se montre confiant. Au temple, pour accomplir sa nouvelle foi, il profane les autels païens avec Néarque, défiant ouvertement Félix.
"Je vous l'ai trop fait voir, seigneur ; et si mon âme Pouvait bien étouffer les restes de sa flamme, Dieux, que j'éviterais de rigoureux tourments !"
Stratonice annonce à Pauline la nouvelle du sacrilège : Polyeucte et Néarque ont brisé les idoles. Félix, bien que contraint par sa charge, espère encore que la vue du supplice de Néarque fera plier son gendre. Albin annonce que Néarque est exécuté, mais que Polyeucte reste inflexible. Félix, tiraillé entre son affection, son devoir et la peur de Sévère, envisage lâchement que la mort de Polyeucte pourrait lui permettre de marier Pauline à Sévère.
"De pensers sur pensers mon âme est agitée, De soucis sur soucis elle est inquiétée ; Je sens l'amour, la haine, et la crainte, et l'espoir."
Polyeucte, en prison, triomphe intérieurement des attaches terrestres. Il fait venir Sévère. À Pauline venue le supplier, il oppose la promesse d'un bonheur éternel. Il tente même de la convertir, en vain. Devant Sévère, Polyeucte, dans un geste suprême, lui « lègue » Pauline, l'estimant plus digne de lui. Sévère, bouleversé par tant de générosité et de conviction, promet à Pauline d'intercéder en faveur de son rival.
"Je vous ai fait, seigneur, une incivilité, Que vous pardonnerez à ma captivité. Possesseur d'un trésor dont je n'étais pas digne, Souffrez avant ma mort que je vous le résigne."
Félix, refusant de croire à la sincérité de Sévère, fait comparaître Polyeucte une dernière fois. Feignant une conversion, il tente de gagner du temps, mais Polyeucte démasque sa ruse. Condamné à mort, Polyeucte est exécuté. Pauline, couverte de son sang, se convertit à son tour et défie son père. Félix, terrassé par la perte de son gendre et la foi de sa fille, et témoin de la clémence de Sévère, se convertit également, reconnaissant la puissance du Dieu des chrétiens.
"Mon époux en mourant m'a laissé ses lumières ; Son sang, dont tes bourreaux viennent de me couvrir, M'a dessillé les yeux, et me les vient d'ouvrir."
Seigneur arménien, gendre de Félix. Noble et courageux, il est animé d'une foi profonde et sincère après sa conversion au christianisme. Sa soif de martyr et son mépris pour les attaches terrestres le conduisent à un héroïsme qui transcende les considérations humaines, y compris son amour pour Pauline.
PrincipalFille de Félix et épouse de Polyeucte. Femme vertueuse et d'une grande force de caractère, elle est déchirée entre son amour passé pour Sévère et son devoir présent envers Polyeucte. Son amour conjugal et sa loyauté familiale sont mis à l'épreuve par la crise religieuse, jusqu'à sa propre conversion finale.
PrincipalChevalier romain, favori de l'empereur Décie. Amant éconduit de Pauline, il est un modèle d'honneur et de générosité. Bien que païen, il fait preuve d'une grandeur d'âme qui lui fait admirer la constance de Polyeucte et protéger les chrétiens malgré la politique impériale.
PrincipalSénateur romain, gouverneur d'Arménie. Père de Pauline et beau-père de Polyeucte. Personnage faible et opportuniste, il est constamment tiraillé entre son affection naturelle, son devoir politique et la peur de perdre ses privilèges. Sa conversion finale est plus le fruit des événements que d'une conviction profonde.
PrincipalSeigneur arménien, ami de Polyeucte. Chrétien fervent, il est celui qui encourage et guide Polyeucte vers le baptême et le martyre. Il est le premier à subir le supplice, donnant l'exemple à son ami.
SecondaryConfidente de Pauline. Elle est la première à qui Pauline confie son songe et ses tourments, et elle joue le rôle de messagère des événements extérieurs.
SecondaryConfident de Félix. Il est le témoin des doutes et des calculs de Félix, et tente parfois de le conseiller ou de l'avertir des conséquences de ses actes.
SecondaryDomestique de Sévère. Il accompagne son maître et l'informe du mariage de Pauline, tentant de le dissuader de la revoir.
MinorDomestique de Félix. Il apparaît pour transmettre des messages et garder Polyeucte.
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