Nicomède, fils aîné du roi Prusias de Bithynie, revient auprès de son père après de brillantes conquêtes. Son courage et sa popularité menacent les projets de sa belle-mère, la reine Arsinoé, qui veut placer son propre fils, Attale, élevé à Rome, sur le trône. Appuyée par l'ambassadeur romain Flaminius, elle manœuvre pour écarter Nicomède et lui ravir Laodice, reine d'Arménie dont il est aimé. Confronté à la machination, Nicomède oppose une fierté inébranlable, refusant de céder à la politique romaine et aux intrigues de cour, jusqu'à ce que la révolte populaire et l'intervention inattendue d'Attale rétablissent la justice.
Nicomède, de retour sans ordre, retrouve Laodice. Tous deux s'alarment des manœuvres d'Arsinoé et de la présence de Flaminius, l'ambassadeur romain. Attale, le fils d'Arsinoé, élevé à Rome, fait la cour à Laodice mais se heurte au mépris de la reine et à l'ironie cinglante de Nicomède, qui ne se dévoile pas tout de suite. Arsinoé feint la surprise et la peur en voyant Nicomède, mais complote en secret avec Cléone pour sa perte.
"Je le sais, ma princesse, et qu'il vous fait la cour ; Je sais que les Romains, qui l'avaient en otage, L'ont enfin renvoyé pour un plus digne ouvrage ; Que ce don à sa mère était le prix fatal Dont leur Flaminius marchandait Annibal."
Prusias confie à Araspe ses craintes et sa jalousie envers son fils, trop glorieux à son goût. Il reçoit Nicomède avec froideur, lui reprochant son retour. Flaminius, en ambassade, demande que l'on donne un royaume à Attale. Nicomède, chargé par son père de répondre, le fait avec une insolence provocante envers Rome, offrant à Attale de conquérir lui-même un royaume. Flaminius révèle alors le but réel de Rome : marier Attale à Laodice pour briser l'union des royaumes. Nicomède menace quiconque toucherait à la reine.
"Traitez cette princesse en reine comme elle est : Ne touchez point en elle aux droits du diadème, Ou pour les maintenir je périrai moi-même."
Prusias tente de menacer Laodice, qui refuse obstinément de recevoir Flaminius comme ambassadeur, affirmant sa dignité de reine. Flaminius essaie de la raisonner, mais Laodice lui oppose sa confiance en Nicomède et le mépris des rois vassaux de Rome. Nicomède chasse Flaminius. Il apprend à Laodice qu'il a dénoncé les assassins envoyés par Arsinoé. Arsinoé, en apparence confiante, annonce à Nicomède que ses accusateurs se sont rétractés et l'ont accusé de subornation. Elle savoure son triomphe auprès d'Attale, qui montre une certaine retenue.
"Nous triomphons, Attale ; et ce grand Nicomède Voit quelle digne issue à ses fourbes succède. Les deux accusateurs que lui-même a produits [...] N'ont su bien soutenir un si noir stratagème."
Arsinoé feint la clémence devant Prusias, plaidant la cause de son accusateur, Nicomède, mais l'accablant ainsi davantage. Nicomède, avec hauteur, réplique en réclamant la mort des faux témoins, dénonçant l'intrigue. Arsinoé, par un discours pathétique, offre de s'exiler pour apaiser les tensions, ce qui émeut Prusias. Ce dernier somme Nicomède de choisir entre Laodice et les couronnes. Nicomède refuse ce marché. Furieux, Prusias le condamne à être livré à Rome comme otage à la place d'Attale, qu'il fait roi de Pont. Flaminius accepte. Resté seul, Attale commence à douter des Romains.
"Seigneur, voulez-vous bien vous en fier à moi ? Ne soyez l'un ni l'autre. — Et que dois-je être ? — Roi. Reprenez hautement ce noble caractère. Un véritable roi n'est ni mari ni père."
Arsinoé tente de convaincre Attale de renoncer à Laodice, invoquant la raison d'État romaine. Le peuple, révolté, réclame Nicomède et met à mort Métrobate et Zénon. La cour est prise de panique. Flaminius propose d'évacuer Nicomède par une porte secrète jusqu'à sa galère. Arsinoé approuve le stratagème. Laodice, apprenant l'enlèvement, menace Arsinoé. Attale annonce que Nicomède s'est échappé, libéré par des soldats. Prusias et Flaminius, ayant fui, reviennent. Nicomède apparaît, annonçant le calme rétabli. Il pardonne à tous et propose de conquérir un royaume pour Attale. Attale se révèle alors être le libérateur masqué de son frère, réconciliant toute la famille.
"Ah ! Laissez-moi toujours à cette digne marque Reconnaître en mon sang un vrai sang de monarque. Ce n'est plus des Romains l'esclave ambitieux, C'est le libérateur d'un sang si précieux."
Roi de Bithynie, vieux roi faible et influençable, partagé entre son amour pour sa seconde femme Arsinoé, la crainte de Rome et une jalousie inconsciente envers la gloire de son fils aîné Nicomède.
PrincipalSeconde femme de Prusias, reine ambitieuse et manipulatrice. Elle œuvre sans relâche pour écarter Nicomède et assurer le trône à son propre fils, Attale, usant de la ruse et de l'alliance avec Rome.
PrincipalFils aîné de Prusias (premier lit), prince fier et valeureux, disciple d'Annibal. Sa grandeur d'âme et sa popularité le rendent suspect aux yeux de sa marâtre et des Romains, qu'il brave ouvertement.
PrincipalReine d'Arménie, princesse fière et indépendante. Fiancée à Nicomède, elle refuse avec hauteur les avances d'Attale et les pressions de Rome, revendiquant sa souveraineté.
PrincipalFils de Prusias et d'Arsinoé, élevé à Rome. D'abord instrument de sa mère et des Romains, il est amoureux de Laodice. Son éducation romaine cède finalement devant la loyauté du sang et l'admiration pour son frère.
PrincipalAmbassadeur de Rome, agent de la politique romaine impérialiste. Il cherche à affaiblir Nicomède en favorisant Attale, et à empêcher l'union de la Bithynie et de l'Arménie.
PrincipalCapitaine des gardes de Prusias, confident du roi. Il est chargé de garder Nicomède mais est tué par les soldats venus le libérer.
MinorConfidente d'Arsinoé, réceptacle de ses confidences et de ses plans machiavéliques.
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