À Rome, alors que la guerre menace d'opposer la ville à sa mère patrie, Albe, les liens familiaux se trouvent au cœur du conflit. Sabine, épouse du Romain Horace, est la sœur du chef ennemi, Curiace, tandis que Camille, sœur d'Horace, est la fiancée de Curiace. Pour éviter un bain de sang, les deux cités décident que le sort de la guerre se jouera par un combat de trois champions choisis de chaque côté. Les trois Horaces sont choisis pour Rome, les trois Curiaces pour Albe. Le devoir patriotique force les deux familles, unies par l'hymen, à s'affronter dans un combat fratricide dont l'issue sera aussi glorieuse que tragique.
Sabine confie à Julie son déchirement entre son époux romain, Horace, et ses frères albains, les Curiaces. Julie lui oppose l'attitude de Camille, dont la joie semble suspecte. Camille explique à Julie qu'elle a consulté un oracle qui lui a prédit la paix et son union avec Curiace. Mais depuis, des songes funestes l'ont troublée. Curiace arrive et annonce une trêve inespérée : pour éviter une guerre générale, trois champions de chaque camp décideront de l'issue du conflit.
"Je suis romaine, hélas ! puisque mon époux l'est, L'hymen me fait de Rome embrasser l'intérêt, Mais il tiendrait mon âme en esclave enchaînée S'il m'était le penser des lieux où je suis née."
"J'ai vu du sang, des morts, et n'ai rien vu de suite, Un spectre en paraissant prenait soudain la fuite, Ils s'effaçaient l'un l'autre, et chaque illusion Redoublait mon effroi par sa confusion."
Curiace apprend qu'Horace et ses deux frères sont les champions de Rome. Flavian lui annonce que lui-même et ses deux frères sont ceux d'Albe. Les deux amis et beaux-frères mesurent l'horreur de leur situation. Horace, d'une vertu inflexible, accepte ce devoir patriotique avec joie, tandis que Curiace, bien que résolu, exprime son désespoir humain. Camille et Sabine tentent vainement de les fléchir par leurs larmes et leurs supplications. Le vieil Horace intervient, mettant fin aux adieux et rappelant les deux hommes à leur devoir.
"Je vois que votre honneur demande tout mon sang, Que tout le mien consiste à vous percer le flanc, Près d'épouser la sœur qu'il faut tuer le frère, Et que pour mon pays j'ai le sort si contraire."
"Albe vous a nommé, je ne vous connais plus."
Seule, Sabine tente de se raisonner, mais ses bonnes résolutions s'évanouissent. Julie arrive et annonce que le combat, jugé trop barbare, a été interrompu par les deux armées. Le roi Tulle ordonne un sacrifice pour connaître la volonté des dieux. Le vieil Horace apprend la nouvelle à ses filles, leur enjoignant la fermeté. Julie revient, porteuse d'une funeste nouvelle : les deux frères d'Horace sont morts, et Horace lui-même a pris la fuite. Le vieil Horace, fou de honte, jure de punir lui-même son fils pour sa lâcheté.
"Rome est sujette d'Albe, et pour l'en garantir Il n'a pas employé jusqu'au dernier soupir ! Non, non, cela n'est point, on vous trompe, Julie, Rome n'est point sujette, ou mon fils est sans vie, Je connais mieux mon sang, il sait mieux son devoir."
Valère vient annoncer la vérité : la fuite d'Horace était une ruse. Il a divisé ses adversaires et les a vaincus l'un après l'autre, sauvant Rome. Le vieil Horace, transporté de joie, demande à Valère de lui amener son fils. Camille, accablée par la mort de Curiace, voit arriver Horace triomphant. Il lui présente les dépouilles de son amant. Camille éclate en imprécations contre Rome et contre son frère. Hors de lui, Horace la poursuit et la tue. Sabine survient et, désespérée, supplie son époux de la tuer aussi, ce qu'il refuse.
"Rome, l'unique objet de mon ressentiment ! Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant ! Rome qui t'a vu naître, et que ton coeur adore ! Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !"
"Va dedans les enfers joindre ton Curiace."
Le vieil Horace, bien qu'admirant le patriotisme de son fils, déplore qu'il ait souillé sa victoire par ce meurtre. Tulle arrive et, après avoir entendu Valère qui accuse Horace et réclame sa tête pour ce crime, laisse la parole à l'accusé. Horace ne se défend pas, prêt à mourir pour préserver sa gloire. Sabine implore de mourir à sa place. Le vieil Horace plaide la cause de son fils, arguant que son crime est l'excès d'une vertu romaine. Tulle, en roi juste, décide : Horace est gracié pour son service inestimable envers Rome, mais il devra se réconcilier avec Valère.
"Vis donc, Horace, vis, guerrier trop magnanime : Ta vertu met ta gloire au-dessus de ton crime."
Jeune chevalier romain, fils du vieil Horace. Il incarne la vertu patriotique romaine dans ce qu'elle a de plus absolu et d'inflexible. Son amour pour la patrie l'emporte sur tous les autres sentiments, y compris la piété fraternelle.
PrincipalGentilhomme d'Albe, amant de Camille et frère de Sabine. Aussi vaillant et patriote qu'Horace, il est cependant plus humain et ressent avec horreur le dilemme qui le force à combattre celui qu'il aime.
PrincipalFemme d'Horace et sœur de Curiace. Elle est la figure centrale du déchirement entre deux familles et deux patries, incarnant la douleur et l'impuissance face à un conflit qui la dépasse.
PrincipalAmante de Curiace et sœur d'Horace. Comme Sabine, elle est déchirée, mais son désespoir la mène à la révolte ouverte contre son frère et Rome, ce qui lui coûtera la vie.
PrincipalPère d'Horace et de Camille. Patriarche romain, il place l'honneur et le devoir civique au-dessus de tout, y compris de ses sentiments paternels. Il est prêt à punir lui-même son fils pour une lâcheté, mais le défend avec acharnement quand il s'agit d'un excès de vertu.
PrincipalRoi de Rome. Souverain juste et politique, il incarne l'autorité suprême qui doit trancher les conflits et dont le jugement final réaffirme l'ordre de l'État.
PrincipalChevalier romain, amoureux de Camille et donc rival de Curiace. Son amour pour Camille le pousse à accuser Horace après le meurtre, jouant ainsi le rôle de l'accusateur dans le procès final.
MinorDame romaine, confidente de Sabine et de Camille. Elle sert de messagère et de lien entre les personnages, rapportant les nouvelles de la ville et du champ de bataille.
MinorSoldat de l'armée d'Albe. Il apporte à Curiace la nouvelle de sa désignation comme champion d'Albe.
MinorSoldat de l'armée de Rome. Il est présent lors du meurtre de Camille et témoigne de la scène.
Minor