Émilie, fille du proscrit Toranius, voue une haine implacable à l'empereur Auguste, meurtrier de son père. Pour assouvir sa vengeance, elle exige de son amant, Cinna, qu'il tue l'empereur. Cinna, bien qu'honoré et comblé de bienfaits par Auguste, accepte par amour et prend la tête d'une conjuration avec Maxime. Auguste, las du pouvoir et tourmenté, consulte ses deux favoris sur l'opportunité d'abdiquer. Cinna, pour servir sa vengeance, le convainc de conserver l'empire. La conjuration est découverte par Maxime, jaloux et manipulé par son affranchi Euphorbe, qui trahit le complot. Auguste, confronté à l'ingratitude de ses amis les plus chers, lutte entre sa soif de vengeance et les conseils de clémence de Livie. Face à Cinna et Émilie, qui revendiquent tous deux la responsabilité du complot, Auguste, par un acte de clémence souveraine, leur pardonne et les comble de nouveaux bienfaits, scellant ainsi sa victoire sur lui-même et sur ses ennemis.
Émilie, dans un monologue passionné, exprime son ardent désir de vengeance contre Auguste, l'assassin de son père. Elle est tiraillée entre sa haine pour l'empereur et son amour pour Cinna, qui doit être l'instrument de cette vengeance. Avec sa confidente Fulvie, elle justifie son intransigeance : les bienfaits d'Auguste ne sont pour elle que de nouvelles offenses, car ils ne lui rendront jamais son père. Cinna la rassure sur la détermination des conjurés, qu'il a enflammés par un récit des horreurs des guerres civiles et des proscriptions. Le plan est fixé : le lendemain, au Capitole, Cinna frappera Auguste. L'arrivée soudaine d'Évandre, annonçant qu'Auguste mande Cinna et Maxime, sème la panique chez Émilie, qui craint que tout soit découvert. Cinna, plus confiant, la raffermit et ils se séparent sur une promesse de mourir ensemble s'il le faut.
"Cesse de courir à ce mortel danger ; / Te perdre en me vengeant, ce n'est pas me venger."
"Le bon et le mauvais sont égaux pour ta gloire ; / Et, dans un tel dessein, le manque de bonheur / Met en péril ta vie, et non pas ton honneur."
Auguste, dans un monologue célèbre, confie à Cinna et Maxime son profond malaise. Le pouvoir suprême, acquis dans le sang, ne lui apporte que soucis et alarmes. Il les consulte pour savoir s'il doit abdiquer en faveur de la république. Cinna, pour servir son propre dessein, le presse de garder l'empire, arguant que sa conquête est juste et que l'abdication serait une marque de faiblesse. Maxime, plus sincère, l'invite à suivre l'exemple de Sylla et à quitter le pouvoir pour sa tranquillité et sa gloire. Auguste, après les avoir entendus, se range à l'avis de Cinna et décide de conserver l'empire. Pour les récompenser de leur fidélité apparente, il nomme Maxime gouverneur de Sicile et promet à Cinna la main d'Émilie. Après le départ d'Auguste, Cinna et Maxime s'affrontent sur leur conception de la liberté et de la vengeance, révélant les premières fissures dans leur alliance.
"J'ai souhaité l'empire, et j'y suis parvenu ; / Mais, en le souhaitant, je ne l'ai pas connu : / Dans sa possession, j'ai trouvé pour tous charmes / D'effroyables soucis, d'éternelles alarmes."
"La recevoir de lui me serait une gêne ; / Mais quand j'aurai vengé Rome des maux soufferts, / Je saurai le braver jusque dans les enfers."
Maxime confie à son affranchi Euphorbe son amour secret pour Émilie et son désespoir de servir son rival. Euphorbe l'incite à trahir Cinna auprès d'Auguste pour sauver sa vie et obtenir Émilie. Maxime, en proie à des scrupules, hésite à trahir son ami et la conjuration. Cinna, de son côté, est rongé par les remords. La bonté d'Auguste, ses bienfaits et sa confiance le torturent, et il confie son trouble à Maxime. Maxime l'exhorte à se souvenir de son devoir envers Rome, mais Cinna, attendant Émilie, reste plongé dans sa mélancolie. Lorsqu'Émilie arrive, Cinna tente de la fléchir, lui parlant de sa pitié pour Auguste et de son tourment. Émilie, inflexible, l'accuse de trahison et de faiblesse. Après un violent dialogue sur l'honneur, la liberté et la tyrannie, Cinna, acculé par les reproches d'Émilie, promet d'aller jusqu'au bout, mais annonce qu'il se donnera la mort après le meurtre.
"Ah ! Plutôt... Mais, hélas ! J'idolâtre Émilie ; / Un serment exécrable à sa haine me lie."
"Je me fais des vertus dignes d'une Romaine."
Euphorbe révèle à Auguste l'intégralité du complot. Auguste, accablé par la trahison de ses deux favoris, apprend que Maxime, pris de remords (selon Euphorbe), s'est jeté dans le Tibre. Resté seul, Auguste est en proie à une violente tempête intérieure. Il oscille entre la tentation d'une vengeance impitoyable et le désespoir de se donner la mort. Livie intervient et lui conseille la clémence, lui rappelant que la sévérité a échoué par le passé. Auguste, dans un premier temps, refuse et parle d'abdiquer. Parallèlement, Émilie, étrangement calme, apprend l'arrestation d'Évandre et celle d'Euphorbe. Maxime, qui a simulé sa mort, vient la trouver et lui propose de fuir avec lui, se découvrant comme un autre amant. Émilie, avec mépris, devine sa trahison et refuse de le suivre, préférant mourir avec gloire. Resté seul, Maxime, rongé par le remords, maudit Euphorbe et décide de se sacrifier pour expier sa faute.
"Ciel, à qui voulez-vous désormais que je fie / Les secrets de mon âme et le soin de ma vie ?"
"Tu m'oses aimer, et tu n'oses mourir !"
Auguste confronte Cinna en tête-à-tête. Il lui dresse la liste interminable de ses bienfaits et lui révèle qu'il connaît son projet dans ses moindres détails. Il lui demande le motif de sa trahison. Cinna, après un instant de stupeur, se redresse avec fierté et revendique son acte au nom de son sang et de la liberté de Rome. Livie survient avec Émilie, qu'elle dénonce comme complice. Émilie revendique hautement sa part de responsabilité, étant la cause et le salaire du complot. Cinna tente alors de la protéger en se déclarant seul auteur, mais Émilie refuse cet honneur. Alors qu'Auguste semble sur le point de les condamner à mort, Maxime entre et avoue sa trahison par jalousie, demandant à mourir. Devant ce déchaînement de passions et de trahisons, Auguste, après un instant de réflexion, prononce un discours historique : il pardonne à tous. Il offre à nouveau Émilie à Cinna, lui donne le consulat, et tend la main à Maxime. Émilie et Cinna, subjugués par tant de clémence, se repentent et jurent une fidélité éternelle. Livie prophétise un avenir radieux pour Rome sous un tel prince.
"Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie : / Comme à mon ennemi je t'ai donné la vie, / Et, malgré la fureur de ton lâche destin, / Je te la donne encor comme à mon assassin."
"Je connais mon forfait qui me semblait justice ; / Et (ce que n'avait pu la terreur du supplice) / Je sens naître en mon âme un repentir puissant."
Empereur de Rome. Parvenu au pouvoir par la force et les proscriptions, il est las du pouvoir et aspire au repos. Tourmenté, il consulte ses amis sur l'opportunité d'abdiquer. La découverte de la conjuration de Cinna le plonge dans un abîme de doute et de colère, mais il finit par triompher de lui-même en faisant preuve d'une clémence exemplaire.
PrincipalPetit-fils de Pompée et chef de la conjuration contre Auguste. Amant passionné d'Émilie, il accepte par amour de mener le complot, bien qu'il soit comblé de bienfaits par l'empereur. Rongé par les remords et tiraillé entre sa reconnaissance et son amour, il finit par assumer son acte avant d'être subjugué par la clémence d'Auguste.
PrincipalFille de Toranius, tuteur d'Auguste proscrit par lui. Son unique but est de venger la mort de son père. Elle impose à Cinna, qu'elle aime, de tuer Auguste pour mériter sa main. D'une fierté et d'une fermeté romaines, elle refuse tout compromis et revendique hautement sa haine, avant que la clémence d'Auguste ne la fasse se repentir.
PrincipalAutre chef de la conjuration et ami de Cinna. Amoureux secret d'Émilie, sa jalousie le pousse à trahir le complot sur les conseils de son affranchi. Son acte le conduit au désespoir et à la honte. Il avoue sa trahison et demande à mourir, mais reçoit le pardon d'Auguste.
PrincipalImpératrice de Rome. Femme d'Auguste, elle joue un rôle de conseillère avisée. C'est elle qui, après l'échec de la sévérité, suggère à l'empereur la voie de la clémence, influençant ainsi le dénouement. Elle prophétise la gloire future d'Auguste et de Rome.
SecondaryConfidente d'Émilie. Elle tente de modérer les ardeurs vengeresses de sa maîtresse et l'alerte sur les dangers qu'elle fait courir à Cinna. Elle est la confidente des tourments et des espoirs d'Émilie.
SecondaryAffranchi de Maxime. Personnage manipulateur et sans scrupules, c'est lui qui pousse Maxime à trahir Cinna par jalousie, précipitant ainsi la découverte du complot. Il incarne la bassesse et la trahison servile.
SecondaryAffranchi d'Auguste. Il sert de messager et d'exécutant des ordres de l'empereur.
MinorAffranchi de Cinna. Confident de son maître, il connaît le secret du complot. Il est arrêté sur l'ordre d'Auguste.
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