Attila, roi des Huns, tient sa cour dans son camp de Norique. Pour assurer sa domination et semer la discorde entre ses ennemis, il doit choisir une épouse entre deux princesses : Honorie, sœur de l'empereur romain Valentinien, et Ildione, sœur de Mérovée, roi des Francs. Ce choix, qu'il feint de soumettre à l'avis de deux rois vassaux, Ardaric et Valamir, n'est qu'un prétexte pour les diviser et les perdre. Mais ces rois cachent leur jeu : Valamir aime Honorie, et Ardaric aime Ildione. Leurs passions secrètes et leurs ambitions politiques les entraînent dans un jeu dangereux avec le tyran, dont la mort inattendue lors de sa nuit de noces dénouera la crise.
Attila s'impatiente de l'absence des rois Ardaric et Valamir. Il explique à son officier Octar sa stratégie : il doit choisir entre Honorie et Ildione, non par amour, mais pour mieux asservir leurs peuples. Le refusé servira de prétexte à une future guerre. Il consulte les deux rois pour faire retomber sur eux la responsabilité du choix. Ardaric conseille de suivre son cœur, Valamir de choisir Ildione pour soutenir l'avenir promis à la France. Attila, voyant leur désaccord, les somme de s'accorder. Seuls, Ardaric et Valamir s'avouent leurs motifs véritables : Valamir aime Honorie pour des raisons politiques (un oracle prédit qu'un de ses descendants régnera sur Rome), tandis qu'Ardaric aime véritablement Ildione.
"Ce titre en eux me choque, et je ne sais pourquoi / Un roi que je commande ose se nommer roi."
"J'ai pour l'autre princesse un véritable amour ; / Et c'est ce qui m'oblige à parler pour l'empire."
Flavie informe Honorie que les deux rois ne sont que des jouets d'Attila. Honorie est tiraillée entre sa fierté blessée par l'indécision du tyran et son amour pour Valamir. Elle exige de lui qu'il se montre assez puissant pour la venger et la délivrer d'Attila. Valamir, désespéré par ces conditions, reçoit d'Ardaric la confidence de son amour pour Ildione. Ce dernier, après avoir appris d'Octar la grandeur du roi Mérovée, avoue ses sentiments à Ildione. Elle lui répond qu'elle l'aime, mais que son devoir envers son frère et la raison d'État la forcent à accepter le choix d'Attila. Elle révèle cependant que si elle épouse le tyran, elle se réserve le droit de le tuer pour venger le monde et son amour.
"Enfin, je veux un roi : regardez si vous l'êtes ; / Et quoi que sur mon coeur vous ayez d'ascendant, / Sachez qu'il n'aimera qu'un prince indépendant."
"Je vous aime : ce mot me coûte à prononcer ; [...] / Je l'épouserai donc, et réserve pour moi / La gloire de répondre à ce que je me dois."
Attila, méfiant, a renforcé sa garde. Il apprend la mort d'Aétius, ce qui le conforte dans l'idée d'épouser Honorie pour ses droits sur l'empire. Mais sa passion pour Ildione le tourmente. Ildione vient se plaindre des mesures de surveillance. Attila, dans un aveu de faiblesse, lui déclare son amour et la supplie de le dédaigner pour lui rendre sa liberté. Ildione feint d'accepter son choix, lui laissant entendre qu'elle aime ailleurs. Survient Honorie, furieuse d'apprendre qu'elle n'est que le second choix d'Ildione. Une violente dispute éclate entre les deux femmes et Attila. Honorie, piquée au vif, laisse échapper son amour pour Valamir. Attila la menace alors de la donner à son officier Octar si elle refuse sa main.
"J'adore cet orgueil, il est égal au mien, / Madame ; et nos fiertés se ressemblent si bien."
"Remenez la princesse, Octar. [...] / Songez que c'est de moi que vous tiendrez l'empire ; / Que vos droits sans ma main ne sont que droits en l'air."
Honorie tente de soudoyer Octar en lui promettant la main de Flavie s'il aide à faire épouser Valamir. Attila, pour punir Honorie de son insolence, lui répète qu'elle n'aura que le choix entre lui et Octar. Puis, il révèle à Ardaric qu'il a tout décidé : il épousera Honorie et donnera Ildione à Ardaric, mais à une condition effroyable : Ardaric doit assassiner Valamir. Il lui fait la même offre à Valamir pour qu'il tue Ardaric. Seul, Ardaric rapporte l'horrible marché à Ildione. Consternés, ils cherchent une issue, Ildione envisageant de réutiliser ses charmes pour fléchir Attila.
"Est-il plus grand honneur que de voir en mon choix / Qui je veux à ma flamme immoler de deux rois, / Et que du sacrifice où s'expiera leur crime, / L'un d'eux soit le ministre, et l'autre la victime ?"
"Il m'offre votre main comme un bonheur insigne, / Mais à condition de vous en rendre indigne ; / Et si vous refusez par là de m'acquérir, / Vous ne sauriez vous-même éviter de périr !"
Ardaric et Valamir, désarmés par Attila, comprennent qu'ils sont perdus. Honorie les informe, grâce à Octar, que leur assassinat est prévu. Attila les raille et leur intime l'ordre de s'entretuer. Ildione intervient et, feignant un retour de flamme, parvient à attendrir Attila qui reporte les exécutions après le mariage. Alors qu'il se rend au temple, une violente hémorragie nasale, symptôme de sa colère, l'étouffe et le tue. Valamir raconte sa mort. Avec la disparition du tyran, la haine générale s'évanouit. Ardaric et Ildione, Valamir et Honorie peuvent désormais espérer s'unir, avec l'aval de Rome et de la France.
"Lorsque par les tyrans il punit les mortels, / Il réserve sa foudre à ces grands criminels, / Qu'il donne pour supplice à toute la nature."
"Son élancement perce ou rompt toutes les veines, / Et ces canaux ouverts sont autant de fontaines / Par où l'âme et le sang se pressent de sortir, / Pour terminer sa rage et nous en garantir."
Roi des Huns. Tyran cruel, orgueilleux et manipulateur. Il se considère comme le 'fléau de Dieu' et le 'roi des rois'. Sa soif de pouvoir absolu le pousse à jouer avec la vie de ses vassaux et à considérer l'amour comme une faiblesse, bien qu'il en soit lui-même tourmenté par Ildione.
PrincipalRoi des Gépides, vassal d'Attila. Il est courageux, loyal envers ses sentiments. Son amour sincère pour Ildione est le moteur de ses actions, le poussant à risquer la colère du tyran plutôt que de commettre un crime pour l'obtenir.
PrincipalRoi des Ostrogoths, vassal d'Attila. Plus politique et ambitieux qu'Ardaric, il est encouragé par un oracle qui promet à sa descendance le trône de Rome. Son amour pour Honorie est mêlé à cette ambition, mais il se montre courageux face à la mort.
PrincipalSœur de l'empereur Valentinien. Princesse romaine fière et orgueilleuse, consciente de son rang. Son amour pour Valamir entre en conflit avec sa gloire, surtout lorsqu'elle se sent humiliée par Attila et Ildione.
PrincipalSœur de Mérovée, roi des Francs. Princesse belle, vertueuse et d'une grande force d'âme. Elle aime Ardaric mais place son devoir envers son frère et son peuple au-dessus de tout, allant jusqu'à envisager de tuer Attila pour se venger et les protéger.
PrincipalCapitaine des gardes d'Attila. Confident de son maître, il est tiraillé entre sa loyauté, son amour pour Flavie et les intrigues des princes et princesses. Craintif, il cherche à sauver sa vie.
SecondaryDame d'honneur d'Honorie. Confidente de sa maîtresse, elle est aimée d'Octar et sert d'intermédiaire entre lui et Honorie.
Secondary