À Séville, le Comte Almaviva, déguisé en étudiant pauvre sous le nom de Lindor, cherche à conquérir Rosine, une jeune orpheline noble séquestrée par son vieux tuteur, le docteur Bartholo, qui compte l'épouser le lendemain. Aidé par son ancien valet, l'astucieux Figaro, barbier et factotum de la ville, le Comte tente par mille ruses de s'introduire dans la maison et de communiquer avec la belle. Malgré la vigilance et les soupçons du jaloux docteur, l'intrigue se noue et se dénoue en une seule journée, déjouant toutes les précautions du vieillard.
Le Comte Almaviva, déguisé, guette sous les fenêtres de Rosine à Séville. Il rencontre Figaro, son ancien valet devenu barbier. Figaro lui apprend que Rosine n'est pas la femme, mais la pupille du docteur Bartholo, qui veut l'épouser le lendemain. Almaviva, passionnément amoureux, décide de tout tenter pour la conquérir. Rosine, à la fenêtre, fait tomber un papier qui se révèle être un billet pour l'inconnu qui rôde (Lindor). Figaro suggère au Comte de se faire loger chez Bartholo en se présentant comme un cavalier ivre avec un billet de logement.
"Aux vertus qu'on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets ?"
"Tout me dit que Lindor est charmant, Que je dois l'aimer constamment..."
Rosine écrit à Lindor. Figaro entre et lui apprend que son "parent" Lindor est amoureux d'elle. Rosine lui donne la lettre. Bartholo, furieux après Figaro qui a endormi et enrhumé tous ses domestiques, soupçonne une intrigue. Don Bazile, le maître de musique, vient prévenir Bartholo que le Comte Almaviva est en ville. Figaro, caché, écoute leur conversation où Bazile conseille la calomnie pour écarter un rival. Le Comte, déguisé en cavalier ivre, entre avec un billet de logement et parvient à donner sa lettre à Rosine. Bartholo, méfiant, lit par ruse la lettre de Rosine, mais celle-ci feint un malaise et parvient à lui faire croire qu'il s'agit d'une lettre de son cousin.
"La calomnie, Monsieur ! Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés."
"Un homme injuste parviendrait à faire une rusée de l'innocence même."
Le Comte revient, déguisé cette fois en bachelier, se faisant passer pour l'élève de Bazile, Alonzo. Il prétend que Bazile est malade et lui a envoyé pour le remplacer. Pour gagner la confiance de Bartholo, il lui montre la lettre de Rosine, disant la tenir d'une femme à qui le Comte l'a sacrifiée. Bartholo, convaincu, le laisse donner une leçon à Rosine. Pendant la leçon, Figaro vient raser Bartholo et distrait sa vigilance, permettant aux amants d'organiser une évasion pour minuit. Figaro subtilise la clé de la jalousie. Bazile arrive, mais le Comte le paie pour qu'il se taise et se retire, ce qu'il fait, confus. Bartholo surprend un mot des amants et les chasse, furieux.
"Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer."
"On voit bien, malappris, que vous n'êtes habitué de parler qu'à des chevaux."
Bartholo, de retour avec Bazile, décide d'utiliser la lettre de Rosine pour la retourner contre le Comte. Il lui montre la lettre en prétendant que Lindor (Alonzo) est un agent du Comte Almaviva qui se joue d'elle. Rosine, croyant être trahie, accepte par dépit d'épouser Bartholo sur-le-champ et lui révèle le plan d'évasion. Bartholo va chercher main-forte. Le Comte et Figaro entrent par la jalousie. Rosine, furieuse, accable Lindor de reproches. Le Comte se révèle alors : il est Almaviva, et il l'aime sincèrement. Surviennent le notaire et Bazile, convoqués par Bartholo. Almaviva les fait signer au contrat. Bartholo arrive avec la force publique, mais trop tard : le mariage est légalement conclu. Bartholo doit s'incliner. Figaro conclut que toutes ses précautions étaient inutiles.
"J'aurais passé ma vie à vous détester. Ah ! Lindor ! Le plus affreux supplice n'est-il pas de haïr, quand on sent qu'on est faite pour aimer ?"
"quand la jeunesse et l'amour sont d'accord pour tromper un vieillard, tout ce qu'il fait pour l'empêcher peut bien s'appeler à bon droit la Précaution inutile."
Grand d'Espagne, amant passionné et ingénieux de Rosine. Jeune, noble, riche et audacieux, il est prêt à tous les déguisements (étudiant Lindor, cavalier ivre, bachelier Alonzo) pour conquérir la femme qu'il aime pour elle-même, et non par intérêt ou vanité. Son ardeur juvénile et sa constance sont les moteurs de l'intrigue.
PrincipalJeune orpheline d'extraction noble, pupille de Bartholo. Fine, spirituelle et déterminée, elle supporte mal la tyrannie jalouse de son tuteur. D'un naturel romantique, elle est prête à tout pour échapper à son sort et suivre l'homme qu'elle croit être un simple étudiant pauvre, Lindor, dont elle admire la sincérité.
PrincipalBarbier de Séville, factotum de la ville. Ancien valet du Comte, il est devenu son ami et complice. Gai, insolent, philosophe et pragmatique, il est le véritable architecte de l'intrigue. Il manie l'art de la ruse, de la parole et de l'argent avec un cynisme joyeux, toujours prêt à servir l'amour contre l'autorité abusive.
PrincipalMédecin, tuteur de Rosine. Vieillard avare, jaloux et autoritaire, il projette d'épouser sa pupille. Méfiant envers tout ce qui est nouveau (les Lumières, les drames), il incarne la vieille génération bornée et crédule, dont toutes les précautions sont constamment déjouées par la jeunesse et l'amour.
PrincipalMaître à chanter de Rosine, organiste. Personnage cynique, intéressé et sans scrupules, il est prêt à tout pour de l'argent, y compris à organiser un mariage forcé ou à calomnier. Sa fameuse tirade sur la calomnie révèle un machiavélisme qui contraste avec sa couardise finale.
SecondaryVieux domestique de Bartholo. Victime des tours de Figaro, il est réduit à éternuer sans cesse après avoir reçu un sternutatoire.
MinorAutre valet de Bartholo, garçon niais et endormi. Figaro lui administre un narcotique, le rendant encore plus somnolent et inutile.
MinorHomme de loi chargé de rédiger les contrats de mariage, aussi bien pour Bartholo que pour le Comte.
MinorHomme de justice, représentant de l'autorité publique, appelé par Bartholo mais qui finit par protéger le mariage du Comte.
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