Eugénie, jeune fille vertueuse du pays de Galles, a été secrètement mariée à Londres au comte de Clarendon par sa tante, madame Murer, qui voit en cette union un brillant établissement. Alors qu'elle arrive dans la capitale pour le retrouver, elle apprend que son "époux" s'apprête à en épouser une autre, plus riche et mieux née. Le drame explore le désespoir d'Eugénie, la colère de son père, le baron Hartley, et les manœuvres de sa tante pour forcer le comte à réparer sa faute, jusqu'à un dénouement où le repentir et la vertu triomphent.
Eugénie, sa tante Madame Murer et son père le baron Hartley viennent d'arriver à Londres, dans une maison prêtée par le comte de Clarendon. Eugénie est inquiète de l'absence du comte, qu'elle croit être son époux. Madame Murer la rassure. Le baron, lui, ne sait rien de ce mariage secret et projette de marier sa fille à son ami le capitaine Cowerly, ce qui provoque une dispute avec sa sœur. Drink, le valet du comte, révèle dans un monologue que son maître a trompé Eugénie par un faux mariage. Le comte arrive et tente de dissiper les soupçons d'Eugénie avec des déclarations enflammées. Le baron, de retour, mentionne un bruit de mariage concernant le comte, ce qui plonge Eugénie dans l'effroi, mais le comte s'en explique habilement.
"Une seule démarche hasardée m'a mise à la merci de tout le monde."
Drink intercepte une lettre de l'intendant Williams qui révèle la supercherie du mariage à Madame Murer. Le comte, craignant que le capitaine Cowerly, un bavard, ne vienne tout révéler, ordonne à Drink de l'éconduire. Eugénie, pleine de joie après les éloges de son père sur le comte, veut tout avouer au baron, mais le comte et Madame Murer l'en dissuadent. La famille apprend par une lettre que le frère d'Eugénie, sir Charles, est en danger à Londres après s'être battu en duel. Le capitaine Cowerly arrive malgré les consignes de Drink et annonce, avec sa franchise habituelle, le prochain mariage du comte de Clarendon avec la fille du comte de Winchester, une nouvelle publique. Eugénie, atterrée, se trouve mal.
"Dieux ! où me cacher ?"
Seule, Eugénie est en proie au doute et au désespoir. Son père la rejoint et, avec bonté, tente de la réconforter, ce qui la bouleverse. Acculée, elle finit par lui avouer qu'elle est mariée. Le baron entre dans une colère noire. Madame Murer intervient et révèle que c'est elle qui a organisé l'union avec le comte de Clarendon. Une violente dispute éclate sur le caractère du comte. Pour prouver la sincérité du comte, Madame Murer propose d'interroger Drink. Celui-ci, paniqué, finit par remettre la lettre de l'intendant Williams. À sa lecture, Madame Murer et le baron découvrent l'horrible vérité : Eugénie n'est pas mariée, elle a été trompée. Le baron maudit sa fille et l'abandonne. Anéantie, Eugénie refuse d'abord d'écrire au comte, puis sa tante décide de le faire elle-même pour le contraindre à réparer.
"dégradée par tant d'outrages, abandonnée de tout le monde… je n’ai plus qu’à mourir."
"Une seule démarche hasardée m’a mise à la merci de tout le monde."
Madame Murer a reçu une réponse positive du comte : il viendra à minuit. Elle dévoile son plan au baron : forcer le comte à épouser Eugénie sur-le-champ, sous la menace des valets armés. Le baron, bien que réticent à l'idée d'un guet-apens, accepte par soif de vengeance. Pendant ce temps, le comte, se rendant à ce rendez-vous, sauve sir Charles d'une tentative d'assassinat commanditée par son colonel. Ne se connaissant pas, les deux hommes sympathisent. Le comte, ne sachant pas qui est sir Charles, lui confie la raison de sa venue : une explication avec une jeune fille charmante qu'il a trompée. Arrivé chez Eugénie, le comte est confronté à Madame Murer et à la jeune femme, qui lui montre la lettre accablante. Il avoue sa faute mais promet de tout réparer. Alors qu'il tente de la suivre dans sa chambre, les valets armés, alertés par Madame Murer, envahissent le salon. Sir Charles, resté dans l'ombre, reconnaît la voix de sa tante et, à l'arrivée de son père, découvre avec horreur l'identité de la victime : sa sœur. Il rend son épée au comte et le laisse partir, lui donnant rendez-vous pour le lendemain, refusant la lâcheté d'un guet-apens.
"Ma présence vous rend ici, milord, ce que vous avez fait pour moi : nous sommes quittes."
Au petit matin, Eugénie, hagarde et désespérée, supplie son frère de renoncer à sa vengeance, avouant malgré elle qu'elle aime encore le comte. Sir Charles part néanmoins, mais revient presque aussitôt, son épée s'étant brisée durant le duel, laissant l'affaire en suspens. Eugénie, épuisée par la douleur, semble mourante. Soudain, le comte de Clarendon fait irruption, sans armes, en signe de repentir. Il annonce qu'il a tout avoué à son oncle, le duc, qui consent à leur union. Eugénie, bien que touchée, refuse d'abord, humiliée. Le comte en appelle alors à son cœur de future mère et à la pitié de sa famille. Le baron, vaincu par son repentir sincère, accorde sa main. Eugénie pardonne, et la pièce s'achève sur l'union retrouvée et l'éloge de la vertu.
"Au défaut d’autres droits, je rappellerai mes crimes pour m’en faire des titres."
"celui qui se repent de bonne foi est plus loin du mal que celui qui ne le connut jamais."
Fille du baron Hartley, jeune fille vertueuse, sensible et naïve. Elle a été trompée par un faux mariage avec le comte de Clarendon, qu'elle aime sincèrement. Son innocence et sa pureté morale contrastent avec la fourberie du comte. Elle passe de la joie confiante au désespoir le plus profond, avant d'accorder son pardon.
PrincipalJeune seigneur libertin et ambitieux. Pour posséder Eugénie, il simule un mariage. Prêt à en épouser une autre par intérêt, il est tourmenté par ses remords et l'amour sincère qu'il porte à sa victime. Son personnage évolue du cynisme au repentir profond.
PrincipalPère d'Eugénie et de sir Charles. Gentilhomme gallois, franc, colérique, mais fondamentalement bon et attaché aux valeurs d'honneur et de famille. Il méprise les courtisans et leur libertinage. Après un premier mouvement de rage contre sa fille, il se laisse toucher par le repentir du comte.
PrincipalTante d'Eugénie, veuve riche et vaniteuse. Aveuglée par l'ambition, elle a organisé le faux mariage de sa nièce avec le comte. Elle est fière, autoritaire et pleine de ressources. C'est elle qui ourdit le plan pour forcer le comte à épouser Eugénie.
PrincipalFrère d'Eugénie, officier. Brave, fougueux et attaché aux principes d'honneur. Il arrive à Londres après s'être battu en duel. Il se trouve pris entre la gratitude envers le comte, qui lui a sauvé la vie, et le devoir de venger l'honneur de sa sœur.
SecondaryAncien ami du baron, officier de marine. Brave homme, mais naïf et grand bavard. C'est par son indiscrétion que la famille apprend la vérité sur le mariage du comte.
SecondaryValet de chambre du comte de Clarendon. Fourbe mais non dénué de scrupules, il est le complice malgré lui des manœuvres de son maître et intercepte les lettres compromettantes.
SecondaryJeune femme de chambre d'Eugénie, dévouée et attentive au malheur de sa maîtresse.
MinorPremier laquais de madame Murer.
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