Chrysale, un bourgeois bonhomme, est dominé par sa femme Philaminte, une femme qui se pique de science et de bel esprit. Entourée de sa fille aînée Armande et de sa sœur Bélise, Philaminte méprise les choses matérielles et n'aspire qu'aux "sublimes clartés". Elle veut marier sa cadette, Henriette, au pédant et poète médiocre Trissotin. Mais Henriette aime le raisonnable Clitandre, qui est soutenu par Chrysale et son frère Ariste. La pièce met en scène le conflit entre le bon sens et le pédantisme affecté, entre l'amour vrai et les prétentions intellectuelles.
Armande, adepte comme sa mère de la philosophie et du renoncement aux sens, reproche à sa sœur Henriette son désir vulgaire de se marier avec Clitandre. Henriette défend son choix d'une vie simple et amoureuse. Clitandre confirme son amour pour Henriette et non pour Armande, qui se réfugie dans son mépris philosophique. Clitandre révèle ensuite son aversion pour le pédant Trissotin, protégé de Philaminte.
"Laissez aux gens grossiers, aux personnes vulgaires, Les bas amusements de ces sortes d'affaires. À de plus hauts objets élevez vos désirs, Songez à prendre un goût des plus nobles plaisirs..."
"Le ciel, dont nous voyons que l’ordre est tout-puissant, Pour différents emplois nous fabrique en naissant..."
Ariste plaide auprès de Chrysale la cause de Clitandre. Bélise, fantasque, croit que Clitandre est en réalité amoureux d'elle. Philaminte entre en fureur et chasse la servante Martine pour une faute de grammaire. Chrysale tente de s'opposer au mépris de sa femme pour les choses pratiques, mais il capitule rapidement. Philaminte annonce son choix : Trissotin sera l'époux d'Henriette. Piqué au vif, Chrysale promet à son frère de reprendre son autorité.
"Le corps, cette guenille, est-il d’une importance, D’un prix à mériter seulement qu’on y pense ?"
"Je vis de bonne soupe, et non de beau langage. Vaugelas n’apprend point à bien faire un potage..."
Philaminte, Armande et Bélise écoutent avec extase les vers ridicules de Trissotin. Henriette reste de marbre. Philaminte annonce à sa fille qu'elle la destine à Trissotin. Une dispute éclate entre Trissotin et un autre pédant, Vadius, à propos de la qualité de leurs œuvres, révélant leur vanité et leur jalousie.
"On n’y saurait marcher que sur de belles choses."
"Allez, petit grimaud, barbouilleur de papier."
Armande attise la colère de Philaminte contre Clitandre. Celui-ci débute un duel verbal avec Trissotin, défendant le sens commun contre le pédantisme. Un billet anonyme révèle à Philaminte que Trissotin n'en veut qu'à sa fortune. Pour braver ses détracteurs, elle décide de précipiter le mariage. Chrysale, énergique pour une fois, annonce qu'il mariera Henriette à Clitandre.
"Et je le crois, pour moi, le timbre un peu fêlé."
"Dès ce soir à monsieur je marierai ma fille."
Henriette tente en vain de dissuader Trissotin. Chrysale, accompagné de Martine réintégrée, tient tête à sa femme devant le notaire. Ariste arrive avec de fausses nouvelles de ruine. Trissotin, révélant son avidité, se retire aussitôt. Philaminte, désabusée, consent alors au mariage d'Henriette et de Clitandre.
"Je ne veux point d’un cœur qui ne se donne pas."
"Je vois, je vois de vous, non pas pour votre gloire, Ce que jusques ici j’ai refusé de croire."
Femme de Chrysale. Femme autoritaire et pédante, elle se croit savante et méprise tout ce qui est matériel. Elle impose son goût pour les faux esprits (Trissotin) à toute la famille.
PrincipalMari de Philaminte. Bourgeois bonhomme, aimant le calme et la bonne chère, mais faible et dominé par sa femme. Il représente le bon sens et finit par se révolter.
PrincipalFille cadette de Chrysale et Philaminte. Raisonnable, naturelle, elle aspire à un amour simple et au mariage avec Clitandre. Elle incarne la sincérité et le refus des affectations.
PrincipalFille aînée. Elle partage les dédains philosophiques de sa mère et méprise le mariage, tout en étant secrètement blessée que Clitandre lui préfère sa sœur.
PrincipalAmant d'Henriette. Jeune homme raisonnable et sincère, qui aime Henriette pour elle-même et méprise le pédantisme de Trissotin et de la coterie savante.
Principal« Bel esprit », poète médiocre et pédant, flatteur et intéressé. Il est l'idole de Philaminte et son candidat pour épouser Henriette.
PrincipalSœur de Chrysale. Elle vit dans un monde de fantasmes romanesques, persuadée que tous les hommes sont amoureux d'elle.
SecondaryFrère de Chrysale. Raisonnable et sensé, il soutient Clitandre et tente d'aider son frère à reprendre son autorité.
SecondarySavant, autre pédant qui entre en conflit avec Trissotin. Leur dispute révèle la vanité et la mesquinerie du milieu des faux savants.
MinorServante de cuisine. Incarne le peuple et le bon sens naturel. Elle est renvoyée pour une faute de grammaire mais revient pour soutenir Chrysale.
Minor