Arnolphe, un bourgeois d'âge mûr et misogyne, a élevé dans l'ignorance la jeune Agnès, qu'il compte épouser pour être sûr de ne jamais être cocu. Confiant en son système, il se vante auprès de son ami Chrysalde. Cependant, pendant un voyage d'Arnolphe, le jeune et séduisant Horace rencontre Agnès et en tombe amoureux. Naïve et innocente, Agnès découvre l'amour et y répond avec une sincérité bouleversante. Horace, ignorant qu'Arnolphe est le tuteur et le futur mari d'Agnès, prend ce dernier pour confident de son aventure. Arnolphe, fou de rage et de jalousie, tente par tous les moyens de séparer les jeunes amants, multipliant les leçons, les menaces et les ruses. Mais l'innocence même d'Agnès, devenue amoureuse, se révèle une arme plus forte que toutes ses précautions.
Arnolphe expose à son ami Chrysalde son projet de mariage avec Agnès, une jeune fille qu'il a élevée dans la plus parfaite ignorance pour en faire une épouse fidèle. Il se moque des maris trompés. Peu après, le jeune Horace, fils d'un ami d'Arnolphe, arrive en ville et lui confie naïvement être tombé amoureux d'une jeune fille séquestrée... qui n'est autre qu'Agnès. Arnolphe, horrifié, dissimule sa colère.
"Épouser une sotte est pour n’être point sot."
"Et l’argent que de vous j’emprunte avec franchise / N’est que pour mettre à bout cette juste entreprise."
Arnolphe, rentré chez lui, interroge Agnès avec rage, puis avec une feinte douceur. Avec une ingénuité totale, elle lui raconte comment elle a rencontré Horace à la fenêtre, les cadeaux échangés et les baisers sur les mains. Son récit candide et détaillé torture Arnolphe. Il décide d'avancer son mariage et entreprend d'« éduquer » Agnès sur les devoirs d'une femme.
"C’est une chose, hélas ! si plaisante et si douce ! J’admire quelle joie on goûte à tout cela."
"Votre simplicité, qui semble sans pareille, Demande si l’on fait les enfants par l’oreille ; Et vous savez donner des rendez-vous la nuit !"
Arnolphe fait la leçon à Agnès, lui dictant les « Maximes du Mariage », un code strict de soumission et d'isolement pour l'épouse. Puis Horace revient voir Arnolphe : il lui raconte qu'Agnès lui a jeté une pierre... attachée à une lettre d'amour touchante. Arnolphe, forcé d'écouter cette lettre, rage intérieurement.
"Je ne sais ce que vous m’avez fait ; mais je sens que je suis fâchée à mourir de ce qu’on me fait faire contre vous."
"L’amour sait-il pas l’art d’aiguiser les esprits ?"
Arnolphe, désespéré mais déterminé, prépare son mariage avec un notaire ridicule. Il tente en vain de faire la morale à ses servantes, Alain et Georgette, pour qu'ils chassent Horace. Ce dernier revient et confie à Arnolphe son nouveau plan : un rendez-vous nocturne chez Agnès, grâce à une échelle. Arnolphe feint de l'approuver mais prépare une embuscade pour battre le jeune homme. Une discussion avec Chrysalde sur l'honneur et le cocuage montre son obsession.
"Toute l’habileté Ne va qu’à le savoir tourner du bon côté."
"Quoi ? J’aurai dirigé son éducation Avec tant de tendresse et de précaution... Afin qu’un jeune fou dont elle s’amourache Me la vienne enlever jusque sur la moustache ?"
L'embuscade tourne mal : Horace, tombé de l'échelle, fait le mort et effraie les servantes. Agnès, le croyant en danger, s'enfuit avec lui. Ils rencontrent Arnolphe et lui demandent de cacher Agnès, ce qu'il accepte avec une feinte bienveillance avant de se révéler. Il tente une dernière fois de convaincre Agnès par la tendresse, puis par la force, mais elle avoue clairement préférer Horace. Le père d'Horace, Oronte, et Enrique, le père longtemps absent d'Agnès, arrivent enfin. On découvre qu'Agnès est la fille d'Enrique et qu'elle était promise à Horace depuis longtemps. Le mariage des jeunes amants est scellé, laissant Arnolphe seul, humilié et défait.
"Vraiment, il en sait donc là-dessus plus que vous ; Car à se faire aimer il n’a point eu de peine."
"Ouf !"
Bourgeois âgé, riche et vaniteux. Obsédé par la crainte du cocuage, il a conçu un système pour élever une femme idiote et fidèle. Son nom d'emprunt, « de la Souche », symbolise sa prétention nobiliaire. Il est à la fois ridicule par sa jalousie maladive, tyrannique dans ses méthodes, et tragique par la souffrance que lui cause un amour inavoué et méprisé.
PrincipalJeune fille élevée par Arnolphe depuis l'âge de quatre ans dans un couvent, puis recluse. D'une innocence et d'une naïveté extrêmes au début, elle découvre l'amour avec Horace. Cette découverte éveille son intelligence, sa sensibilité et une fermeté inattendue. Son évolution, de la poupée ignorante à la femme amoureuse et lucide, est le cœur de la pièce.
PrincipalJeune homme noble, fils d'Oronte. Galant, sincère et un peu étourdi. Tombé amoureux d'Agnès, il devient, sans le savoir, le rival et le confident de son propre rival, Arnolphe. Sa jeunesse, sa franchise et son amour contrastent avec la ruse et la vieillesse d'Arnolphe.
PrincipalAmi d'Arnolphe. Il représente la voix de la raison et de la modération. Philosophe et détaché, il tente en vain de modérer les excès d'Arnolphe sur le mariage et l'honneur, défendant une vision plus sereine et moins obsessionnelle des relations conjugales.
SecondaireValet paysan d'Arnolphe. Simple, peureux et maladroit. Avec Georgette, il forme un couple de servants comiques, ballottés entre les ordres contradictoires de leur maître.
MineurServante paysanne d'Arnolphe. Épouse d'Alain, tout aussi simple et crédule. Leur naïveté et leurs querelles offrent un comique de farce.
MineurPère d'Horace et vieil ami d'Arnolphe. Homme de bonne famille, il arrive à la fin de la pièce pour conclure le mariage de son fils avec la fille de son ami Enrique.
MineurBeau-frère de Chrysalde, père d'Agnès. De retour d'Amérique après de longues années, il vient rechercher sa fille, qu'il avait confiée à une nourrice puis, par le jeu du destin, à Arnolphe.
Mineur