Dans la ville d'Angoulême, la Comtesse d'Escarbagnas, veuve prétentieuse et vaniteuse, se pique de grands airs après un bref séjour à Paris. Elle entretient plusieurs soupirants : le Vicomte (en réalité amoureux de Julie), le conseiller Monsieur Tibaudier et le receveur des tailles Monsieur Harpin. Sous prétexte d'une visite, le Vicomte organise chez la Comtesse une petite comédie pour pouvoir rencontrer sa bien-aimée Julie, dont la famille est en conflit avec la sienne. La pièce tourne à la farce lorsque les prétendants rivaux se confrontent et qu'un heureux dénouement permet aux jeunes amants de s'unir, tandis que la Comtesse, piquée au vif, se résout à épouser le pédant Monsieur Tibaudier.
Le Vicomte et Julie, secrètement amoureux, se retrouvent chez la Comtesse d'Escarbagnas. Pour dissimuler leur liaison, le Vicomte feint de courtiser la Comtesse. Celle-ci, ridiculement fière de son titre et de son séjour parisien, tyrannise ses domestiques et se vante de ses conquêtes. Elle reçoit tour à tour les hommages poétiques et fruitiers de Monsieur Tibaudier, et les remontrances jalouses de Monsieur Harpin. Le Vicomte annonce qu'il a préparé une comédie pour divertir l'assemblée. La représentation est brutalement interrompue par l'entrée explosive de Monsieur Harpin, qui accuse publiquement la Comtesse d'infidélité et rompt avec elle. Alors que la troupe tente de reprendre le spectacle, un billet apporté en hâte annonce au Vicomte que le différend familial avec Julie est résolu et que leur mariage est autorisé. La « comédie » réelle s'achève donc : le Vicomte épousera Julie, et propose à la Comtesse, par dépit, d'épouser Tibaudier, ce qu'elle accepte pour « faire enrager tout le monde ».
"Cette feinte où je me force n'étant que pour vous plaire, j'ai lieu de ne vouloir en souffrir la contrainte, que devant les yeux qui s'en divertissent."
"Ce sont gens qu'on ménage dans les provinces pour le besoin qu'on en peut avoir, ils servent au moins à remplir les vides de la galanterie, à faire nombre de soupirants."
"Je vous laisse, Madame la Comtesse, à Monsieur le Vicomte, et ce sera à lui que j'enverrai tantôt vos lettres. Voilà ma scène faite, voilà mon rôle joué."
"Cela veut dire, Madame, que j'épouse Julie, et, si vous m'en croyez, pour rendre la comédie complète de tout point, vous épouserez Monsieur Tibaudier."
Veuve prétentieuse et vaniteuse, récemment revenue de Paris dont elle singe les manières avec exagération. Elle est obsédée par son titre et son rang, qu'elle estime supérieurs à tout en province. Ridiculisée par son pédantisme et sa dureté envers ses domestiques.
PrincipalJeune noble, amant secret de Julie. Intelligent et spirituel, il feint de courtiser la Comtesse pour pouvoir rencontrer sa bien-aimée en toute discrétion. Il organise la mascarade finale.
PrincipalJeune femme amoureuse du Vicomte. Fine et moqueuse, elle observe avec amusement les ridicules de la Comtesse. Elle est contrainte à la discrétion par un conflit familial.
PrincipalConseiller au siège, soupirant de la Comtesse. Pédant et peu romantique, il offre des poires et compose de mauvais vers ampoulés pour déclarer sa flamme.
PrincipalReceveur des tailles, autre soupirant de la Comtesse. Homme colérique et fruste, jaloux, il finance les dépenses de la Comtesse et finit par exploser de rage en public.
PrincipalSuivante de la Comtesse, fille de sa nourrice. Maladroite et peu éduquée aux usages que tente de lui inculquer sa maîtresse.
MinorLaquais de la Comtesse. Jeune garçon simple qui ne comprend pas le langage précieux de sa maîtresse.
MinorPrécepteur du jeune Comte, fils de la Comtesse. Pédant et obséquieux, il parle avec une grandiloquence comique.
MinorFils de la Comtesse, enfant auquel on fait réciter des leçons de latin.
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