George Dandin, riche paysan, a épousé Angélique, fille de gentilshommes campagnards, les Sotenville, pour s’élever socialement. Mais il déchante vite : sa femme le méprise, le trompe avec le jeune Clitandre, et ses beaux-parents le traitent avec condescendance. Malgré ses tentatives répétées pour dénoncer l’infidélité d’Angélique, il se retroube toujours “confondu” – ses accusations se retournent contre lui, et il est obligé de s’excuser. La pièce explore avec humour noir les déboires d’un mari trompé et les tensions entre la bourgeoisie montante et la noblesse déchue.
George Dandin se lamente d’avoir épousé une demoiselle qui le méprise. Il surprend Lubin, le messager de Clitandre, et apprend le rendez-vous secret. Il se plaint à ses beaux-parents, Monsieur et Madame de Sotenville, qui le rabrouent sur les convenances. Face à Clitandre et à Angélique, qui nient tout avec aplomb, Dandin est contraint de présenter des excuses publiques au jeune courtisan.
"Ah ! Qu’une femme Demoiselle est une étrange affaire, et que mon mariage est une leçon bien parlante à tous les paysans qui veulent s’élever au-dessus de leur condition..."
"Apprenez, s’il vous plaît, que ce n’est pas à vous à vous servir de ce mot-là avec une personne de ma condition ; que tout notre gendre que vous soyez, il y a grande différence de vous à nous, et que vous devez vous connaître."
Claudine et Lubin discutent de leur futur mariage et de la duplicité d'Angélique. Celle-ci reçoit un billet de Clitandre. Dandin tente en vain de se renseigner auprès de Lubin. Ayant finalement vu Clitandre chez lui, il fait venir les Sotenville pour les prendre en flagrant délit. Mais Angélique, prévenue, simule une violente réprimande contre Clitandre et frappe en réalité son mari, confondu une fois de plus. Ses parents le félicitent d'avoir une femme si vertueuse.
"Comment ? Parce qu’un homme s’avise de nous épouser, il faut d’abord que toutes choses soient finies pour nous, et que nous rompions tout commerce avec les vivants ?"
"Lorsqu’un mari se met à notre discrétion, nous ne prenons de liberté que ce qu’il nous en faut... Mais ceux qui nous chicanent, nous nous efforçons de les tondre, et nous ne les épargnons point."
De nuit, Angélique et Clitandre ont un rendez-vous secret. Dandin les surprend mais se fait berner par Lubin dans l'obscurité. Il envoie chercher les Sotenville, sûr de tenir enfin sa vengeance. Angélique, piégée dehors, tente d'abord de flatter puis menace de se suicider pour faire accuser Dandin de meurtre. Elle feint ensuite de se tuer, profite de la sortie de Dandin pour rentrer et le faire passer pour un ivrogne rentrant au petit matin. Lorsque les Sotenville arrivent, c'est Dandin qui doit s'agenouiller et demander pardon à sa femme. Désespéré, il conclut que pour qui a épousé une méchante femme, "le meilleur parti qu’on puisse prendre, c’est de s’aller jeter dans l’eau la tête la première".
"Lorsqu’on me trouvera morte, il n’y aura personne qui mette en doute que ce ne soit vous qui m’aurez tuée..."
"Ah ! je le quitte maintenant, et je n’y vois plus de remède : lorsqu’on a, comme moi, épousé une méchante femme, le meilleur parti qu’on puisse prendre, c’est de s’aller jeter dans l’eau la tête la première."
Riche paysan qui a épousé une demoiselle pour s'anoblir. Naïf, vaniteux au départ, il devient progressivement amer, jaloux et impuissant face à la duplicité de sa femme et au mépris de sa belle-famille.
PrincipalFille de Monsieur et Madame de Sotenville, épouse de George Dandin. Jeune, belle, effrontée et pleine de ruse. Elle méprise son mari roturier et entretient une liaison avec Clitandre sans complexe, retournant toujours les situations à son avantage.
PrincipalGentilhomme campagnard, père d'Angélique. Fier de sa noblesse et de ses ancêtres, il est pontifiant, autoritaire et méprise cordialement son gendre roturier, qu'il rabroue constamment sur l'étiquette.
PrincipalFemme de Monsieur de Sotenville, mère d'Angélique. Très attachée aux prérogatives de son rang, elle est hautaine, pointilleuse sur les convenances et ferme dans son soutien aveugle à sa fille.
PrincipalJeune courtisan, amoureux d'Angélique. Élégant, galant et sans scrupule. Il joue parfaitement le jeu de la dissimulation face aux Sotenville.
PrincipalSuivante d'Angélique. Rusée, complice active des amours de sa maîtresse, elle a aussi son franc-parler et une relation amoureuse avec Lubin.
SecondairePaysan, servant de Clitandre. Naïf, balourd et bavard, il révèle sans le vouloir les intrigues mais est aussi amoureux de Claudine.
SecondaireValet de George Dandin. N'apparaît qu'à l'acte III pour une scène comique de quiproquo dans l'obscurité.
Mineur