À Astorgue, dans le royaume de Léon, la princesse Elvire est courtisée par deux nobles chevaliers : Don Garcie, prince de Navarre, et Don Sylve, qui n'est autre que le prince de Léon, Don Alphonse, élevé secrètement en Castille. Elvire avoue sa préférence pour Don Garcie, mais ce dernier est en proie à une jalousie maladive. Chaque événement, chaque parole, chaque regard devient pour lui une source de soupçons insupportables envers celle qu'il aime. Malgré les preuves d'amour et la patience d'Elvire, les doutes du prince finissent par la pousser à bout, compromettant leur union. Il faudra la révélation de l'identité de Don Sylve et le dévouement des personnages pour que l'amour triomphe de ce "monstre aux yeux verts".
Elvire confie à sa suivante, Élise, son embarras face aux deux princes qui la courtisent, Don Garcie et Don Sylve. Elle avoue sa préférence secrète pour Don Garcie, mais se sent coupable envers Don Sylve, dont elle connaît l'amour passé pour son amie la comtesse Ignès. Elle révèle surtout son tourment : Don Garcie est jaloux, ce qui la révolte. Malgré son amour, elle ne peut accepter cette faiblesse. Don Garcie entre et fait part de son désir de servir Elvire en l'aidant à restaurer son frère sur le trône. Elvire lui fait comprendre que le seul obstacle est sa jalousie. Il jure de s'en corriger. Survient un billet de la comtesse Ignès. Elvire le tend à Don Garcie pour prouver sa bonne foi, mais il refuse d'abord, puis lit, apaisant ses craintes. La scène montre déjà sa propension à s'alarmer.
"Partout la jalousie est un monstre odieux, Rien n'en peut adoucir les traits injurieux ; Et plus l'amour est cher qui lui donne naissance Plus on doit ressentir les coups de cette offense."
"C'est vous qui pouvez par deux mots pleins de flamme, Contre la jalousie armer toute mon �me"
Don Lope, confident de Don Garcie et amant rebuté d'Élise, avoue cyniquement à celle-ci qu'il alimente la jalousie du prince pour se rendre indispensable. Il remet à Don Garcie la moitié d'un billet qu'il a dérobé. Ce fragment, qui semble compromettant, fait immédiatement sombrer le prince dans le désespoir et la rage. Il confronte Elvire avec cette preuve, l'accusant de trahison. Elvire, blessée mais maîtresse d'elle-même, révèle que l'autre moitié du billet, qu'elle a conservée, est une lettre qu'elle lui adressait à lui-même pour le réprimander sur sa jalousie. La lecture complète du billet, qui commence par "Au Prince Don Garcie", disculpe Elvire et confond Don Garcie. Honteux, il implore son pardon.
"Enfin on voit partout que l'art des courtisans, Ne tend qu'� profiter des faiblesses des grands, � nourrir leurs erreurs, et jamais dans leur �me Ne porter les avis des choses qu'on y bl�me."
"Il suffit, apprenez que si j'ai souhait� Qu'� vos yeux cet �crit p�t �tre pr�sent�, C'est pour le d�mentir, et cent fois me d�dire De tout ce que pour vous, vous y venez de lire."
Elvire, encore troublée par l'incident, confie à Élise qu'elle pardonnera peut-être, mais qu'elle ne pourra épouser Don Garcie sans une guérison complète de son mal. Don Sylve entre secrètement à Astorgue pour la voir. Il lui déclare son amour, mais Elvire lui oppose l'existence de la comtesse Ignès. Don Sylve avoue sa douleur mais ne peut renoncer à elle. Don Garcie survient et, voyant Don Sylve, est immédiatement repris par sa jalousie. Il accuse Elvire d'avoir organisé cette rencontre. Exaspérée par ce nouvel affront, Elvire, dans un mouvement de colère et d'orgueil, affirme hautement son estime pour Don Sylve, blessant profondément Don Garcie.
"Et si je veux l'aimer, m'en emp�cherez-vous ? Avez-vous sur mon coeur quelque empire � pr�tendre ?"
"Tout vous rit, et votre �me, en cette occasion Jouit superbement de ma confusion"
Don Alvar tente de plaider la cause de Don Garcie auprès d'Elvire, qui reste inflexible, d'autant plus qu'elle vient d'apprendre la mort supposée de la comtesse Ignès. Surgit alors un mystérieux cavalier. C'est Ignès elle-même, déguisée, qui a simulé sa mort pour échapper à un mariage forcé. Elvire, émue, l'accueille. Don Garcie arrive, toujours rongé par le chagrin. Alors qu'il parle avec Élise, il aperçoit par une porte entr'ouverte Elvire embrassant tendrement le mystérieux cavalier (Ignès). Fou de rage, il fond sur Elvire en l'accablant des pires injures. Elvire, cette fois-ci, ne se fâche pas. Elle lui propose un ultime marché : s'il la croit sur parole, sans autre preuve, elle lui accorde son pardon et sa main. S'il exige des preuves, il perdra Elvire à jamais. Don Garcie, aveuglé, exige la preuve. Elvire fait alors venir le cavalier qui ôte son chapeau, révélant les traits de la comtesse Ignès. Don Garcie est anéanti.
"Si cette offre sur vous obtient si peu d'empire, Que vous me refusiez de me faire entre nous Un sacrifice entier de vos soup�ons jaloux ; [...] Je choisirai plut�t d'�tre � la mort qu'� vous"
"Oui, je pr�tends voir ce qui doit vous d�fendre, Et quel fameux prodige, accusant ma fureur, Peut de ce que j'ai vu justifier l'horreur."
"Voyez bien ce visage, et si de Done Ign�s Vos yeux au m�me instant n'y connaissent les traits."
Don Garcie, rongé par le remords, projette de mourir glorieusement en tuant l'usurpateur Mauregat. Mais on apprend que Don Sylve l'a devancé et a tué le tyran. De plus, Don Sylve révèle sa véritable identité : il est Don Alphonse, le frère d'Elvire. L'obstacle du rival disparaît. Don Alphonse, libre, peut retourner à son premier amour, la comtesse Ignès. Devant tant de coups du sort, Elvire, touchée par la douleur sincère de Don Garcie, oublie ses serments de colère. Elle reconnaît que sa maladie est digne de pitié. Don Garcie, humble et soumis, accepte son sort. C'est cette humilité qui touche enfin Elvire. Elle déclare que, jaloux ou non, elle consent à l'épouser, scellant ainsi le triomphe de l'amour sur le vice.
"Et si je me plains d'une disgr�ce horrible, C'est de voir que du ciel le funeste courroux Ait pris chez moi les traits qu'il lance contre vous"
"Je vois, Prince, je vois qu'on doit quelque indulgence, Aux d�fauts o� du Ciel fait pencher l'influence, Et pour tout dire enfin, jaloux, ou non jaloux, Mon Roi sans me g�ner, peut me donner � vous."
Prince de Navarre. Amant passionné et sincère d'Elvire, il est malheureusement en proie à une jalousie maladive et irraisonnée. Ses soupçons constants, qu'il reconnaît comme un défaut mais contre lesquels il ne peut lutter, le rendent odieux à celle qu'il aime et le plongent dans un tourment perpétuel. Son personnage explore la tyrannie de la passion destructrice.
PrincipalPrincesse de Léon. Femme fière, vertueuse et d'une grande noblesse de cœur. Elle aime sincèrement Don Garcie mais ne peut supporter les outrages de sa jalousie. Elle incarne la raison, la patience et l'honneur, opposés aux excès passionnels du prince. Sa magnanimité finale lui permet de pardonner.
PrincipalPrétendu prince de Castille, il est en réalité Don Alphonse, le prince héritier de Léon et le frère d'Elvire, élevé secrètement. Loyal et courageux, il aime Elvire mais respecte son choix. Il est également lié par le passé à la comtesse Ignès. Sa découverte finale de son identité et de son amour pour Ignès résout l'intrigue.
PrincipalComtesse, amoureuse de Don Sylve (Don Alphonse). Persécutée par l'usurpateur Mauregat qui veut l'épouser, elle simule sa mort pour fuir. Son amitié avec Elvire et son amour fidèle pour Don Alphonse sont des ressorts clés de l'action. Sa présence déguisée provoque la crise finale.
PrincipalSuivante et confidente d'Elvire. Spirituelle et pragmatique, elle offre un contrepoint raisonnable aux tourments des personnages principaux. Elle est courtisée par Don Alvar et Don Lope.
PrincipalConfident de Don Garcie, amoureux sincère et respectueux d'Élise. Il représente l'amant idéal, opposé à la jalousie maladive de son maître. Il tente constamment de ramener Don Garcie à la raison.
PrincipalAutre confident de Don Garcie, amant rebuté d'Élise. Personnage cynique et manipulateur, il alimente la jalousie du prince pour se rendre indispensable à la cour, illustrant les travers des courtisans flatteurs.
SecondaryÉcuyer de Done Ignès. Il joue un rôle mineur dans l'intrigue, servant de messager.
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