À Thèbes, les deux fils d'Œdipe, Étéocle et Polynice, se disputent le trône. Malgré les supplications de leur mère Jocaste et de leur sœur Antigone, leur haine est inexorable. Leur oncle Créon, qui convoite le pouvoir, attise leur discorde. Après le sacrifice héroïque de Ménécée (fils de Créon) pour apaiser les dieux, une entrevue entre les frères échoue. Ils s'entretuent en duel. Antigone se suicide de désespoir, et Créon, rongé par les remords et la perte de ses deux fils (Hémon et Ménécée), sombre dans la folie.
Jocaste, en pleurs, attend l'affrontement entre ses deux fils. Étéocle revient au palais, couvert du sang des soldats argiens, et justifie son refus de céder le trône à son frère. Jocaste le supplie d'accepter la paix en partageant le pouvoir, mais Étéocle propose plutôt que le peuple choisisse. Créon, l'oncle, tente de dissuader Jocaste, mais elle l'accuse d'attiser la guerre pour s'emparer du trône. Jocaste envoie chercher Polynice et Hémon pour tenter une réconciliation.
"Qu'un moment de repos me va coûter de pleurs !"
"Je ne force personne, et j'engage ma foi / De laisser aux Thébains à se choisir un roi."
Antigone et Hémon, amants séparés par la guerre, se retrouvent. Hémon raconte qu'il a suivi Polynice sur l'ordre d'Antigone. Un soldat arrive et annonce que la trêve a été rompue par Créon et les Thébains. Polynice part précipitamment au combat, ignorant les appels de sa mère et de sa sœur.
"C'est moi que vous serviez en servant Polynice ; / Il m'était cher alors comme il est aujourd'hui."
"Seigneur, on est aux mains, et la trêve est rompue."
Jocaste, en proie au désespoir, invective les dieux. Antigone lui annonce que la paix est revenue grâce au sacrifice de Ménécée, le fils de Créon, qui s'est donné la mort pour accomplir un oracle. Étéocle et Créon entrent. Alors que Jocaste espère que cet acte héroïque adoucira les cœurs, Créon, en aparté avec Attale, révèle sa machination : il a attisé la haine des frères pour s'emparer du trône et feint de vouloir la paix pour mieux les pousser à s'entretuer.
"Je suis le dernier sang de vos rois descendu, / Qui par l'ordre des Dieux doit être répandu."
"Je veux qu'en se voyant leurs fureurs se déploient, / Que rappelant leur haine au lieu de la chasser, / Il s'étouffent, Attale, en voulant s'embrasser."
Étéocle confie à Créon la haine viscérale qu'il porte à son frère, née avec eux. Polynice arrive pour l'entrevue. Malgré les efforts de Jocaste et d'Antigone, les deux frères s'affrontent verbalement avec une violence extrême. Polynice propose un combat singulier pour régler leur différend. Jocaste tente en vain de les raisonner. Désespérée, elle les maudit et part.
"Nous étions ennemis dès la plus tendre enfance, / Que dis-je ? nous l'étions avant notre naissance."
"Je ne veux plus, tant tu m'es odieux, / Partager avec toi la lumière des cieux."
Antigone, seule, déplore son sort. Olympe lui annonce la mort de sa mère, Jocaste, et le début du combat. Créon entre et raconte l'horrible duel : Hémon a été tué en tentant de les séparer ; Polynice a vaincu Étéocle, mais alors qu'il s'approchait pour le dépouiller, Étéocle mourant l'a poignardé. Antigone, refusant l'offre de mariage et de trône de Créon, se poignarde. Créon, après avoir appris sa mort, tente de se tuer mais en est empêché par ses gardes. Rongé par les remords et les visions de ses victimes, il sombre dans la folie.
"Trop heureux d'expirer pour ma belle princesse."
"Polynice, Étéocle, Jocaste, Antigone, / Mes fils, que j'ai perdus pour m'élever au trône, / Tant d'autres malheureux dont j'ai causé les maux / Font déjà dans mon cœur l'office de bourreaux."
Fils d'Œdipe et Jocaste, frère de Polynice et Antigone. Roi de Thèbes en titre, il refuse obstinément de céder le trône à son frère, qu'il hait d'une haine viscérale. Il est orgueilleux, inflexible et déterminé à conserver le pouvoir.
PrincipalFils d'Œdipe et Jocaste, frère d'Étéocle et Antigone. Il revendique le trône de Thèbes par droit de naissance. Exilé et allié aux Argiens, il est prêt à tout pour régner, animé par un sentiment d'injustice et une haine égale à celle de son frère.
PrincipalMère d'Étéocle, Polynice et Antigone. Veuve et mère incestueuse d'Œdipe, elle est déchirée par la haine de ses fils. Elle tente par tous les moyens, avec désespoir et passion, de les réconcilier pour éviter un nouveau crime.
PrincipalSœur d'Étéocle et de Polynice, fille de Jocaste. Éprise d'Hémon, elle partage les souffrances de sa mère. Elle est douce, aimante et cherche à ramener la paix, tiraillée entre son amour pour Hémon et son affection pour ses deux frères.
PrincipalOncle des princes et frère de Jocaste. Il est le véritable machiavélique de la pièce. Il feint la loyauté envers Étéocle tout en attisant la guerre entre les frères pour s'emparer du trône. Après la mort de ses deux fils, Hémon et Ménécée, et le refus d'Antigone, il sombre dans la folie et le remords.
PrincipalFils de Créon, amant d'Antigone. Fidèle à son amour, il suit Polynice par dévouement pour Antigone. Courageux et magnanime, il tente de s'interposer dans le duel fratricide et y trouve la mort.
MinorConfidente de Jocaste. Elle assiste sa maîtresse dans sa douleur et lui rapporte les événements extérieurs.
MinorConfident de Créon. Il est le témoin des monologues et des plans ambitieux de son maître.
MinorMessager de l'armée de Polynice. Il vient annoncer la rupture de la trêve au début de l'acte II.
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