Britannicus, jeune prince héritier présomptif, a été spolié du trône par l'adoption de Néron, son demi-frère, orchestrée par Agrippine, la mère de ce dernier. Alors que Néron commence à montrer son vrai visage de tyran, il tombe éperdument amoureux de Junie, la fiancée de Britannicus. Il la fait enlever, déclenchant une lutte de pouvoir impitoyable. Agrippine, voyant son influence décliner, tente de manœuvrer entre son fils et le prince déchu. La pièce explore la naissance du monstre en Néron, qui, pour assurer son pouvoir et assouvir sa jalousie, n'hésitera pas à commettre l'irréparable : l'assassinat de son demi-frère Britannicus.
Agrippine, inquiète de la déclaration de Néron contre Britannicus, veille à la porte de l'empereur. Elle confie à sa confidente, Albine, ses craintes de voir son fils lui échapper et de perdre son influence. Elle apprend l'enlèvement de Junie, la bien-aimée de Britannicus, ordonné par Néron. Sa conversation avec Burrhus, le gouverneur de Néron, confirme ses soupçons : la cour lui échappe. Britannicus arrive, désespéré, et Agrippine lui promet son aide, l'emmenant chez Pallas.
"Non, non, mon intérêt ne me rend point injuste ; Il commence, il est vrai, par où finit Auguste. Mais crains, que l'avenir détruisant le passé, Il ne finisse ainsi qu'Auguste a commencé."
Néron avoue à Narcisse son amour passionné pour Junie, qu'il a vue pour la première fois la nuit de son enlèvement. Il interroge Narcisse sur les sentiments de Britannicus. Narcisse, qui trahit son maître, attise la jalousie de l'empereur. Néron confronte Junie, lui déclare son amour et lui offre sa main, mais elle reste fidèle à Britannicus. Pour la contraindre, Néron l'oblige à repousser Britannicus devant lui, sous peine de le tuer. Junie, forcée, se montre froide envers Britannicus, qui ne comprend pas ce revirement.
"J'aime (que dis-je aimer ?) j'idolâtre Junie."
"J'aime Britannicus. Je lui fus destinée Quand l'empire devait suivre son hyménée."
Burrhus tente de raisonner Néron sur son amour, en vain. Agrippine, furieuse de l'exil de Pallas et de la place que prend Junie, menace Burrhus de déchaîner le Sénat et l'armée en faveur de Britannicus. Britannicus, encouragé par de faux espoirs que lui donne Narcisse, rencontre Junie. Celle-ci lui révèle la contrainte exercée par Néron lors de leur dernier entretien. Néron, qui les observait caché, surgit, furieux de leur complicité. Il fait arrêter Britannicus et donne l'ordre de retenir sa mère.
"Je reconnais la main qui les a rassemblés."
Agrippine, convoquée par Néron, dresse le récit détaillé de tous ses crimes et manœuvres pour l'élever au trône, et l'accuse d'ingratitude. Néron se défend mollement, avant de feindre une réconciliation totale. Il promet de libérer Britannicus et de laisser Junie libre de son choix. Burrhus est ravi, mais Néron lui confie son véritable projet : cette paix n'est qu'un piège pour mieux "étouffer" son rival. Narcisse arrive, prêt à exécuter l'empoisonnement de Britannicus. Malgré l'opposition de Burrhus, Néron, influencé par Narcisse, confirme le funeste dessein.
"J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer."
"Non, ou vous me croirez, ou bien de ce malheur Ma mort m'épargnera la vue et la douleur."
Britannicus, confiant et heureux de la paix revenue, fait ses adieux à Junie, qui est rongée par de sombres pressentiments. Agrippine presse Britannicus de se rendre au festin de la réconciliation. Restée avec Junie, elle se félicite de son succès auprès de Néron. Soudain, Burrhus accourt, annonçant l'horreur : Britannicus est mort, empoisonné lors du festin. Junie s'enfuit. Agrippine confronte Néron, qui nie, tandis que Narcisse assume le crime. Junie, pour échapper à Néron, se réfugie auprès du peuple et se consacre à Vesta. Narcisse, tentant de l'arrêter, est tué par la foule. Néron, rongé par le désespoir, sombre dans la folie et le silence.
"Poursuis, Néron, avec de tels ministres. Par des faits glorieux tu te vas signaler. Poursuis. Tu n'as pas fait ce pas pour reculer. Ta main a commencé par le sang de ton frère. Je prévois que tes coups viendront jusqu'à ta mère."
Veuve de Domitius Ahenobarbus et de l'empereur Claude, mère de Néron. Femme ambitieuse et manipulatrice, elle a tout orchestré pour placer son fils sur le trône. Elle voit avec angoisse son influence décliner face à un fils qui lui échappe et aspire à gouverner seul.
PrincipalEmpereur romain, fils d'Agrippine. Dans cette pièce, il est présenté comme un 'monstre naissant' : encore capable de dissimuler, il commence à révéler sa nature tyrannique, cruelle et jalouse. Sa passion soudaine pour Junie est le catalyseur de ses premiers crimes.
PrincipalFils de l'empereur Claude, légitime héritier du trône dont il a été spolié. Jeune, franc, amoureux et crédule, il incarne l'innocence persécutée. Il est la principale victime des machinations de Néron.
PrincipalDescendante d'Auguste, fiancée de Britannicus. Jeune fille vertueuse, sincère et fidèle, elle est l'objet de la convoitise de Néron. Sa beauté et sa vertu exacerbent la jalousie de l'empereur.
PrincipalGouverneur de Néron. Homme honnête et droit, attaché à la vertu et au bien de l'empire. Il tente de guider Néron sur la bonne voie et s'oppose aux conseils perfides de Narcisse.
SecondaryGouverneur de Britannicus. Confident infidèle et manipulateur, il trahit son maître au profit de Néron. Il incarne le courtisan corrompu et flatteur qui encourage les pires instincts du prince pour son propre intérêt.
SecondaryConfidente d'Agrippine. Elle joue un rôle de faire-valoir et de confidente, permettant à Agrippine d'exprimer ses craintes et ses ambitions.
Minor