Hector revient victorieux d'une campagne, jurant que ce fut sa dernière guerre. Il retrouve Andromaque, enceinte, et apprend que son frère Pâris a enlevé Hélène, femme du roi grec Ménélas. Tandis qu'une ambassade grecque arrive pour réclamer Hélène, Hector tente de la rendre pour éviter un nouveau conflit. Mais il se heurte à l'aveuglement des vieillards, à l'ivresse poétique de Demokos, à l'étrange passivité d'Hélène, et à un destin qui semble plus fort que toutes les volontés humaines. La pièce explore l'engrenage tragique qui mène à la guerre malgré les efforts des pacifistes.
Sur les remparts de Troie, Andromaque exprime à Cassandre sa joie du retour d'Hector et sa conviction que la guerre n'aura pas lieu car on rendra Hélène. Cassandre, prophétesse de malheur, prédit le contraire. Hector arrive, heureux de retrouver sa femme. Il affirme sa lassitude de la guerre. Pâris le rejoint. Hector lui ordonne de rendre Hélène, mais Pâris, bien que son amour soit distant, refuse. Priam et les vieillards, tous amoureux d'Hélène qu'ils considèrent comme un symbole de beauté, soutiennent Pâris. Le Géomètre et le poète Demokos vantent ses mérites. Une dispute éclate entre les hommes et les femmes (Hécube, Andromaque) sur la valeur de la guerre. Hector obtient de parler à Hélène. Celle-ci révèle sa nature particulière: elle ne voit vraiment que ce qui est "coloré" pour elle, et ses visions lui montrent un avenir sombre pour Troie, incluant la mort d'Hector et de Pâris. Deux messagers annoncent des complications: les prêtres sont hostiles au renvoi d'Hélène, et la flotte grecque est en vue.
"C'est simplement la forme accélérée du temps. C'est épouvantable."
"Si l'on aime ce qui vous délivre de l'espoir, du bonheur, des êtres les plus chers..."
"Ce n'est pas la mienne."
Devant les portes de la guerre, Hélène échange avec le jeune Troïlus, amoureux d'elle. La cérémonie de fermeture des portes se prépare, mais Demokos et ses acolytes veulent un chant de guerre. Hector arrive avec Priam et force la fermeture des portes après un discours aux morts. Les Grecs débarquent: le violent Oiax et le rusé Ulysse. Oiax provoque Hector et le gifle; Hector ne réagit pas. Ulysse engage la négociation. Hector annonce que Pâris n'a pas touché Hélène pour faciliter son retour, mais les marins de Pâris les contredisent en détaillant leurs ébats. La déesse Iris apparaît, transmettant les ordres contradictoires d'Aphrodite et de Pallas. Zeus les renvoie dos à dos, laissant Hector et Ulysse décider. Dans un face-à-face dramatique, Ulysse explique à Hector que le destin a préparé leurs peuples pour cette guerre. Cependant, touché par la sincérité d'Hector, il accepte de prendre Hélène pour tenter d'éviter le conflit. Alors qu'Ulysse s'éloigne, Oiax, ivre, tente d'embrasser Andromaque. Demokos, pour provoquer la guerre, accuse à tort Oiax de l'avoir tué alors qu'Hector vient de le frapper mortellement. La foule tue Oiax. La guerre est désormais inévitable, et les portes de la guerre se rouvrent lentement.
"Nous allons nous battre."
"Non, mon cher Hector, mon bien cher Hector. C'est Oiax ! Tuez Oiax !"
"Le poète troyen est mort... La parole est au poète grec."
Fils de Priam, général victorieux, mari d'Andromaque. Il incarne la raison, la lassitude de la guerre et la volonté de paix. Il tente par tous les moyens de rendre Hélène pour éviter le conflit, mais se heurte à l'irrationnel et au destin.
PrincipalFemme d'Hector, enceinte. Elle partage les idéaux pacifiques de son mari et craint pour l'avenir de son enfant. Elle supplie Hélène d'aimer vraiment Pâris pour donner un sens à la guerre si elle doit avoir lieu.
PrincipalSœur d'Hector et de Pâris, prophétesse maudite. Elle voit l'avenir tragique avec lucidité et ironie, mais personne ne l'écoute.
PrincipalReine de Sparte, enlevée par Pâris. Figure énigmatique et presque irréelle, elle ne voit le monde qu'à travers des visions colorées. Elle est moins un personnage qu'un catalyseur du destin.
PrincipalFils de Priam, frère d'Hector. Il a enlevé Hélène par passion, mais leur relation est devenue distante. Il est partagé entre son amour-propre et la pression familiale.
PrincipalRoi de Troie. Aveuglé par la beauté d'Hélène, il soutient Pâris et représente la génération des vieillards qui poussent à la guerre par idéalisme ou par nostalgie.
PrincipalReine de Troie, femme de Priam. Lucide et caustique, elle se range du côté des femmes et de la paix, méprisant les discours pompeux des hommes et des poètes.
PrincipalAmbassadeur grec, rusé et lucide. Il perçoit l'inéluctabilité de la guerre mais accepte, par sympathie pour Hector, de tenter une dernière fois de l'éviter en emmenant Hélène.
PrincipalPoète officiel de Troie. Incarnation de la rhétorique guerrière et du nationalisme aveugle. Par son mensonge final, il précipite la guerre.
PrincipalGuerrier grec brutal et ivrogne. Par ses provocations et sa maladresse, il contribue à faire basculer la situation vers le conflit.
PrincipalPersonnage absurde qui mesure tout à l'aune d'Hélène. Représente l'emprise totale de la 'beauté' sur la raison.
SecondaryPersonnification allégorique, apparaît brièvement à Cassandre et Hélène, inquiète et fardée, incapable de se faire voir.
MinorMessagère des dieux, apparaît au début de la scène XII pour transmettre les ordres contradictoires d'Aphrodite, Pallas et Zeus.
MinorJeune enfant, fille de Priam et Hécube. Par ses questions naïves, elle met en lumière l'absurdité de la situation.
MinorJeune Troyen amoureux secret d'Hélène. Il représente l'amour pur et silencieux, en contraste avec les discours des adultes.
MinorExpert en droit international, neutre. Il manipule le droit pour justifier n'importe quelle position, illustrant la relativité des arguments juridiques.
MinorCompère de Demokos, participe à l'élaboration du chant de guerre.
MinorMarin de Pâris. Il témoigne avec Olpidès de la véritable nature de la liaison entre Pâris et Hélène, ruinant les plans d'Hector.
MinorSecond marin, témoin des ébats de Pâris et Hélène.
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