Le docteur Petypon, un homme sérieux et rangé, se réveille chez lui après une nuit de fête avec un terrible mal de tête... et une surprise de taille : il a dans son lit la Môme Crevette, une joyeuse danseuse de bal public rencontrée la veille chez Maxim. Alors qu'il tente désespérément de la faire sortir sans éveiller les soupçons de sa femme Gabrielle, celle-ci part pour la place de la Concorde sur les ordres d'un "séraphin" (la Môme déguisée) qui lui prédit la naissance d'un fils. C'est alors que survient le général Petypon du Grêlé, l'oncle de Petypon, un vieux militaire bourru, qui, trouvant la Môme dans le lit de son neveu, la prend pour sa femme. Incapable de détromper son oncle sans provoquer un scandale, Petypon se retrouve embarqué dans un mensonge qui le mène, avec la Môme, au château du général en Touraine. Là, la Môme, sous l'identité de madame Petypon, révolutionne la société provinciale avec son langage et ses manières de gavroche, jusqu'à ce que la véritable madame Petypon fasse son apparition, déclenchant une série de catastrophes et de quiproquos en chaîne.
Le rideau se lève sur le cabinet du docteur Petypon, dans un désordre indescriptible. Son ami Mongicourt arrive et, avec l'aide du domestique Etienne, ils découvrent Petypon dormant sous le canapé, victime d'une cuite monumentale. La stupéfaction atteint son comble lorsqu'ils trouvent dans le lit de Petypon la Môme Crevette, une fille de joie rencontrée chez Maxim. Petypon, horrifié, tente de la faire sortir, mais sa femme Gabrielle, de retour, confisque la robe de la Môme. Pour éviter d'être découvert, Petypon et Mongicourt cachent la Môme sous un tapis. L'arrivée inopinée du général Petypon du Grêlé, l'oncle, ne fait qu'empirer les choses. Le général, trouvant la Môme dans le lit, la prend pour Gabrielle, la femme de son neveu. Incapable de le contredire, Petypon est forcé d'accepter ce nouveau mensonge. Le général invite le "couple" à se rendre dans son château en Touraine pour le mariage de sa nièce Clémentine. Petypon, désespéré, essaie de se sortir de cette impasse, mais les événements s'enchaînent. Il teste sur Mongicourt son nouveau "fauteuil extatique" qui endort les gens par un courant électrique. Puis, deux témoins, Marollier et Varlin, viennent le trouver pour un duel avec un certain Corignon, qui n'est autre que le futur marié. Corignon arrive, s'excuse et révèle que son altercation avec Petypon était due à la jalousie envers la Môme. Enfin, pour éloigner sa femme qui revient et risque de tout faire échouer, Petypon l'endort avec son fauteuil et charge un balayeur de la réveiller. La toile tombe sur la fuite de madame Petypon terrorisée par le balayeur.
"Eh ! allez donc ! c’est pas mon père !"
"C'est la grrrande mode à Paris ! C'a été lancé chez la baronne Bayard !…"
Au château du général en Touraine, la Môme, sous l'identité de madame Petypon, fait sensation auprès des invités provinciaux, qui prennent ses vulgarités pour le dernier chic parisien. Elle devient la coqueluche, au grand dam de madame Vidauban, la "Parisienne" locale. Petypon, effaré, la suit partout pour tenter de limiter les dégâts. La Môme charme tout le monde, y compris le duc de Valmonté, un jeune homme naïf. Elle donne à Clémentine, la fiancée, des leçons de "parisianisme" qui la transforment en une copie d'elle-même. Madame Petypon, ayant reçu une lettre du général l'invitant, arrive au château. Lorsqu'elle est présentée, les invités, pour montrer qu'ils sont à la page, l'accueillent avec le fameux "Eh ! allez donc, c'est pas mon père !", ce qui la plonge dans la plus grande confusion. La Môme, pour sauver la situation, fait croire à Gabrielle qu'elle est sa tante, la femme du général. Le quiproquo s'épaissit. On demande à la Môme de chanter ; elle interprète une chanson grivoise que la duchesse prend pour un cantique. Lorsque le fiancé, Corignon, arrive, il reconnaît la Môme. Ils ont une explication enflammée et décident de fuir ensemble. Madame Petypon, enfermée par son mari, finit par s'échapper et, terrorisée par une série de phénomènes (piano hanté, farandole), se réfugie sous une cloche. Le général, ne comprenant rien, court après elle, tandis que Mongicourt arrive pour prévenir Petypon de l'arrivée de sa femme, trop tard. L'acte se termine sur l'annonce de la fuite de Corignon avec la Môme, la gifle de Gabrielle au général, celle du général à Mongicourt, et le départ précipité de Petypon et du général à la poursuite des fuyards.
"C’est ceci, voilà un homme qui fait l’offrande de sa marmite ; et il dit que pour la remplacer il va cherche… un peau ! (...) Eh bien ! c’est un pot qu’il devrait dire !"
"Mille tonnerres, on s’est moqué de moi !…"
De retour à Paris, la confusion est à son comble. Gabrielle, de retour chez elle, est confrontée à une série de visites absurdes : le duc de Valmonté, venu pour la Môme mais croyant parler à son amie, et Mongicourt, venu réclamer réparation pour la gifle reçue. Petypon tente de gérer la situation en inventant une dépêche urgente du Vatican pour justifier un nouveau départ. L'arrivée du général avec la Môme, qu'il croit toujours être la femme de Petypon, met le feu aux poudres. Il veut réconcilier le couple. Les témoins du duel, Marollier et Varlin, arrivent pour régler les modalités du combat. Le général, en témoin, désigne le duc comme second témoin, malgré sa distraction constante. Petypon refuse de se battre et une dispute s'ensuit. Gabrielle, apprenant par le général que Petypon avait une "femme" avec lui en Touraine, se croit trompée et, furieuse, annonce son départ et le divorce. Petypon, pour se sortir de ce nouveau pétrin, réitère la farce du séraphin avec son drap et une épée, mais Gabrielle le reconnaît et le poursuit pour le tuer. Le général, enfin éclairé par les événements, comprend tout et présente ses excuses à Mongicourt. Pour "transmettre" la gifle à son véritable destinataire, Mongicourt en colle une à Petypon de la part du général. Enfin, le général, conquis par le charme de la Môme, lui offre son bras pour partir. La pièce s'achève sur leur sortie, la Môme lançant un dernier "Eh ! allez donc, c'est pas mon père !".
"C’est de la part du général !"
"Et allez donc ! c’est pas mon père !"
Médecin sérieux, rangé et un peu falot. Marié à Gabrielle, il se retrouve malgré lui, après une nuit d'égarement, embarqué dans un mensonge colossal qu'il ne parvient plus à maîtriser. Passant son temps à courir après la Môme pour rattraper ses impairs, il est le prototype du bourgeois dépassé par les événements.
PrincipalJeune femme légère, danseuse, au langage cru et à l'esprit vif et gavroche. Insouciante et impertinente, elle se laisse porter par les événements avec une joie de vivre communicative, semant le chaos partout où elle passe, sans jamais perdre son sang-froid ni son humour.
PrincipalOncle de Petypon, vieux soldat bourru, colérique mais au fond bon enfant. De retour d'Afrique, il ne comprend rien aux quiproquos parisiens et prend tout au premier degré, ce qui ne fait qu'aggraver la situation. Il est finalement conquis par le charme de la Môme.
PrincipalFemme de Petypon, dévote, naïve et crédule. Elle croit aux apparitions et aux miracles, ce qui la rend manipulable à souhait. Sa bonne foi et ses réactions indignées face à l'absurdité ambiante sont un ressort comique essentiel.
PrincipalMédecin et ami de Petypon. Noceur invétéré mais réglé, c'est lui qui a entraîné Petypon chez Maxim. Il se trouve mêlé malgré lui à la situation et en subit les contrecoups, notamment en recevant une gifle destinée à Petypon.
MinorJeune homme simple et naïf, fils de la duchesse. Il tombe instantanément sous le charme de la Môme, qui le surnomme 'Ziriguy'. Il est totalement dépassé par ses avances et par le rôle de témoin qu'on lui impose.
MinorLieutenant, fiancé de Clémentine. Il est toujours amoureux de la Môme Crevette, son ancienne maîtresse. La jalousie le pousse à défier Petypon en duel, avant de finalement s'enfuir avec elle.
MinorNièce du général, jeune provinciale naïve promise à Corignon. Elle prend des leçons de 'parisianisme' auprès de la Môme et l'imite avec une maladresse désopilante.
MinorLieutenant, témoin de Corignon. Il est sec, cassant, et très pointilleux sur les questions d'honneur et l'étiquette. Il est involontairement victime du fauteuil extatique.
MinorAgent d'assurances, témoin de Corignon. Il est plus désinvolte et moins concerné par les détails du duel. Sa principale préoccupation est de placer ses assurances.
MinorMère du duc, vieille aristocrate un peu déconnectée mais bienveillante. Elle est charmée par la Môme et prend ses chansons grivoises pour des cantiques édifiants.
MinorDomestique des Petypon, fidèle et respectueux, mais dépassé par les événements. Il devient, malgré lui, un 'élu' capable de voir le faux séraphin.
MinorLa 'Parisienne' de la province tourangelle, qui voit son autorité en matière de mode et de bon ton menacée par l'arrivée de la Môme. Elle s'empresse d'imiter ses vulgarités pour ne pas être en reste.
MinorCuré du village en Touraine. Homme cultivé et fin, il a composé la cantate pour le général. Il est amusé et un peu scandalisé par les manières de la Môme, mais se laisse prendre au jeu du 'parisianisme'.
Minor