Monsieur Perrichon, un riche carrossier parisien, décide d'offrir un voyage en Suisse à sa femme et à sa fille, Henriette. Deux jeunes hommes, Armand Desroches et Daniel Savary, tous deux amoureux d'Henriette, les suivent discrètement. Le voyage devient une compétition pour gagner les faveurs de la famille, où le courage et l'ingratitude se mêlent. M. Perrichon, vaniteux et imbu de sa personne, préférera celui qu'il a pu sauver, plutôt que celui qui l'a sauvé, révélant les petits travers de l'égoïsme bourgeois.
À la gare de Lyon, M. Perrichon, sa femme Caroline et leur fille Henriette s'apprêtent à partir pour la Suisse. Perrichon, stressé et maladroit, s'agite avec les bagages. Son ami Majorin lui demande un prêt de six cents francs. Armand et Daniel, deux jeunes gens rencontrés au bal, apparaissent séparément et suivent Henriette. Ils se rencontrent, se reconnaissent comme rivaux et décident d'une lutte loyale pour le cœur de la jeune fille. La famille Perrichon monte dans le train.
"Des carrossiers qui vont en Suisse ! des carrossiers qui ont quarante mille livres de rente ! des carrossiers qui ont voiture ! Quel siècle !"
"Adieu, France… reine des nations !"
Au Montanvert, Armand et Daniel attendent les Perrichon. Ceux-ci arrivent après un accident : M. Perrichon a fait une chute de cheval et a été sauvé par Armand. Perrichon, d'abord reconnaissant, minimise ensuite le danger. Peu après, Daniel feint de tomber dans une crevasse et est sauvé par Perrichon, qui devient alors son héros. Le commandant Mathieu, poursuivi pour dettes par la banque d'Armand, arrive à l'auberge. Il corrige la faute d'orthographe de Perrichon sur le registre des voyageurs, ce qui provoque une querelle. La pluie oblige la famille à repartir, et Perrichon accorde la place de choix dans la voiture à Daniel, reléguant Armand sur le siège.
"Que l’homme est petit quand on le contemple du haut de la mère de Glace !"
"Donner à un carrossier l’occasion de sauver son semblable, sans danger pour lui, c’est un coup de maître !"
De retour à Paris, Perrichon doit choisir entre les deux prétendants. Il préfère Daniel, qu'il a sauvé, tandis que sa femme et Henriette penchent pour Armand. Un incident survient : Perrichon est poursuivi pour avoir insulté un douanier. Armand propose d'arranger l'affaire. Puis, le commandant Mathieu vient demander réparation pour l'insulte inscrite sur le registre de l'auberge. Perrichon, qui l'a traité de "paltoquet", se voit contraint à un duel. Désespéré, il écrit une lettre anonyme au préfet de police pour faire arrêter les duellistes, sans savoir que sa femme et Daniel ont eu la même idée.
"Moi, je n’ai pas changé d’avis… j’aime mieux Daniel !"
"Monsieur, je ne suis ni querelleur ni ferrailleur, mais je n’aime pas à laisser traîner sur les livres d’auberge de pareilles appréciations à côté de mon nom…"
Le matin du duel, Perrichon s'apprête à partir. Armand intervient et annonce avoir fait incarcérer le commandant pour dettes, ce qui annule le duel. Perrichon, contrarié car il avait tout arrangé pour que la police intervienne, accueille froidement ce nouveau service. Le commandant, libéré, arrive pour le duel. Perrichon, honteux, finit par s'excuser. Armand révèle aussi qu'il a arrangé l'affaire du douanier. Perrichon, agacé par ces services qu'il subit, reproche à Armand de s'immiscer dans sa vie. Daniel lui explique sa stratégie : il vaut mieux être celui qui reçoit un service que celui qui le rend, car la reconnaissance pèse. Perrichon, ayant surpris la conversation, choisit finalement Armand pour gendre, préférant rester son obligé, et décide de repartir en Suisse pour effacer lui-même l'insulte sur le registre.
"les hommes ne s’attachent point à nous en raison des services que nous leur rendons, mais en raison de ceux qu’ils nous rendent !"
"je désire rester votre obligé… car il n’y a que les imbéciles qui ne savent pas supporter cette charge écrasante qu’on appelle la reconnaissance."
Ancien carrossier, devenu riche rentier. Il est vaniteux, orgueilleux, et désireux de paraître un homme du monde. Son plus grand défaut est une ingratitude inconsciente qui le pousse à préférer ceux qu'il a obligés plutôt que ceux à qui il doit la vie.
PrincipalJeune banquier, amoureux d'Henriette. Il est sérieux, discret, et d'une nature serviable. Il sauve M. Perrichon d'un accident de cheval, ce qui lui vaudra la rancune inconsciente de ce dernier.
PrincipalJeune chef d'entreprise, rival d'Armand. Il est plus rusé et psychologue. Il comprend la vanité de M. Perrichon et feint d'être sauvé par lui pour s'attacher ses bonnes grâces.
PrincipalÉpouse de M. Perrichon. Elle est plus pragmatique et clairvoyante que son mari. Elle soutient la candidature d'Armand, qu'elle juge plus sérieux et auquel elle est reconnaissante.
PrincipalFille des Perrichon, jeune fille douce et réservée. Elle est amoureuse d'Armand et partage le bon sens de sa mère.
PrincipalEmployé de bureau, ami de Perrichon. Il est envieux, aigri et obsédé par l'argent. Il incarne la petite mesquinerie.
SecondaryMilitaire à la retraite, amoureux d'une certaine Anita qui le ruine. Il est fier, pointilleux sur l'orthographe et l'honneur, ce qui le pousse à défier Perrichon en duel.
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