La pièce se déroule chez Madame de Malves. Sollicité de toutes parts, Hardouin, un poète, se voit demander une comédie pour la fête de son amie, tandis qu'il doit en même temps gérer les affaires compliquées de son entourage : aider une veuve à obtenir une pension, forcer le mariage de deux jeunes amants en manipulant une mère récalcitrante, et réconcilier un avocat avec sa partie adverse. Usant de stratagèmes, de fausses lettres et de mensonges, il parvient à ses fins pour le bien de tous, mais se retrouve accablé de reproches, laissant planer le doute sur sa véritable nature : est-il bon ou est-il méchant ?
Madame de Chépy prépare une fête pour son amie Madame de Malves. Elle veut une pièce de théâtre et convoque son ami Hardouin, un poète, pour qu'il l'écrive. Il refuse d'abord, fatigué et débordé. Son amie Madame de Vertillac arrive de province, fuyant un prétendant pour sa fille, M. de Crancey, qu'elle estime mais dont elle refuse la famille. Madame de Chépy fait pression sur Hardouin, qui finit par accepter d'écrire la pièce, cédant à l'influence de sa femme de chambre, Mademoiselle Beaulieu.
"Je fuis devant un amant."
"Faites la pièce."
Hardouin, seul, a du mal à composer. Il est interrompu par une série de visiteurs : un laquais annonce divers créanciers et solliciteurs. Il reçoit Madame Bertrand, une veuve de capitaine qui demande de l'aide pour sa pension. Il accepte de l'aider en lui proposant de "se rendre l'affaire personnelle". Puis vient Maître des Renardeaux, un avocat, pour une affaire de succession. Hardouin le convainc de lui donner une procuration pour régler son procès contre Madame Servin. Ensuite, M. de Crancey arrive, furieux, racontant comment il a suivi la voiture de sa bien-aimée déguisé en postillon. La mère et la fille arrivent, et Madame de Vertillac, furieuse de retrouver Crancey, lui interdit de les approcher. Après leur départ, Crancey supplie Hardouin d'intervenir, lui donnant carte blanche. Hardouin commence à manigancer, faisant copier par son laquais de fausses lettres.
"fallût-il, les yeux bandés signer un pacte avec le diable, me voilà prêt."
"Et la chaise à porteur."
Mademoiselle Beaulieu annonce à Hardouin que Madame de Chépy ne veut plus de lui pour la pièce. Hardouin est soulagé. Il rencontre Poultier, un premier commis de la marine, et pour obtenir la réversibilité de la pension pour Madame Bertrand, il laisse entendre qu'il est le père de son enfant. Poultier, touché, promet d'arranger l'affaire. Après le départ de Poultier, Madame Bertrand revient et Hardouin lui annonce que la pension est obtenue et réversible. Elle est submergée de joie. Resté seul, Hardouin éprouve un moment de remords pour ses manipulations mais décide de poursuivre. Il reçoit ensuite Madame de Vertillac seule. Elle lui parle d'une autre affaire, concernant un bénéfice ecclésiastique que le marquis de Tourvelle veut donner à un abbé. Puis, Hardouin, en utilisant les fausses lettres qu'il a fait fabriquer, fait croire à Madame de Vertillac que sa fille a cédé à Crancey pendant le voyage. Bouleversée, elle consent au mariage et signe un dédit, sous la dictée de Maître des Renardeaux. Crancey et Mademoiselle de Vertillac arrivent, croyant la mère enfin raisonnable. Hardouin reçoit ensuite la visite du marquis de Tourvelle et, pour faire plaisir à Madame de Vertillac, le trompe sur les mérites des deux abbés, lui faisant choisir Dubuisson à la place de Gauchat.
"C'est à vous, monsieur que je le dois ; pardonnez, monsieur, je ne saurais parler ; la violence de mon sentiment m'embarrasse la voix."
"Moi, un bon homme, comme on le dit ! Je ne le suis point. Je suis né foncièrement dur, méchant, pervers."
La supercherie est découverte. Madame de Vertillac, après avoir confronté sa fille et Crancey, comprend qu'ils sont innocents et que Hardouin a tout inventé. Elle est folle de rage et part à sa recherche pour le déshonorer. Elle croise Poultier. Dans une scène parallèle, Poultier, de retour, rencontre Madame Bertrand et son fils. Il est convaincu que l'enfant ressemble à Hardouin, ce qui jette Madame Bertrand dans la consternation. Tous les plaignants (Madame Bertrand, Maître des Renardeaux, Madame de Chépy, Madame de Vertillac, Mademoiselle Beaulieu) se rassemblent et accablent Hardouin de reproches. Survient alors Surmont, le poète à qui Hardouin a refilé la commande, apportant la pièce qu'il a écrite. Il est furieux d'apprendre qu'elle ne sera pas jouée. Devant le chaos, Hardouin propose que des Renardeaux, en robe de palais, les juge tous. S'ensuit un tribunal burlesque où des Renardeaux rend des sentences qui réconcilient tout le monde, à l'exception de Madame Bertrand qui reste affligée. Le marquis de Tourvelle vient aussi faire des reproches à Hardouin. Enfin, Surmont révèle que Mademoiselle Beaulieu n'est pas mariée et qu'elle a plusieurs enfants de pères différents, qu'elle présente à Madame de Malves. Poultier revient et Madame Bertrand, apprenant que le mensonge de Hardouin n'a pas été divulgué au ministre, est rassurée. La pièce se termine par un ballet et des couplets, tandis que les personnages se demandent si Hardouin est bon ou méchant.
"Où est le scélérat ? Où est-il ?"
"Est-il bon ? Est-il méchant ?"
Poète, ami de Madame de Chépy. Il est au centre de l'intrigue, sollicité par tous pour résoudre leurs problèmes. Il use de stratagèmes plus ou moins honnêtes, ce qui le fait passer pour un homme à la fois bon et méchant. Il est fatigué, cynique mais au fond serviable.
PrincipalAmie de Madame de Malves. Elle organise la fête pour son amie et veut à tout prix une pièce de théâtre d'Hardouin. Elle est vive, autoritaire et a un caractère bien trempé.
PrincipalAmie de Madame de Chépy, mère de Mademoiselle de Vertillac. Elle fuit à Paris pour éloigner sa fille de son amant, Crancey, car elle ne supporte pas sa belle-famille. Elle est impulsive, passionnée et colérique.
PrincipalAmant de Mademoiselle de Vertillac. Jeune homme passionné et déterminé, il est prêt à tout pour épouser celle qu'il aime, allant jusqu'à se déguiser en postillon pour la suivre.
PrincipalFille de Madame de Vertillac. Elle est amoureuse de Crancey et reste digne et discrète face aux éclats de sa mère.
PrincipalVeuve du capitaine Bertrand. Elle est jeune, jolie, et cherche à obtenir une pension pour elle et son fils. Sa droiture est mise à l'épreuve par les manœuvres d'Hardouin.
PrincipalFemme de chambre de Madame de Chépy. Elle est intelligente, aime le théâtre et exerce une certaine influence sur Hardouin. Elle a un secret de famille qui sera révélé.
PrincipalAvocat bas-normand. Il est méticuleux, un peu ridicule et obsédé par les règles. Il est en procès contre Madame Servin et vient chercher les conseils d'Hardouin.
PrincipalPremier commis de la marine. C'est un ami d'Hardouin, un homme bon et bienfaisant, mais aussi très occupé.
SecondaryPoète, ami d'Hardouin. Il accepte d'écrire la pièce pour la fête à la place de son ami, mais il est un peu naïf et se fait manipuler.
SecondaryDe la connaissance de Monsieur Hardouin. Il est devenu bigot et se promène avec un bréviaire. Il dispose d'un prieuré à attribuer.
SecondaryEnfant de Madame Bertrand, âgé d'environ six ans.
MinorLaquais de Madame de Chépy.
MinorLaquais de Madame de Chépy.
Minor