L'ARTICLE 330

1900
3
0
Comédie

Résumé détaillé et analyse de la pièce

Synopsis

Jean-Philippe La Brige, un philosophe défensif, comparait devant le tribunal pour outrage public à la pudeur. Il est accusé d'avoir montré ses fesses à 13 687 personnes depuis sa fenêtre, sur le passage du Trottoir Roulant de l'Exposition universelle de 1900. Loin de se défendre simplement, il entreprend une démonstration savante et comique des contradictions de la loi, expliquant que son geste n'était pas un outrage mais la conséquence logique des nuisances causées par l'administration contre laquelle il ne peut obtenir justice. Le procès devient un duel philosophique et juridique où La Brige retourne les articles du code contre ses accusateurs, avant d'être finalement condamné.

Résumé par acte

Acte 1 - Scène unique

Au Palais de Justice, l'audience correctionnelle s'ouvre. Le président interroge La Brige, un individu aux doctrines singulières, qui se présente comme "philosophe défensif" et avoue un profond mépris pour une loi qu'il juge absurde. Le substitut du procureur dresse un portrait peu flatteur de lui. Le président lui rappelle qu'il est prévenu d'avoir montré son derrière. La Brige nie l'intention, expliquant qu'il cherchait une pièce de deux sous. La lecture du constat d'huissier par le substitut déclenche les rires et les commentaires de La Brige. Puis, il expose sa défense : victime du passage du Trottoir Roulant devant ses fenêtres, il a tenté en vain d'obtenir réparation auprès de la Société des Transports, de la Commission de l'Exposition, de la Ville de Paris et de son propriétaire, se heurtant toujours à la même fin de non-recevoir. Il a alors décidé de se mettre délibérément dans son tort en laissant sa fenêtre ouverte. Il argumente que l'outrage n'est pas constitué car les passants n'avaient qu'à ne pas regarder, et que son domicile est violé. Le président, après avoir délibéré, rend un verdict paradoxal : il déclare La Brige bien fondé dans sa défense, mais l'en déboute et le condamne à treize mois de prison pour l'exemple. La Brige en appelle à la postérité.

Citations clés

"La Justice n'a rien à voir avec la Loi, qui n'en est que la déformation, la charge et la parodie."

LA BRIGE · La Brige oppose la notion de justice à l'application mécanique et absurde de la loi.

"Considérant, enfin, que si les juges se mettent à donner gain de cause à tous les gens qui ont raison, on ne sait plus où l'on va, si ce n'est à la dislocation d'une société qui tient debout parce qu'elle en a pris l'habitude."

LE PRÉSIDENT · Extrait du jugement final, justifiant la condamnation de La Brige malgré la reconnaissance du bien-fondé de ses arguments.

Structure de la pièce

Scène unique

Scène unique
LA BRIGE, LE PRÉSIDENT, LE SUBSTITUT, L'HUISSIER

Informations pour la répétition

Durée estimée : 45 min

Découpage par scènes

Acte 1, Sc. 1
45 min
LA BRIGE, LE PRÉSIDENT, LE SUBSTITUT, L'HUISSIER

Distribution des rôles

LA BRIGE
Scènes : 1.1
Priorité: high
LE PRÉSIDENT
Scènes : 1.1
Priorité: high
LE SUBSTITUT
Scènes : 1.1
Priorité: medium
L'HUISSIER
Scènes : 1.1
Priorité: low

Personnages

L

LA BRIGE, Jean-Philippe

Trente-six ans, philosophe défensif. Habile orateur, processif, il use de la logique et du code pénal pour dénoncer l'absurdité de la loi et de l'administration. Il se présente comme un honnête homme victime des circonstances.

Principal
L

LE PRÉSIDENT

Magistrat, il dirige les débats avec autorité. Bien qu'il paraisse parfois amusé par les arguments de La Brige, il finit par appliquer la lettre de la loi, non son esprit, pour préserver l'ordre social.

Principal
L

LE SUBSTITUT

Représentant du ministère public. Il est exaspéré par les paradoxes et la rhétorique de La Brige, qu'il accuse de jouer sur les mots et de se moquer du tribunal.

Principal
L

L'HUISSIER

Garçon de bureau au Palais de Justice. Son rôle se limite à annoncer l'arrivée du tribunal et à faire respecter le silence dans la salle.

Minor